Aucun adversaire ne s’est dressé sur son chemin. Transdev vient d’être reconduit pour six ans aux manettes du réseau de bus et tramway de la communauté urbaine du Havre. Dans la métropole de Rouen en revanche, le poids-lourd tricolore du transport public pourrait avoir à défendre son pré carré.C'est décidé, le volant ne changera pas de mains. Les élus de la communauté urbaine du Havre viennent de renouveler leur confiance à Transdev pour l'exploitation du réseau de transport LIA pendant les six prochaines années (2024-2029). La nouvelle ne constitue pas à proprement parler une surprise. Comme lors des trois précédents appels d'offre, aucun compétiteur ne s'est risqué à venir chatouiller les mollets du groupe.
Le doublement annoncé de la longueur du réseau de tramway aurait pourtant dû aiguiser les appétits de ses challengers, comme c'est souvent le cas. Mais la liaison sans nuages entre l'opérateur et les équipes d'Edouard Philippe semble avoir découragé toute tentative de le déboulonner. « Répondre à un appel d'offres de cette envergure coûte très cher et mobilise beaucoup de forces vives, décrypte un fin connaisseur des transports urbains. Les concurrents ne s'alignent au départ que s'ils entrevoient ne serait-ce qu'une petite chance de l'emporter ce qui n'était pas le cas au Havre ».
Continuité dans le changement
Il est vrai que la performance du service plaidait en faveur du maintien de Transdev. Malgré un trou d'air pendant la crise Covid, tramway et bus havrais ont vu leur fréquentation augmenter régulièrement au cours des dernières années (de 30% entre 2012 et 2022). « Ce réseau fait aujourd'hui référence », se plait-on à rappeler à la communauté urbaine. Les élus n'en ont pas moins exigé un sérieux coup d'accélérateur de la part de l'exploitant, appelé à déployer « un écosystème multimodal ».
Outre l'extension du tramway attendue en 2027, il lui est demandé de mettre en place « 8 lignes Chrono Bus rapides, fréquentes et directes » et 9 lignes supplémentaires pour assurer une connexion plus optimale avec les 54 localités de l'agglomération. A quoi il faut ajouter la montée en puissance du parc de vélos en location. Le plan de développement sera présenté dans le détail dans quelques mois mais on en connaît déjà l'objectif. Il s'agira de réaliser « 27 millions de voyages annuels » à la fin de la délégation de service public, soit une augmentation de 12% de la fréquentation, versus l'an dernier. Quant au coût de la dite délégation pour la collectivité, il devrait s'élever à un peu moins de 75 millions d'euros en moyenne annuelle.