Dans l'estuaire de la Loire, un millier d'arbres, aux « essences durables » vient d'être plantés par la société Neosylva, spécialisée dans l'entretien et le reboisement des forêts françaises, pour « renaturer » une partie des vingt-trois hectares de l'ex-friche industrielle Seveso, devenue en une quinzaine d'années l'écoparc de la Barillais. Acquis par le logisticien nazairien Idea, le site, qui accueillait autrefois trois bâtiments de stockage et une usine de production d'engrais chimiques a été entièrement transformé, nettoyé, désamianté et finalement déclassé Seveso en 2021. « C'est à la fois une démarche interne et externe, qui concerne la politique RSE de l'entreprise IDEA et le territoire nazairien. Et un modèle que l'on pourrait dupliquer sur l'un des soixante-cinq sites du groupe. A condition d'y trouver du foncier, des points d'injections, des partenaires... », explique Bénédicte Birgand, responsable RSE du groupe IDEA.
Le modèle repose sur trois projets d'énergies décarbonées, dont le premier CBest, consiste à transformer des déchets issus de douze exploitations agricoles et d'industries agroalimentaires voisines pour produire du gaz vert. D'une capacité de 28.000 tonnes par an, CBest devrait produire 21 GWh par an, grâce au gaz injecté dans le réseau, soit l'équivalent de 1.900 foyers. Opérationnel depuis avril 2022, l'unité de méthanisation a déjà absorbé 9.000 tonnes de déchets, produit 6,5GWh, et éviter de rejeter 1.157 tonnes de Co2 dans l'atmosphère. Soutenu par le fonds européen Feder, le projet financé par Engie Bioz 70%, Idea 25% et la communauté d'agglomération nazairienne (Carene) 5% aura coûté près de 10 millions d'euros. « L'intérêt de CBest est multiple », souligne Bénédicte Birgand. En premier lieu, il évite à Idea d'acheminer ses déchets organiques à la centrale de biobgaz de Montaigu, située à 86 km et la centrale de biométhane de Chantonnay à 144 km comme elle le faisait auparavant. De plus, le digestat produit lors de la méthanisation est retourné aux exploitants agricoles qui l'utilisent comme engrais naturel en substitution des engrais chimiques classiques. « Parallèlement, l'objectif pour Idea est de tendre vers l'autonomie des usages, de décarboner sa flotte de véhicule et d'allonger la durée de vie des matériels. L'entreprise a lancé plusieurs projets de production de gaz renouvelable dont CBest qui est le plus avancé, », précise-t-elle. « Nous n'avons pas de station de chargement pour nos camions Biogaz sur place. Mais il y a une cohérence dans la volonté stratégique de l'entreprise - de vouloir sortir des énergies fossiles en décarbonant la flotte - et en même temps de produire cette énergie fossile.» A ce jour, 8% du parc de véhicules du logisticien est constitué de camions au biogaz. « Et l'objectif est d'atteindre 40% en 2025. C'est aussi un moyen de répondre à la hausse de l'énergie », dit-elle. Plus largement, la Centrale Biogaz de l'Estuaire fournira, chaque année, un gaz renouvelable à hauteur de 9% de la consommation de Montoir-de-Bretagne et 2% pour le territoire de la Carene.