Le transport aérien également à la peine en Europe

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SAS, TAP, Finnair, Aer Lingus: de nombreuses compagnies aériennes européennes de taille moyenne affichent leurs difficultés.

Alors que le trafic aérien continue à piquer du nez -Air France KLM n'échappe pas à la règle - , tendance que la grippe porcine risque encore d'aggraver, les compagnies aériennes de par le monde affichent de mauvaises performances. C'est le cas aussi en Europe.

Ainsi, ce mardi, SAS,  Scandinavian Airlines System ( SAS ), détenue à 50% par les Etats suédois, danois et norvégien, et qui a réalisé début avril une augmentation de capital de 6 milliards de couronnes, a annoncé avoir certes réduit sa perte nette au premier trimestre, de 1,1 milliard à 748 millions de couronnes (70 millions d'euros) mais avoir vu sa perte opérationnelle bondir de 45% à 747 millions.

Le groupe est en pleine restructuration avec la suppression de près de 40% de ses lignes, une chute de trafic de 15% aun premier trimestre avec  5,7 millions de passagers et 3.000 suppressions d'emploi ainsi que l'externalisation de 5.600 employés à la suite de cessions dont celle de l'espagnole Spanair.
 

Egalement dans le nord de l'Europe, la compagnie aérienne finlandaise Finnair dont l'Etat détient 55% du capital accuse une perte de 18,6 millions d'euros entre janvier et fin mars après les 44,1 millions perdus lors du précédent trimestre. La direction qui a du supprimer 600 postes et mettre 6000 salariés au chômage technique, s'attend désormais à une perte sur l'ensemble de l'année.

De son côté, la compagnie aérienne publique TAP Portugal a annoncé avoir subi en 2008 une perte nette de 285 millions d'euros contre un bénéfice de 32,8 millions en 2007. Elle espère un bénéfice de 8 millions cette année. Mais son président reconnait : "il est très difficile de faire un budget dans une année de crise, et c'est encore pire maintenant avec la grippe porcine".

 L'irlandaise Aer Lingus a, elle, annoncé ce mardi une baisse de 16% de son chiffre d'affaires lors des trois premiers mois de l'année. Elle a reconnu que sa perte annuelle "serait significativement plus importante que le bas de fourchette du marché". Le nombre de passagers a baissé de 5,7% sur le trimestre sur les vols moyen-courrier et de 12,5% sur les vols long-courrier.
 

Du coup, sa concurrente Ryanair qui avait tenté deux fois de la racheter et en détient déjà 30%, a déclaré par la voix de son bouillant directeur général Michael O'Leary qu'il n'y aurait sans doute  pas de troisième offre et que "personne n'était intéressé" par Aer Lingus, affirmant que la compagnie "n'aurait plus d'argent d'ici 18 mois à deux ans". Ryanair dit par ailleurs ne pas être inquiète face à la grippe porcine.

Dans ce paysage assombri, des restructurations sont à prévoir. L'un est déjà en cours. C'est le rachat de la compagnie aérienne belge Brussels Airlines par la grande allemande Lufthansa. Celle-ci est prête à des concessions pour obtenir le feu vert de la Commission européenne qui a décidé ce mardi de prolonger jusqu'au 1er juillet son enquête approfondie sur ce dossier.

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