Peut-on multiplier par dix la part de l'éolien dans le mix énergétique français ?

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Le syndicat des énergies renouvelables (SER) donne des pistes pour sortir l'éolien français de l'ornière et promet jusqu'à 100.000 emplois dans le secteur d'ici à 2030. A l'échelle européenne, on en attend 520.000 en 2020.

Avec 6.500 MW, l'éolien terrestre représente aujourd'hui 2,5% de la consommation électrique française. Dans une note opportunément publiée la semaine dernière à quelques jours des élections présidentielles, le syndicat des énergies renouvelables (SER) plaide pour porter cette proportion à 25% d'ici à 2030.

Pour ce faire, il préconise 40.000 MW d'éolien terrestre et 15.000 MW pour l'éolien en mer, soit une vingtaine de fermes offshore. Pour le moment, les objectifs du Grenelle de l'environnement portent à l'horizon 2020 sur 6.000 MW pour l'offshore et 19.000 pour le terrestre. Et les emplois correspondant se chiffreraient à 60.000 en 2020. Le SER en prévoit pour sa part 100.000 en 2030 si les objectifs qu'il préconise sont atteints.

L'éolien français en panne

Ces objectifs sont d'autant plus ambitieux que le secteur, à terre en tous cas, est aujourd'hui plutôt en panne. Alors que le rythme d'installation requis pour atteindre ceux du Grenelle serait de 1.300 à 1.400 MW par an, il plafonne entre 900 et 1.000 MW. Et le SER craint de voir cette situation perdurer devant la diminution du nombre de ZDE créées et de permis de construire accordés.

Quant à l'offshore, la première tranche de l'appel d'offres vient d'être lancée pour une capacité de 1.930 MW au lieu des 3.000 MW espérés, et le lancement de la seconde tranche serait reportée en partie en raison de la difficulté à identifier suffisamment de sites propices.

Pour étayer sa démonstration quant à la faisabilité de ses ambitions, le SER rappelle les atouts français en matière de régime de vent ou les résultats d'un sondage selon lequel trois Français sur quatre seraient favorables à l'éolien. Un résultat à nuancer cependant par le fameux phénomène "Nymby", pour "not in my back yard », c'est-à-dire, "pas dans mon jardin". Autrement dit, les Français sont pour les éoliennes du moment qu'elles sont loin de chez eux. Ce qui, étendu à 65 millions de personnes, finit nécessairement par poser quelques problèmes.

Une énergie compétitive

Le SER insiste surtout sur la compétitivité économique de l'éolien, rappelant qu'à 69 euros par mégawatheure (à comparer à un prix moyen de 54,6 euros sur les marchés ou à 70/90 euros pour la production de l'EPR de Flamanville), l'éolien est l'énergie est la moins chère après l'hydraulique.

Ses principales revendications portent sur une simplification administrative des projets éoliens. Actuellement, le délai de mise en service d'un parc serait de huit ans en France contre quatre dans le reste de l'Europe. Le SER demande un outil unique de planification territoriale définissant les zones favorables, la suppression de la règle interdisant les parcs de moins de cinq mâts, un système d'autorisation unifié (installations classées pour l'environnement - IPCE et permis de construire), une diminution des délais d'instruction, y compris pour les (nombreux) recours en annulation, ainsi qu'un encadrement de ces derniers et des sanctions pour les recours abusifs...

En Europe, une hausse de 21 %

Au niveau européen, 9.616 MW de capacités éoliennes ont été installées en 2011, soit une hausse de plus de 21 %. L'Allemagne, la Suède ou encore le Royaume-Uni pour l'offshore compensent la chute des installations dans des marchés comme la France et l'Espagne. Cela porte la capacité installée en Europe à près de 94 GW, de quoi fournir 6,3 % de l'électricité consommée. Et l'EWEA (European Wind Energy Association) table sur 520.000 emplois en 2020. 

Au niveau mondial enfin, la capacité installée au cours de l'année 2012 devrait atteindre 46 GW selon les prévisions du GWEC (Global Wind Energy Council) présentées lors du sommet européen qui se tient actuellement à Copenhague. En cumul, la capacité mondiale installée atteindrait près de 500 GW d'ici à fin 2016. Le GWEC prévoit une croissance moyenne annuelle de 8 % pour les cinq prochaines années, principalement tirée par l'Inde, le Brésil, et quelques autres nouveaux marchés en Amérique Latine, Afrique et Asie.

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a écrit le 08/05/2012 à 19:25 :
Lire tant d'assertions fausses, c'est désolant... On croirait que le problème des énergies renouvelables relève de l'idéologie, alors qu'il faudrait le traiter avec une approche de physicien et d'économiste!
a écrit le 19/04/2012 à 16:28 :
des centaines de milliards partent en fumé en Europe ...petits oiseaux !!!
l'éolien ne remplacera pas plus de 2 a 3 réacteurs pour un coût de plusieurs dizaines de milliards ...a quoi ça sert ? c'est argent ne serait il plus utile dans les économies d'énergie et l'efficacité énergétique ....? le meilleur kwh n'est il pas celui économisé ?
certains diront qu' il faut faire les deux !!! vu la crise je suis de moins en moins certain et je crois surtout qu'il faut chercher l'efficacité de chaque Euro !!!
Réponse de le 19/04/2012 à 23:30 :
Bonne remarque mais on ne peut malheureusement pas entièrement substituer un aspect à un autre. Même en isolant totalement un logement il faut bien une part électrique et c'est encore plus clair à l'échelle d'un pays, les économies d'énergies ne peuvent pas régler entièrement le problème, il faut produire de l'énergie pour diverses applications et industries. L'éolien n'a pas été si coûteux toutes retombées fiscales et emplois compris et il aurait été moins coûteux encore si sa programmation avait été établie de plus longue date à l'échelle européenne au travers d'une organisation type Eads par exemple comme pour toutes les énergies renouvelables. Le problème se pose pour toutes les énergies renouvelables et le stockage et l'organisation chinoise montre son efficacité comparée à la disparité des décisions nationales européennes. Les milliards ne sont pas investis par le public mais par des investisseurs privés et il y a des retombées publiques et fiscales aussi (régions etc). L'éolien a une part raisonnable à jouer et ses subventions sont assez modestes au final comparées aux subventions allouées aux énergies fossiles et nucléaires dans le monde et depuis bien plus longtemps, de plus elles ne vont pas durer longtemps et sont inexistantes dans certains pays comme la Turquie. Son prix est vite amorti et il s'intègre bien au réseau, le tout est de ne pas en faire trop ni n'importe où. L'éolien vient en complément d'un système actuel et doit s'intégrer dans un mix le mieux adapté à la situation du pays. La France est le 2e gisement européen en matière de vent, il serait dommage d'en être totalement absent de même qu'il y a des retombées et aspects technologiques où nous sommes impliqués. Les particuliers n'investissent qu'une faible part alors que dans le cas du nucléaire çà a été beaucoup plus important, l'Etat ayant pris un part majeure des investissements, de la recherche, formation etc et ce n'est pas fini avec les aspects démantèlement, stockage très longue durée et nouvelles générations de nucléaire. Les renouvelables à côté c'est presque peanuts au plan public. Sans parler en cas d'accident nucléaire qui arrive en moyenne 1 fois tous les 22 ans et statistiquement çà risque de nous arriver quasi certainement. De plus l'éolien çà se recycle quasi à 100% et une fois construit çà peut être renouvelé sur place maintes fois sans avoir à refaire le socle et la source d'énergie étant gratuite et non polluante au final le bilan est très bon.
a écrit le 19/04/2012 à 4:55 :
Il y a effectivement encore de la place pour une part raisonnable d'éolien en France qui s'intègre tout à fait bien au réseau et c'est un investissement nécessaire vue la situation française trop axée nucléaire de plus en plus coûteux et encore très dépendante des énergies fossiles au plan énergies primaires, investissement qui est vite rentabilisé. Le marché mondial est de plus important et il y a déjà plus de 250 entreprises françaises concernées et beaucoup de coopérations internationales encore envisageables et de retombées. L'intermittence ou le facteur de charge de l'éolien n'a jamais été un problème sur le réseau contrairement à ce que l'on peut parfois lire. L'Allemagne qui a bien plus d'éolien que nous tient par ailleurs ses engagements de réduction de CO2.

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