Main d'oeuvre, débouchés : les multiples défis des agriculteurs face au Covid-19

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Certaines filières ont été soudainement confrontées à un effondrement de leurs principaux marchés. C'est le cas des producteurs d'asperges, pénalisés par la fermeture des restaurants, ainsi que par la préférence -manifestée par les Français lors de la première semaine de confinement- pour des produits moins haut de gamme ou qui se conservent longtemps.
Certaines filières ont été soudainement confrontées à un effondrement de leurs principaux marchés. C'est le cas des producteurs d'asperges, pénalisés par la fermeture des restaurants, ainsi que par la préférence -manifestée par les Français lors de la première semaine de confinement- pour des produits moins haut de gamme ou qui se conservent longtemps. (Crédits : Reuters)
A cause de la crise sanitaire, le secteur agricole manque de main d'oeuvre, mais aussi de débouchés. Le coronavirus représente toutefois aussi une opportunité.

"Nourrir les Français": c'est, depuis le début de la crise sanitaire, l'une des principales préoccupations des autorités, ainsi que l'une des exigences justifiant des exceptions au confinement. Mais alors que les Français, inquiets d'une pénurie alimentaire, remplissent leurs caddies, et que le gouvernement multiplie les messages rassurants, les agriculteurs se battent depuis une dizaine de jours contre une multiplication de contraintes, parfois contradictoires.

Première difficulté, les débouchés, avec des "situations très différentes d'une filière à l'autre", explique Sébastien Windsor, président de l'Association permanente des chambres d'agriculture (Apca).

"Certaines ont dû rapidement s'adapter pour répondre à la hausse de la demande de la grande distribution, qui a atteint un pic de 30% au début de la semaine dernière, pour ensuite se stabiliser atour de 10-15%", précise Dominique Chargé, président de La Coopération agricole, association qui représente les entreprises coopératives du secteur. "Elles ont par exemple cessé temporairement certaines petites références, pour se concentrer sur de grandes séries".

Fleurs et asperges jetés à la poubelle

D'autres filières, en revanche, ont été soudainement confrontées à un effondrement de leurs principaux marchés. C'est le cas des producteurs d'asperges, pénalisés par la fermeture des restaurants, ainsi que par la préférence, manifestée par les Français lors de la première semaine de confinement, pour des produits moins haut de gamme ou qui se conservent longtemps.

"Des producteurs du Sud doivent jeter leurs asperges", s'est alarmée sur Twitter la présidente de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) Christiane Lambert.

Mais c'est aussi le cas, encore plus dramatique, des horticulteurs-pépiniéristes: quelques 2.300 entreprises qui emploient 18.300 personnes et réalisent un chiffre d'affaires annuel de 1,430 milliard d'euros. A cause de la fermeture des fleuristes, ils ont dû jeter leur production, souligne Christiane Lambert.

"Dans la viticulture, on se prépare également à un avenir compliqué, à cause des entraves à l'exportation comme des probables effets du confinement sur la consommation" ajoute Sébastien Windsor.

Une fermeture des marchés "catastrophique"

Les éleveurs de viande ovine, particulièrement consommée lors des fêtes religieuses du printemps, craignent aussi des achats bien inférieurs aux prévisions, et doivent s'adapter vite aux conditionnements de plus petite taille imposés par le confinement, note la FNSEA.

Le tout dernier coup de massue est venu lundi soir, avec l'interdiction des marchés ouverts annoncée par le Premier ministre Edouard Philippe. "Un quart des agriculteurs, qui proposent une partie de leurs produits en vente directe, sont pénalisés par cette mesure", analyse Sébastien Albouy, membre du conseil d'administration des jeunes agriculteurs d'Occitanie.

"Et pour le 5% des agriculteurs qui vendent plus de trois quarts de leur produits sur les marchés, et qui n'ont ni les volumes ni l'organisation pour les proposer à la grande distribution, c'est catastrophique", ajoute-t-il.

Une main d'oeuvre étrangère qui ne viendra pas

Mais les complications liées à l'épidémie de coronavirus concernent également la disponibilité de main d'oeuvre. Dans les champs, pour les récoltes printanières (notamment de fraises et d'asperges), "on va avoir besoin de 45.000 saisonniers en mars, 75.000 en avril et autant en mai. Au total, 200.000 personnes, dont deux tiers arrivent en temps normaux de l'étranger", alerte Christiane Lambert. Or, la fermeture des frontières rend impossible leur venue.

Comme de nombreux autres secteurs économiques, les métiers de la transformation alimentaire sont pour leur part confrontés au problème de l'absentéisme, dû à la fermeture des écoles et aux cas de maladie, explique Dominique Chargé, qui l'évalue à environ 10% - malgré des différences entre les filières. Sans compter les problèmes d'approvisionnement des exploitations en intrants et semences, et les difficultés dans l'acheminement des marchandises, dus aux obstacles rencontrées par les transporteurs depuis le début de la crise.

A la recherche de bras

Depuis 10 jours, le secteur est alors en pourparlers quotidien avec les ministères de l'Agriculture et de l'Economie, ainsi qu'avec l'ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire de l'amont et de l'aval. Il est notamment parvenu à convaincre le gouvernement à appeler à l'aide ceux "qui n'ont plus d'activité".

"Je lance un grand appel aux femmes et aux hommes qui ne travaillent pas, qui sont confinés chez eux, qui sont serveur dans un restaurant, hôtesse d'accueil dans un hôtel, coiffeur de mon quartier, qui n'ont plus d'activité... Et je leur dis de rejoindre la grande armée de l'agriculture française, ceux qui vont nous permettre de nous nourrir de façon propre, saine", a déclaré le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume mardi matin sur BFMTV, en évoquant "un acte citoyen, civil".

Un  site (www.desbraspourtonassiette.wizi.farm), "un BlaBlacar, un Meetic de l'emploi", a été lancé afin de mieux croiser les besoins et les disponibilités, a annoncé mardi Christiane Lambert. Expérimenté depuis vendredi soir en Alsace, il a permis en une nuit de mobiliser plus de 100 personnes, et ainsi "de résoudre beaucoup de problèmes", a témoigné la présidente de la FNSEA.

La fédération a aussi travaillé avec le gouvernement sur les modifications réglementaires nécessaires: notamment la possibilité de cumuler le chômage partiel avec une telle activité saisonnière. Les Français qui répondent à l'appel seront rémunérés sur la base de la convention sur les travailleurs saisonniers, "légèrement plus que le Smic", explique Christiane Lambert, qui assure également:

"Les employeurs s'engagent à mettre en place les garanties de sécurité sanitaire".

La solution soulève certes déjà de nombreuses interrogations sur sa faisabilité et son efficacité. Mais au-delà de quelques formes de mutualisations de main d'oeuvre entre exploitations, quelles alternatives?

"Si cet appel aux Français n'est pas entendu, les produits resteront dans les champs, et tout le secteur du maraîchage sera sinistré", s'inquiète la présidente de la FNSEA.

"Patriotisme économique"

Les agriculteurs ont également obtenu que le gouvernement intervienne auprès de la grande distribution, en l'appelant au "patriotisme économique".

 "J'appelle les grands distributeurs à un nouvel effort: approvisionnez-vous en produits français", a déclaré mardi sur Franceinfo le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, citant notamment des produits comme les fruits et légumes, la viande ou les poissons.

Tous se seraient engagés à agir dès cette semaine, a affirmé Christiane Lambert, qui a assuré avoir appelé "un par un les sept plus grands distributeurs français dimanche matin". Dans le cadre des discussions engagées dans les cellules de crises mise en place par le gouvernement, les grands distributeurs se sont montrés "attentifs et plutôt réceptifs" à cette demande, confirme Dominique Chargé.

Les petits agriculteurs cherchent d'ailleurs déjà les moyens logistiques pour réunir leurs productions et les proposer aux supermarchés, témoigne Sébastien Albouy.  Mais des entraves subsistent:

"La grande distribution ne nous achète plus notre production, elle a peur de la perdre à cause des mesures de confinement parce que la fraise ne se conserve pas longtemps", a témoigné auprès de l'AFP Patrick Jouy, fraisiculteur à Sainte-Livrade-sur-Lot, au nord d'Agen.

"Il faut que les promesses soit suivies d'actes, et que les distributeurs paient le juste prix", rappelle ainsi Sébastien Windsor.

Un "guide de bonnes pratiques" pour les marchés

Même s'ils s'organisent pour développer des circuits courts sans contact (les "drive" notamment), les agriculteurs espèrent en outre encore que certains marchés en plein air puissent être rouverts. L'interdiction peut en effet être levée par les préfets dans les communes où le marché est le seul moyen d'avoir "accès à des produits frais", a concédé le gouvernement. La FNSEA a ainsi élaboré un "guide de bonnes pratiques" sanitaires à appliquer dans étales, qu'elle compte présenter aux maires afin de les rassurer et les encourager à demander des dérogations.

"Je fais confiance au sens pratique des préfets", a affirmé Christiane Lambert.

Finalement, c'est pour les seuls horticulteurs que la présidente de la FNSEA a admis l'absence totale de "solutions", à l'exception "des aides économiques" proposées par l'Etat.

Une opportunité contre l'"agribashing"

Mais pour l'agriculture et l'agro-alimentaire, confrontés à des phénomènes d'"agribashing" et d'"agrobashing", ainsi qu'à une concurrence étrangère impitoyable, le coronavirus est également une opportunité inattendue, admettent de nombreux acteurs. Si tous ces appels du gouvernement sont "utiles et bénéfiques", c'est aussi parce qu"ils permettent de faire comprendre aux citoyens l'importance du secteur", souligne Sébastien Windsor.

"J'espère que les citoyens saisiront enfin la nécessité d'une production agricole locale, d'une alternative à la mondialisation de l'alimentation. La grande distribution suivra leur demande", souhaite-t-il.

Lire aussi: Alimentation: "Les industriels retrouvent leur raison d'existence"

L'agriculture est enfin reconnectée à l'alimentation, et reconnue comme un maillon essentiel du pays", se réjouit Sébastien Albouy. "Il va falloir s'en souvenir, souligne-t-il, en insistant également sur la nécessité d'organiser les filières à l'échelle régionale, aujourd'hui pas suffisamment solide".

"Il faudra forcément tirer des conclusions de cette crise aussi sur le fonctionnement de la chaîne alimentaire, sa durabilité, la sécurité de l'approvisionnement", convient Dominique Chargé.

Appel à une production nationale "massive"

Pour la FNSEA, c'est également l'occasion de critiquer "l'accent" mis par Emmanuel Macron, "dans la première moitié de son mandat", sur la nécessité que la production agricole française "monte en gamme" - via notamment les Etats généraux de l'alimentation, puis la Loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous, qui pourtant ont été considérés par de nombreuses ONG comme insuffisants.

"Nous avons 7% de bio, 25% de produits sous signe de qualité. Mais nous avons besoin de toutes les formes d'alimentation", affirme Christiane Lambert, en rappelant alerter depuis longtemps sur une "perte de production" en France.

"Les agriculteurs français vous attendent pour consommer l'ensemble de leurs produits", a-t-elle martelé, en insistant sur la nécessité d'une production nationale "massive".

La présidente de la fédération en a aussi profité pour pointer du doigt les "radineries" de la Politique agricole commune (PAC) européenne, ainsi que les propositions de réduire les surfaces cultivables au profit de la biodiversité.

"Il faut produire plus et mieux avec moins d'impact", a-t-elle concédé, en estimant que des "retrouvailles s'opèrent aujourd'hui sur l'essentiel": les agriculteurs ont besoin des Français, et les Français de leurs agriculteurs.

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Commentaires
a écrit le 26/03/2020 à 9:52 :
J'en reviens à cette période sombre du marché noir pratiqué par les agriculteurs pendant la dernière guerre. Il serait intéressant qu'un écrivain réalise un livre ou un documentaire T.V sur cette période.
a écrit le 26/03/2020 à 9:18 :
En attendant dans les offres que je vois ils demandent de l'expérience obligatoire, donc sont bien gentils, mais en plus quand on n'a pas de voitures et qu'on vit en ville c'est impossible d'aller à la campagne pour travailler.
Et même s'ils proposaient l'hébergement et que j'acceptai d'aller à pieds de la gare à la ferme ... Encore faudrait il que je sois sûr que les dizaines de chiens de gardes non attachés qui hantent la campagne des mont d'or près de chez moi, ne représentent pas un danger, car je me suis déjà fait attaquer une fois, et pas tenté de me faire manger une 2e fois, c'est pas si facile de se défendre après avoir été pris par surprise, y'a la douleur le chaos du combat, vous êtes par terre .... pas de voiture, pas de sécu, pas d'hébergement, moi je viens pas.
a écrit le 26/03/2020 à 8:22 :
Le monde change et celui des agriculteurs. Mes parents pendant la dernière guerre ont vu les agriculteurs s'enrichir avec le marché au noir. Un œuf couté un prix d'Or. Je ne risque pas de les aider. Je garde ce souvenir en mémoire.
a écrit le 25/03/2020 à 22:36 :
Le problème est définitivement réglé. Les profs vont aller faire les récoltes. Dixit la porte parale du gouvernement Sibeth.
a écrit le 25/03/2020 à 16:52 :
L'agriculture mourante par le fait de la grande distribution,
chaque année !! exigeant de sa toute puissance des baisses de prix,

EST DONC EN COMAS TERMINAL FATAL SANS SOINS.

La grande distrib a les Moyens de collecter TOUS les produits,
et les payer COMPTANT

Abjecte !!! lnsupportable la pub radio quotidienne " 0.99eur /le kg, et origine FR Patron "

LA TENTACULAIRE ET TATILLONNE ADMINISTRATION DU MINISTERE,
A OUBLIER
a écrit le 25/03/2020 à 14:30 :
ce gouvernement n´a aucune idée du temps pour mettre en place contrats et logistique pour traiter avec de nouvelles entreprises. cela ne se fait pas en 3 jours....

et surtout , ne pas oublier que la grande distribution ne paye pas cash comme sur les marchés. 60 à 90 jours fin de mois.... quel petit artisan peut supporter cela? lorsqu´il doit payer les gens qui récolte à la journée ou à la semaine....

et s´il essaye de faire de l´affacturage , le banquier lui prendra 15%...

ah ces énarques ...
Réponse de le 25/03/2020 à 18:18 :
D'accord avec vous sur certains points par contre les délais de paiement sur les produits alimentaires ne sont pas à ce niveau depuis des années, sauf erreur de ma part, ils sont désormais entre 30 et 45 jours. Dans ce contexte c'est encore trop long bien, 15 à 21 jours seraient plus adaptés.
a écrit le 25/03/2020 à 14:30 :
"C'est le cas des producteurs d'asperges"

L'asperge qui est un déclencheur de colique néphrétique ,c'est pas le moment d'en bouffer.
a écrit le 25/03/2020 à 14:02 :
Va-t-on trouver des fraises espagnoles en GS ? Si y a pas de bras pour les ramasser en France y en aura pas (j'en achète (Rumba) quand je vais en Suède, presque jamais chez nous, sauf une fois en Corse) ? Les gens préfèrent les pâtes et le riz. Et vont trouver les fraises France trop chères (les pêches, pareil, Espagne pour le porte monnaie puis "il faut aider(sauver) les producteurs français !", ben, suffit d'acheter leurs produits)
Les asperges en conserve (bocaux) chez Lec* viennent du Pérou, sans doute à cause du prix bas. Mais mettre en boite ça ne s'improvise pas, souvent c'est "local", l'usine est dans la région proche.
On a une coopérative à 15km qui apporte ses pommes & poires chez Lec* mais quand y a pas de filière en place, ça doit être difficile de prendre les fruits et légumes des maraichers vendant au marché ouvert devenant fermés/interdits, en ayant une marge "habituelle" (100% ?) donc prenant à pas cher la marchandise... Vendre soi-même permet de mieux gagner sa vie, même si l'activité principale est la culture.
Réponse de le 25/03/2020 à 22:51 :
Vous avez mis le doigt sur LE problème: la France est devenue un pays à bas salaire. 50% de la population qui travaille gagne moins de 1500€ par mois. Somme de laquelle il faut défalquer toutes les dépenses incompressibles. Le calcul est simple: qui, en France, a les moyens de se payer une barquette de délicieuses Gariguettes ou Mara des bois à 3 ou 4€ ? 5% de la population ? Allez, peut-être 10% ? Grand maximum. Voyons la vérité en face: la fraise française est devenue un produit de luxe destiné à une clientèle très aisée. Qui plus est, avec la "chasse aux riches" actuelle, il n'est pas bien vu d'acheter ce genre de produit de luxe en supermarché, vous vous attirez vite des regards d'envie (compréhensibles par ailleurs). Je ne dis pas qu'elle est trop chère: c'est un produit délicat, difficile à récolter, à conditionner, qui périt vite, rien à voir avec la grosse fraise rouge espagnole, pas chère mais dure et complètement insipide. ça a son prix, c'est normal. Mais il faut voir la vérité en face: c'est juste que le niveau de vie français ne la rend plus accessible qu'à une élite. Les fruits de 90% des français (enfin, ceux qui ont les moyens d'en acheter), c'est pomme-orange-banane. Pour survivre, je pense que les récoltants de fraises français devraient massivement se tourner à l'export vers les pays du nord de l'Europe, qui ont des niveaux de revenus plus élevés que le nôtre et des terres moins adaptées.
a écrit le 25/03/2020 à 13:51 :
Une situation très bien décrite dans cet article et très délicate. Il semble que les personnes, y compris en province, veulent être efficaces dans leurs achats (plus facile et rapide d'acheter des paquets de pâtes que de choisir ses légumes talonnée par la ménagère suivante..). Il serait intéressant de voir les évolutions de la part produits frais/transformé et en isolant bien sûr le secteur de la restauration qui est à l'arrêt. Et il va être impossible dans nos sociétés à fortes protections sociales d'envoyer les chômeurs aux champs (tout le maraichage, la viticulture, les productions de fruits..) vont être impactés. Et il reste aussi à comprendre l'impact sur les productions de Bio.. Beaucoup se mettront d'accord sur l'anachronisme du chômage quand des bras manquent dans certains secteurs.
Réponse de le 25/03/2020 à 23:03 :
"beaucoup se mettront d'accord sur l'anachronisme du chômage quand des bras manquent dans certains secteurs.": et bien non justement, c'est beaucoup plus compliqué que cela. Je suis allé faire un tour sur le site desbraspourtonassiette. Le salaire proposé est invariablement le smic - ce qui n'est pas anormal pour du travail peu ou non qualifié de cueillette -, soit 10€ BRUT par heure (#7.8€ net). Problème: presque aucune de ces offres ne propose d’hébergement, alors qu'elles émanent d'exploitation situées pour leur majorité dans des zones très rurales et dépeuplées, dans lesquelles on trouve peu de 'jeunes' (disons moins de 45 ans) à qui ces offres s'adressent en priorité (difficile de se casser le dos après 50 ans). Pire, j'ai été surpris de lire que certaines de ces offres précisent qu'n véhicule personnel est indispensable (pour se rendre sur différentes parcelles). Résumons: travail au smic, situé dans des zones plutôt dépeuplées, qui nécessite d'avoir un logement sur place (il est complètement impensable de se payer en plus, pour la durée du contrat, un second logement avec le smic seul) , et parfois la nécessité d'un véhicule personnel qui revient à environ 0.50€/km. La conclusion est limpide: à quelques exceptions près (notamment les agriculteurs qui font l'effort de proposer une chambre gratuite ou pas chère - il y en a et il faut il souligner, mais peu), ce genre d'emploi ne peut financièrement convenir qu'à quelqu’un qui habite en campagne à proximité immédiate du lieux de l'offre d'emploi, disons dans un rayon de 10-15km maximum. Dans tout autre cas de figure, au mieux l'emploi ne rapportera rien après déduction des frais, au pire le bilan sera négatif...

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