"Il faut investir dans les infrastructures énergétiques du futur, pas dans celles du passé" Roberto Bocca, FEM

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(Crédits : Pixabay / CC)
Après la crise sanitaire et économique, les plans de relance ne doivent pas se tromper d'objectif: ils doivent permettre une accélération de la transition écologique, estime Roberto Bocca, responsable Énergie au sein du Forum économique mondial.

LA TRIBUNE - Crise sanitaire, crise économique... est-on à une période charnière pour la transition écologique ?

ROBERTO BOCCA - La grande question désormais est de savoir ce qu'il va se passer au sortir de la crise sanitaire: va-t-elle accélérer ou au contraire décélérer la transition ? Les gouvernements doivent poursuivre deux objectifs: un plan de relance, pour relancer l'économie et créer des emplois, et une accélération de la transition énergétique. Les investissements en infrastructures énergétiques représentent leur plus petit dénominateur commun. Mais il faut bien investir dans les infrastructures du futur, pas dans celles du passé. Le risque c'est de relancer l'économie qui existe déjà au lieu de faire émerger celle du futur. Autrement dit de vouloir préserver les emplois d'aujourd'hui au détriment des emplois de demain. Il faut donc investir en priorité dans les infrastructures pour l'hydrogène, les véhicules électriques, la capture du carbone...

La période ne constitue-t-elle pas aussi un test pour les entreprises, notamment les groupes pétroliers qui ont pris des engagements pour atteindre la neutralité carbone ?...

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a écrit le 26/05/2020 à 23:52 :
Il y a beaucoup de sources d'énergies renouvelables encore inexploitées en France (outre 7 régimes de vents en majorité complémentaires non encore connectés comme il se doit en Europe y compris solaire, voire les études et potentiels sur ces sujets, dont notamment la complémentarité Groenland/Europe de l'Ouest France, on modélise de mieux en mieux. Il n'y a que 14 jours en moyenne sans vent depuis plus de 30 ans en Allemagne et Méteo France vous confirmera qu'il y a toujours du vent quelque part en France). En terme de stockages il y a des excédents en Norvège, Ecosse, Espagne, Italie, Suisse etc); Parmi de nombreux exemples :

(à titre indicatif, consommation électrique en France environ 450 TWh et efficacité énergétique en retard comparée à l'Allemagne, le Danemark etc donc potentiel de progrès non négligeable)

Power to heat :

- Gisement de chaleur fatale industrielle actuellement disponible à plus de 100°C, dont 2,27 TWhth/an récupérable à haute température (entre 200 et 350°C) pour produire de la vapeur

51 TWhth/an

- Gazéification hydrothermale (égoûts/canalisations) rendement de 60 à + de 70% selon catalyseurs etc avec récupération phosphore, phosphate etc importés donc coûteux :

138 TWh : potentiel par an à moins de 50 euros le MWh soit plus d'1/3 des importations de gaz en plus d'une eau bien plus propre que celle actuellement rejetée dans les rivières et sans les déchets parfois à risques épandus ou mis en décharges.

- Réseaux de chaleur 4 et 5e Génération : on n'a que 5% de bâtiments connectés, on pourrait passer assez rapidement à plus de 50% des bâtiments avec une part de solaire haute et moyenne température (CSP, tubes, plan etc) qui peut être supérieure à 50% avec toutes les formes de stockage disponibles (forages, réservoirs, aquifères, moléculaire etc)

La production totale de chaleur livrée par les 781 réseaux de chaleur en France a atteint 25,4 TWh en 2018 soit seulement environ 3,3% de la consommation française de chaleur

254 TWh serait l'énergie produite en passant à 50% de bâtiments connectés, soit pourtant moins que bien d'autres pays (Scandinavie etc). Les Cop (coef. de performance) sont en moyenne de 4 à 7 et vont encore bien au delà avec le solaire thermique qui à lui seul peut avoir des Cop de 80. Donc bien mieux que le système de pompes à chaleur (moins de 3 en moyenne en pratique) ou de "radiateurs grille-pains pilotables" et sans surchauffer les rues l'été lors de la climatisation. Le tarif des réseaux de chaleur est au plus bas entre 20 et 30 euros le MWh au Nord de l'Europe. En France on est au dessus mais on a d'importantes marges de baisses avec une politique et programmation adéquate alors qu'actuellement c'est un peu l'anarchie avec des communes qui ne connaissent pas bien ces technologies ni les aides européennes etc. De plus beaucoup d'immeubles en France comme en Europe ont un chauffage central approprié et sinon les transformer n'est pas un problème majeur ni très coûteux et la durabilité est très supérieure aux pompes à chaleur, qui de plus sont majoritairement importées et encore très émissives.

- Pyrogazéification :

180 TWh/an : production de méthane à partir de matières organiques, bois sans valeur ou à risques d'incendie l'été, ou déchets conditionnés, soit 40% de la production.

- Power to gas :

140 TWh production de méthane par électrolyse de l'eau, soit 30% de la production

- Biogaz

140 TWh et environ 40% de potentiel en plus (196 TWh) avec l'électro-méthanogénèse (conversion du C02 autrement perdu de la filière biogaz en méthane)

- immeubles à énergie positive (on en fait encore peu en rénovation comme en neuf en France, pourtant ils permettent en pratique des charges durablement ridiculement faibles pour des personnes cherchant à se loger dans des villes plutôt que de migrer à des heures de leur travail etc avec les phénomènes d'embouteillages et contraintes coûteux et de gilets jaunes que l'on connaît.

Et on peut encore continuer la liste avec toute une série de technologies individuelles, locales, régionales etc. qui s'appliquent à l'énergie, aux bâtiments, transports, mobilité etc.

On a bien plus de potentiels renouvelables que le Danemark ou l'Allemagne (France 2e régime de vents, solaire, biogaz, biomasse, géothermie etc) et pourtant avec essentiellement l'éolien le Danemark progresse plus vite que nous.

C'est tout l'intérêt des renouvelables d'avoir une approche à la fois globale via les réseaux européens Entso-e (électricité), Entso-g (gaz et à terme syngaz, hydrogène, biométhane etc), Euroheat (chaleur et froid), Respond (gestion optimale offre demande du réseau) etc et non seulement français puisque l'on a toujours échangé avec nos voisins pour des question de meilleur efficacité et coûts plus réduits et on achète aux prix de marché européens les plus bas. Les technologies renouvelables et leurs approches sont multiples (plus d'une centaine) donc il faut bien appréhender l'ensemble du sujet et potentiels. L'histoire du panneau PV de l'éolienne et du vent qui ne souffle pas c'est largement dépassé face aux outils de modélisation et calculs actuels notamment des opérateurs. Une transition c'est long mais ce ne sont pas ni la variabilité de l'éolien ni l'intermittence de solaire qui représentent l'obstacle absolu ou préludent à une explosion des prix. D'importantes baisse des prix sont encore assurées. L'éolien offshore en France a été attribué à moins de 50 euros le MWh. Le nucléaire de l'EPR est évalué lui à 130 eurs le MWh par la cour des comptes. Diverses études récentes soulignent une baisse jusqu'à 60% pour l'hydrogène d'ici 2030. Le solaire organique est à 13% de rendement commercial, 18% sous peu et dans quelques années manifestement plus de 25% et son prix est dérisoire et ce sans perte lors de forte chaleur etc. Bref juste pour un rapide tour d'horizon parmi de très nombreuses technologies approches et solutions.
a écrit le 26/05/2020 à 21:52 :
Les éoliennes terrestres sont indispensables et ont un excellent bilan d'autant que l'on commence à les fabriquer en bois ce qui en fait un puits de carbone très durable, re-exploitable et entièrement recyclable. Il faut arrêter les imbéciles arriérés qui sont des menteurs incompétents en énergie et prétendent que l'on couvre la France d'éoliennes alors que la part de chaleur à exploiter est élevée et que la loi oblige les bâtiments à être à énergie positive à compter du 1er janvier 2021 en neuf et en rénovation, qu'un bâtiment reçoit à l'année 3 fois plus qu'il n'en consomme (en Grande Bretagne moins ensoleillée que la France) et que les réseaux de chaleur peuvent être couplés à plus de 50% au solaire thermique aux Coef. de performances de 80 (à comparer à 3 en moyenne pour les pompes à chaleur en place) et que l'on sait faire du stockage thermique inter-saisonnier dans des forages etc comme en Scandinavie, Canada etc. En bref l'éolien apporte une énergie complémentaire locale bienvenue et à toute sa place dans le mix énergétique. Ceux qui n'en veulent pas sont des profiteurs retraités du nucléaire qui disposent de la quasi gratuité à vie du chauffage électrique de type grille-pain très énergivore qui nous rend champions mondiaux en thermosensibilité à chaque pic de demande (+ 2 GWh en plus à chaque °C en dessus ou dessous des moyennes). Ce sont des incompétents en énergie qui ne comprennent toujours pas que l'énergie décentralisée est bien plus efficiente et que les EPR dont le prix au MWh dépasse à l'heure actuelle 130 euros/MWh ne se vendent pas et sont dans une impasse durable en endettant EDF dont le chiffre d'affaires évolue plus favorablement dans les renouvelables. Tour cela sont des faits que chacun peu vérifier pas des mensonges d'anti-éoliens.
a écrit le 26/05/2020 à 17:25 :
Est-ce qu'on connait l'énergie du futur, et ne risquons nous pas d'investir sur des projets non pertinents?
On a celles qu'on connait et on n'en a pas fait le tour comme l'énergie hydraulique quasiment toute seule au 18 ème sciécle maintenant à l'abandon, on sait se servir de l'air mais plus des rivières et des fleuves, l'usine d'Angoulème qui faisait le fameux vélin n'utilisait qu'une petite riviere la touvre qui sortait magiquement du sol.
On a abandonné cette energie magique l'usine a fermé.
a écrit le 26/05/2020 à 15:46 :
Tous ces imprécateurs comme M Bocca n'osent pas employer le mot "èoliennes" ! Ils se limitent à parler de "renouvelable", histoire de berner les naïfs. M Bocca sait-il ce que signifie vivre dans un hameau à 500 m d'une éolienne ? Encore un urbain qui depuis son ordinateur contribue à sacrifier les populations rurales: Et je ne parle pas ici de l'aberration économique des éoliennes, du gaspillage des ressources publiques, de la corruption de nombreux élus et de la goinfrerie des exploitants éoliens qui encaissent des ressources financières sur le dos des contribuables avec le consentement de l'Etat.
Réponse de le 26/05/2020 à 22:05 :
@ Ph87, je ne suis pas urbain et j'apprécie les éoliennes. Donc votre point de vue n'est pas général et le fait d'être extrémiste et contre toute éolienne est absurde. Vérifiez les prix en baisse de l'éolien et du solaire comme le groupe Lazard le constate chaque année dans des études et vous verrez qu'il est moins coûteux de faire de l'éolien que du nucléaire qui a moins de perspectives au plan mondial. On n'a jamais dit qu'on allait couvrir la France d'éolienne donc arrêtez de dire n'importe quoi. Nous avons besoin d'avancer en terme d'énergie alors que l'on importe encore 49% d'énergie fossile et que l'on a encore très peu de véhicules électriques. De plus notre part nucléaire vieillit et n'est pas rentable à remplacer par des EPR trop coûteux.
Réponse de le 26/05/2020 à 22:05 :
@ Ph87, je ne suis pas urbain et j'apprécie les éoliennes. Donc votre point de vue n'est pas général et le fait d'être extrémiste et contre toute éolienne est absurde. Vérifiez les prix en baisse de l'éolien et du solaire comme le groupe Lazard le constate chaque année dans des études et vous verrez qu'il est moins coûteux de faire de l'éolien que du nucléaire qui a moins de perspectives au plan mondial. On n'a jamais dit qu'on allait couvrir la France d'éolienne donc arrêtez de dire n'importe quoi. Nous avons besoin d'avancer en terme d'énergie alors que l'on importe encore 49% d'énergie fossile et que l'on a encore très peu de véhicules électriques. De plus notre part nucléaire vieillit et n'est pas rentable à remplacer par des EPR trop coûteux.
a écrit le 26/05/2020 à 13:18 :
C'est donc bien le moment de relancer le nucléaire et de développer des centrales au Thorium, qui ne donne pas de déchets et permet de produire simultanément de l'Hydrogène. Egalement de développer la voiture à Hydrogène, et pas la voiture électrique à batteries, dont la production est hyper-polluante et qui ne sert qu'à trimballer des tonnes de batteries sur des courtes distances. Toutes les éoliennes et autres joujoux pour amuser les écolos doivent aller à la casse. Elles ne servent qu'à massacrer les oiseaux migrateurs qui utilisent les mêmes flux aériens.
Réponse de le 26/05/2020 à 22:27 :
@ Netrick : Aucun intérêt technico-économique la filière thorium en France comme le précise le CEA et d'autres, renseignez-vous mieux. Quant au véhicule léger hydrogène le rendement est bien meilleur avec batterie et on peut recharger à domicile, au bureau, en route (électro-solaire). Compte tenu du rendement moins élevé de l'hydrogène il est à réserver aux transports lourds et longues distances, stockage etc. mais pas aux véhicules légers, ce qui serait de plus une nouvelle rente sur le modèle pétrolier dans lequel vous tombez sans réfléchir. Les batteries au sel (Na-ion) çà existe et ne pollue pas (Tiamat, Aquion, etc). Quant à vos arguties à l'égard des éoliennes c'est du gros pipeau : où sont vos oiseaux aux pieds des éoliennes ? Il y a assez d'études sérieuses pour prouver que les éoliennes tuent bien moins que les chats, les buildings, les véhicules etc elles sont même bénéfiques à la biodiversité en offshore.
Réponse de le 26/05/2020 à 22:27 :
@ Netrick : Aucun intérêt technico-économique la filière thorium en France comme le précise le CEA et d'autres, renseignez-vous mieux. Quant au véhicule léger hydrogène le rendement est bien meilleur avec batterie et on peut recharger à domicile, au bureau, en route (électro-solaire). Compte tenu du rendement moins élevé de l'hydrogène il est à réserver aux transports lourds et longues distances, stockage etc. mais pas aux véhicules légers, ce qui serait de plus une nouvelle rente sur le modèle pétrolier dans lequel vous tombez sans réfléchir. Les batteries au sel (Na-ion) çà existe et ne pollue pas (Tiamat, Aquion, etc). Quant à vos arguties à l'égard des éoliennes c'est du gros pipeau : où sont vos oiseaux aux pieds des éoliennes ? Il y a assez d'études sérieuses pour prouver que les éoliennes tuent bien moins que les chats, les buildings, les véhicules etc elles sont même bénéfiques à la biodiversité en offshore.
a écrit le 26/05/2020 à 9:56 :
Surtout que dans les mots "énergie renouvelable" il y a "renouvelable" à savoir que la matière première ne coûte rien en plus de ne pas polluer, et plus cela va plus je pense que c'est ce qui empêche le plus son développement, trop de riches aliénés par leur cupidité y voient une perte massif de revenu pour leurs paradis fiscaux.

ET de ce fait, notre pays à l'oligarchie obsolète ne voit absolument rien tandis que nous avons un domaine maritime gigantesque, ils ne sont là que pour casser et non pour construire c'est ce qui est réellement abjecte.
Réponse de le 26/05/2020 à 20:23 :
Pas polluer une éolienne! vous connaissais plutôt mal le problème.
L' éolien cumule toutes les pollutions que l'on peut imaginer pour les habitants qui doivent supporter ce fléau:
- pollution visuelle permanente de jour comme de nuit.
- sonore intermittente mais très pénible car répétitive
- pollution des sols par des dizaines de millions de tonnes de béton armé qui ne seront jamais retirées,
- pollution économique pour une filière qui n'existe que grâce aux subventions et qui déséquilibre le marché de l'électricité à cause de son intermittence et du caractère aléatoire de sa production au demeurant très faible.
- pollution atmosphérique indirecte puisque l'éolien, en absence de vent et donc de production doit faire appel à des filières pilotables à énergie fossiles (lignite, charbon, gaz) comme par exemple en Allemagne, champion de l'éolien.
Vous avez raison, l'éolien c'est vraiment super surtout pour les industriels du secteur et quelques doux idéologues!

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