Le blocage du canal de Suez fait à nouveau bondir les prix du pétrole
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[Article publié le 26.03.2021 à 10:35, mis à jour à 15:30 (évolution des cours du pétrole)]
Ce matin vers 10h20 (heure de Paris), les cours du pétrole étaient déjà repartis à la hausse : WTI +2,52%, à 59,85 dollars puis atteignait 61.07 dollars à 15h30, le Brent de son côté, qui était à 63,07 dollars ce matin (+1,99%), continuait aussi de grimper à 64.57 dollars à 15h30, comme le montre le graphique ci-dessous.
Mais hier jeudi, le cours de l'or noir avait perdu environ 4%, soumis à un effet de balancier après des gains d'ampleur comparable la veille et alors qu'une poussée de Covid-19 dans le monde fait craindre pour la demande d'or noir. Le baril américain de WTI coté à New York pour livraison en mai avait abandonné 4,28% ou 2,62 dollars à 58,56 dollars. À Londres, le baril de Brent pour le même mois s'était replié de 3,81% ou 2,46 dollars à 61,95 dollars.
"Cela ne devrait pas faire bouger le marché à ce point, mais cela n'empêche pas les courtiers de faire de l'argent un jour et de le perdre le lendemain", a poursuivi l'analyste ajoutant que le blocage de cette route commerciale-clé pouvait "poser des problèmes de livraison de brut pour la Grande-Bretagne et l'Europe".
"Mais si cette livraison de brut a un retard de trois ou quatre jours, ils peuvent toujours se tourner vers les Etats-Unis pour s'approvisionner", soulignait l'analyste. "L'effet de la perturbation ne durera probablement pas trop longtemps", a aussi jugé Bjornar Tonhaugen, de Rystad.
Le canal voit passer, selon les experts, près de 10% du commerce maritime international.
Pour Melinda Eadson, analyste de Oanda, "La volatilité récente (...) est encore loin de s'éteindre", alors que les cours ont fait le grand huit depuis le début de la semaine. Elle l'explique par "les préoccupations concernant la demande future" de pétrole brut.
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Surtout, les cas de Covid-19 sont "en forte hausse dans les principales économies en développement comme l'Inde et le Brésil, dont la consommation de pétrole est un facteur clé de soutien des prix", a relevé Mme Eadson.
Les deux pays sont après les Etats-Unis les plus endeuillés par le Covid-19. Le Brésil a d'ailleurs franchi mercredi le cap des 300.000 morts du coronavirus, quand l'Inde en déplore plus de 160.000.
"En peu de temps, les perspectives de reprise mondiale se sont détériorées, ce qui soulève des questions sur la demande future" d'or noir, a ajouté l'analyste de Oanda.
Le marché est également fébrile à une semaine du prochain sommet ministériel des membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de leurs alliés via l'accord Opep+, qui se tiendra jeudi prochain, le 1er avril.
Faudra-t-il quelques jours ou quelques semaines pour débloquer le canal de Suez? Les efforts se poursuivent vendredi pour dégager un porte-conteneurs de 400 mètres de long coincé depuis quatre jours en travers de cette voie cruciale pour le transport maritime mondial.
L'incident, survenu mardi et signalé par des internautes dans la nuit de mardi à mercredi, a entraîné des embouteillages massifs,avec des dizaines de navires bloqués aux deux extrémités et dans la zone d'attente située au milieu du canal, et d'importants retards dans les livraisons de pétrole et d'autres produits.
Depuis mercredi, l'Autorité égyptienne du canal de Suez (SCA) tente de dégager le navire géant de plus de 220.000 tonnes.
"Des remorqueurs et des dragues sont utilisés pour briser des rochers" et essayer de libérer le navire, a déclaré à l'AFP une responsable de la société japonaise Shoei Kisen Kaisha propriétaire du bateau.
Selon la SCA, il faudrait retirer entre 15.000 et 20.000 mètres cube de sable pour atteindre une profondeur de 12 à 16 mètres et remettre le navire à flot.
Mohab Mamish, conseiller du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi en matière portuaire, a indiqué jeudi soir à l'AFP que la navigation reprendrait "dans 48 à 72 heures maximum".
Mais, quelques heures plus tôt, la société néerlandaise Smit Salvage avait prévenu que l'opération pourrait prendre "des jours, voire des semaines".
L'exploitant du navire Evergreen Marine Corp, basé à Taïwan, a sollicité Smit Salvage et l'entreprise japonaise Nippon Salvage pour mettre en place "un plan plus efficace" de sauvetage du navire. Les premiers experts sont arrivés jeudi.
Smit Salvage a participé à de grandes opérations de sauvetage ces dernières années, notamment sur le Costa Concordia, navire de croisière Italien qui s'était échoué au large de la Toscane en 2012, et sur le sous-marin nucléaire russe Koursk, qui avait sombré avec 118 hommes en août 2000 à cause de l'explosion d'une torpille.
Le géant du transport maritime Maersk et l'Allemand Hapag-Lloyd ont indiqué jeudi qu'ils envisageaient de dérouter leurs navires et de passer par le Cap de Bonne-Espérance, soit un détour de plusieurs milliers de kilomètres autour du continent africain.
(avec AFP)
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