Émissions de CO2 : l'écart se creuse entre les entreprises

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Le sujet du carbone progresse sur l'agenda des dirigeants. Une minorité de sociétés le transforment en nouvelle opportunité, mais la plupart d'entre elles se bornent à respecter la loi.

L'échec de Copenhague et l'absence d'obligation réglementaire, pour nombre d'entreprises, de publier leurs émissions de CO2, ont contribué à élargir le fossé entre ceux qui prennent le sujet à bras le corps et ceux qui traînent les pieds. C'est en tous cas l'analyse que fait Paul Dickinson, directeur du Carbon Disclosure Project (CDP), dans les résultats de l'édition 2010, rendus publics lundi à New York.

Cette initiative britannique, qui étudie depuis dix ans la façon dont les entreprises communiquent sur leurs émissions de CO2, rassemble 534 investisseurs institutionnels à la tête de 64.000 milliards de dollars d'actifs et sonde les pratiques de 4.700 sociétés dans le monde.

Premier enseignement de l'étude 2010, le sujet du carbone progresse globalement sur l'agenda des dirigeants des entreprises du Global 500 et du S&P 500, qui sont respectivement 82 % et 70 % à avoir répondu aux questions du CDP. Une différence qui confirme l'avance dont jouissent les entreprises européennes sur leurs concurrentes américaines. 59 % des répondants du S&P communiquent des données concernant leurs émissions, à comparer avec 52 % en 2009. Par ailleurs, dans 85 % des entreprises (contre 68 % en 2009), c'est au niveau du conseil d'administration ou d'une autre instance dirigeante, qu'est rattachée la responsabilité du sujet.

Cette progression répond à une pression réglementaire accrue dans plusieurs pays, qui n'ont pas attendu un consensus international pour avancer, notamment le « reporting » obligatoire pour les sites américains les plus polluants ou encore le « Carbon Reduction Commitment » britannique, qui s'applique aussi aux entreprises étrangères implantées en Grande-Bretagne.

Économies bien comprises

On observe également une plus grande propension à passer de la communication à l'action, qui reflète une évolution dans les attentes des investisseurs. Au départ, ces derniers cherchaient surtout à s'assurer que les entreprises divulguaient le niveau de leurs émissions. Désormais, il importe aussi qu'elles utilisent ces indicateurs pour les réduire. À cet égard, on assiste à l'émergence d'un groupe de tête, qui a pris la pleine mesure des bénéfices liés à des économies d'énergie : un approvisionnement énergétique sécurisé, une « supply chain » plus efficace, une bonne gestion des risques liés au changement climatique et du risque de réputation. Sans compter l'opportunité de développer et commercialiser de nouveaux produits et services permettant à leurs clients de diminuer leurs propres émissions et d'améliorer leur efficacité énergétique. Siemens, Deutsche Post, BASF, Bayer et Samsung Electronics figurent en tête de ce groupe. Le trading de carbone et les investissements dans les énergies renouvelables attirent également de plus en plus d'acteurs industriels.

Pour la première fois cette année, le CDP a réuni les 48 entreprises les plus performantes (dont 94 % ont effectivement diminué leurs émissions) au sein d'un nouvel indice, le CPLI (Carbon Performance Leadership Index). 92 % d'entre elles incitent financièrement leurs salariés à contribuer au respect de l'environnement dans leurs pratiques. Une statistique à méditer.

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