Servisair : les deux dirigeants ont été relâchés

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Retenus depuis jeudi soir dans leur bureau de Roissy, ils se rendent à Bobigny pour une médiation. Les salariés de la société de transport, en redressement judiciaire, réclament une prime supplémentaire après leur licenciement.

Séquestration pour les uns, "discussion longue et tendue pour les autres". Quelle que soit la nature de ce nouveau conflit social, le feuilleton prend fin ce vendredi. Abderrhamane El Aoufir, PDG de Servisair et Andy Cowie, directeur du site, sont sortis du bâtiment où ils étaient retenus. Après avoir été bloqués 24h, ils ont été autorisés à se rendre au tribunal de Bobigny pour discuter d?une médiation avec les salariés. Servisair, société de transbordement de fret, est placé en redressement judiciaire. Trois cent trente-sept salariés sont touchés dont une centaine à Orly et 147 à Roissy.

A l?origine des tensions, le refus du PDG d?octroyer 30.000 euros de prime à chaque salarié en plus des indemnités de licenciement, comme le réclament les représentants du personnel. "C'est une demande exagérée. Le tribunal administratif doit décider le 28 juillet si nous sommes en redressement judiciaire. Aujourd'hui il est trop tôt pour réclamer quoi que ce soit. Nous n'avons pas encore chiffré les effectifs touchés", explique Abderrhamane El Aoufir. Ce dernier propose à ses salariés une somme totale de 500.000 euros et la promesse d?un reclassement sur une autre filiale de Servisair. Mais pour les syndicats, le deal ne passe pas, d?autant plus que le site de reclassement pourrait aussi mettre la clé sous la porte d?ici la fin de l?année.

C?est donc une médiation très tendue que devra mener Me Blériot, administrateur judiciaire. C?est autour de lui que se réuniront des représentants de salariés, de la société, mais aussi le sous-préfet et la direction départementale du Travail.

Si la situation a pu se débloquer, c?est parce qu?un huissier de justice a constaté que les deux hommes étaient "séquestrés dans leurs bureaux" avec des locaux bloqués. Quatre salariés, dont un représentant syndical, ont été assignés en référé au tribunal ce vendredi pour "séquestration, blocus, trouble illicite et violence morale permanente". Les salariés pour leur part estiment que les deux hommes n?étaient pas séquestrés. Le PDG était d?ailleurs venu sur place de son plein gré. "S'il veut partir, il part", avait alors déclaré Philippe Gautreau, délégué CGT. Manuel Da Silva, délégué de Force Ouvrière, avait cependant reconnu que "s'il demande à partir, je pense qu'on lui demandera de rester".

Les salariés, en grève depuis mercredi dans les aéroports de Roissy et Orly où ils bloquent le départ des marchandises, n?ont pas indiqué quand le mouvement social prendra fin.


 

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