Agissons pour le climat !

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(Crédits : iStock)
Dans le combat pour l’avenir de la planète, les bâtiments (résidentiels et tertiaires) sont en première ligne. En 2018, en France, le secteur a émis quatre fois plus de gaz à effet de serre que le transport aérien. Pourtant des solutions existent. Décryptage.

Nous le savons tous : notre planète est en danger et nous devons intensifier nos efforts pour éviter une hausse des températures de 2 degrés d'ici à 2100. Les solutions existent, mais depuis le temps que la communauté scientifique tire le signal d'alarme, l'humanité n'a toujours pas réussi à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. En 2019, la teneur moyenne de l'atmosphère en dioxyde de carbone a même atteint un niveau record depuis l'apparition de l'homme sur terre... Pour réaliser les objectifs de l'Accord de Paris, la terre dispose d'une enveloppe de 800 gigatonnes de CO2 à émettre d'ici à 2100, mais au rythme actuel des émissions, le dernier gramme de CO2 autorisé sera rejeté dans l'atmosphère en... 2035. Pendant ce temps, une récente étude du Centre national de recherches météorologiques démontre que les températures pourraient monter non pas de 2, mais de 6 à 7 degrés par rapport à l'ère préindustrielle.

Dans l'Hexagone, l'équation de Kaya(1) démontre logiquement que les efforts prévus pour déployer les énergies décarbonées ne suffiront pas : la France devrait multiplier ses efforts par dix pour atteindre son objectif de neutralité carbone en 2050. Plus que jamais, la priorité écologique doit donc consister à sauver le climat en se concentrant sur la diminution drastique des émissions de gaz à effet de serre.

Tous concernés par le climat

Dans le cadre de la toute récente loi pour l'énergie et le climat, la France s'est fixé comme objectifs une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40 % entre 1990 et 2030 et l'atteinte de la neutralité carbone à l'horizon 2050. La « neutralité carbone » est entendue comme un équilibre entre les émissions d'origine anthropique et les absorptions par 
les puits de gaz à effet de serre.

Dans ce combat pour notre avenir sur la planète, le secteur du bâtiment (résidentiel + tertiaire) est en première ligne : à lui seul, il représente en France 45 % de la consommation d'énergie et 24 % des émissions de gaz à effet de serre. Cela en fait le secteur le plus émetteur derrière les transports et l'agriculture... et devant l'industrie ! Pour renouer avec un scénario optimiste, nous sommes donc tous concernés, que ce soit en tant que professionnel du secteur ou simple usager de bâtiments. Ensemble, il est temps d'agir.

1 : Fréquemment utilisée par le GIEC, l'équation de Kaya relie les émissions de dioxyde de CO2 à des paramètres d'ordre démographique, économique et énergétique. Le niveau total d'émission peut ainsi s'exprimer comme le produit de quatre facteurs : la population, le PIB par habitant, l'intensité énergétique et le contenu en CO2 de l'énergie consommée.

Abeilles

Les solutions

1/ OSER L'OPTIMISME

Face à l'urgence climatique, la France a réussi pour la première fois en 2018 à faire baisser ses émissions de gaz à effet de serre à 445 Mt CO2, ce qui représente une baisse de 4,2 % par rapport à l'année précédente. Cette excellente nouvelle confirme que les efforts menés ces dernières années portent leurs fruits et qu'une mobilisation générale peut accélérer la transition carbone. Il faut aller plus vite, pour le climat et pour répondre à une demande sociale de plus en plus vive.

Les solutions existent, et elles sont à notre portée. Ensemble, relevons le défi de faire d'un impératif de lutte contre le réchauffement climatique l'occasion d'inventer une société plus vertueuse, capable de changer de modèle en profondeur et de redonner espoir aux jeunes générations. En agissant collectivement et rapidement, nous nous offrons une dernière chance de changer le cours de l'histoire et de créer les conditions d'un progrès harmonieux.

2/ CAPITALISER SUR SON SCORE CARBONE

À peine mis en application, le Décret tertiaire donne déjà leur feuille de route aux propriétaires et aux locataires de bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m2, qui ont désormais l'obligation légale de s'engager à diminuer de moitié leur consommation d'énergie d'ici à 20 ans, sous peine de pénalités. Si les échéances peuvent sembler lointaines et les risques encourus limités, cette nouvelle réglementation incite déjà les acteurs du secteur à se positionner dans la course à la neutralité carbone, avec d'autant plus d'ardeur que les mauvais élèves de la transition seront listés sur un site officiel. L'opinion publique devrait alors jouer un rôle décisif : alors que les Marches pour le climat se multiplient et que les jeunes générations se mobilisent en masse, électeurs et consommateurs auront plus que jamais la capacité de sanctionner les acteurs publics et privés qui n'auront pas tout mis en œuvre pour réduire leur utilisation d'énergie. Ce dispositif de « Name & Shame » pourra impacter la valorisation des actifs d'une entreprise et nul doute que les banques et les investisseurs y seront aussi sensibles...

3/ IDENTIFIER LES OBJECTIFS

Alors que les injonctions écologiques se multiplient, nous sommes convaincus qu'il est essentiel de recentrer le débat sur des actions concrètes de transition zéro carbone. Avant de s'engager vers la neutralité carbone, la première chose à faire est donc d'évaluer le terrain d'action spécifique à son bâtiment.

Dans le secteur résidentiel, l'« étiquette climat » fournie lors du diagnostic de performances énergétiques (DPE) positionne le bâtiment ou le logement sur une échelle de A à G, ce qui permet de visualiser les échelons à gravir. Dans le cadre du Décret tertiaire, la plateforme numérique OPERAT, gérée par l'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), permettra, quant à elle, d'enregistrer les valeurs de référence d'un bâtiment et de générer automatiquement les objectifs de consommation d'énergie par paliers et dans le respect des usages. Tous les bâtiments doivent ainsi déclarer leurs valeurs de référence avant le début de l'année 2021, ce qui fournira un outil de comparaison et d'analyse indispensable. Enfin, dans le cadre d'une construction ou d'une rénovation, les acteurs de la performance énergétique restent les interlocuteurs privilégiés pour diagnostiquer les leviers de performance par ordre de priorité. Pour s'améliorer, il faut commencer par se mesurer.

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