AirBnb et Paris s'entendent... pour mieux appliquer les règles

 |   |  553  mots
Paris, avec quelque 60.000 annonces, est la ville la plus visitée par les utilisateurs de la plateforme américaine.
Paris, avec quelque 60.000 annonces, est la ville la plus visitée par les utilisateurs de la plateforme américaine. (Crédits : Reuters Christian Hartmann)
La Mairie de Paris et le site de location ont passé un accord inédit pour "rappeler" les règles de la location d'appartements aux propriétaires et les "pousser" à être "responsables".

Des mesures au stade de "l'expérimentation". C'est ce qu'indique jeudi un communiqué commun de la ville de Paris et d'Airbnb, qui concluent néanmoins le premier accord entre la plateforme et une municipalité. Une entente que la ville cherchait à obtenir depuis des mois pour éviter "l'impact négatif des locations courtes durées sur les Parisiens".

"Par ce partenariat, Airbnb et la Ville de Paris souhaitent permettre aux Parisiens de mieux accueillir les voyageurs chez eux [...] tout en protégeant le logement des Parisiens. Après la collecte de la taxe de séjour, cette coopération avec Paris est une étape supplémentaire dans un partenariat de long terme avec la Ville", s'est félicité Nicolas Ferrary, directeur France de la plateforme de location de meublés touristiques.

Jusqu'à 25.000 euros d'amende

Concrètement, tous les loueurs dépassant "les quatre mois autorisés pour la location de leur résidence principale" recevront un mail leur rappelant la réglementation parisienne. Cette dernière veut qu'un particulier qui loue sa résidence principale ne puisse la proposer plus de 120 jours par an. S'il veut la louer plus longtemps, le logement -qui n'est plus résidence principal- est alors considéré comme une activité économique. Le propriétaire devra alors "compenser" en offrant à la location traditionnelle une surface équivalente, dans le même arrondissement.

"Contrevenir à ces règles expose le propriétaire à une amende pouvant atteindre 25.000 euros par logement et une astreinte de 1.000 euros par jour", indique le communiqué.

Et de prévenir :

"La Ville a renforcé les contrôles dans ce domaine et mène quotidiennement des opérations sur le terrain, avec des inspecteurs dédiés, pour identifier et sanctionner les abus."

      | Lire aussi Effet boomerang pour Airbnb à San Francisco avec ses publicités donneuses de leçons

Les professionnels dénoncent un "développement barbare"

Paris, avec quelque 60.000 annonces, est la ville la plus visitée par les utilisateurs de la plateforme américaine. La capitale française, à la recherche perpétuelle de logements de long terme pour les Parisiens, s'est régulièrement émue de voir ces conditions apparemment non respectées sur des sites de locations meublées saisonnières, comme le confirme une étude réalisée par Harris Interactive.

"L'impact des plateformes de locations meublées sur la vie des Parisiens" serait ainsi une inquiétude réelle et partagée par près de la moitié des personnes interrogées.

"48% d'entre eux (contre 24%) associent la présence d'un logement loué en ligne pour l'immeuble à des conséquences négatives, notamment en terme de sécurité (65%) et de nuisances sonores (60%)" précise l'étude réalisé pour l'Association pour un hébergement et un tourisme professionnels (AhTop).

Les professionnels du secteur assurent par ailleurs que l'économie française ne profite pas de la croissance de ces plateformes.

"Le week-end de Pâques a vu la fréquentation des hôtels s'effondrer (- 30% par rapport aux années précédentes) au profit de l'explosion des réservations sur des sites tels qu'Airbnb ou Abritel (taux de remplissage de 89% en moyenne pour les deux sites 2 ). Nous, professionnels du secteur, tirons la sonnette d'alarme" prévenait jeudi dans un communiqué Jean-Bernard Falco, président de l'AhTop.

>> Lire aussi 2044 : Le Marais appartient désormais à Airbnb !

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :