"Il faut investir dans les infrastructures énergétiques du futur, pas dans celles du passé" Roberto Bocca, FEM
Propos recueillis par Jérôme Marin
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LA TRIBUNE - Crise sanitaire, crise économique... est-on à une période charnière pour la transition écologique ?
ROBERTO BOCCA - La grande question désormais est de savoir ce qu'il va se passer au sortir de la crise sanitaire: va-t-elle accélérer ou au contraire décélérer la transition ? Les gouvernements doivent poursuivre deux objectifs: un plan de relance, pour relancer l'économie et créer des emplois, et une accélération de la transition énergétique. Les investissements en infrastructures énergétiques représentent leur plus petit dénominateur commun. Mais il faut bien investir dans les infrastructures du futur, pas dans celles du passé. Le risque c'est de relancer l'économie qui existe déjà au lieu de faire émerger celle du futur. Autrement dit de vouloir préserver les emplois d'aujourd'hui au détriment des emplois de demain. Il faut donc investir en priorité dans les infrastructures pour l'hydrogène, les véhicules électriques, la capture du carbone...
La période ne constitue-t-elle pas aussi un test pour les entreprises, notamment les groupes pétroliers qui ont pris des engagements pour atteindre la neutralité carbone ?
En effet, ces entreprises génèrent aujourd'hui moins de profits pour investir. Elles ont réaffirmé leurs engagements, et c'est très positif. Mais il faudra maintenant surveiller quelle proportion de leurs investissements est fléchée vers les énergies renouvelables, la décarbonisation des énergies fossiles ou encore les nouvelles infrastructures énergétiques. Et au-delà des producteurs, il faudra aussi regarder les investissements des industries qui utilisent beaucoup d'énergie.
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