EXCLUSIF — À la veille des Rencontres philosophiques de Monaco, Charlotte Casiraghi et l’écrivaine Vanessa Springora se sont prêtées au jeu d’un entretien croisé sur le thème du festival : la vérité.Jamais encore elles n'avaient eu l'occasion de se rencontrer. La première, Charlotte Casiraghi, a créé voilà dix ans les Rencontres philosophiques de Monaco ; la seconde, Vanessa Springora, est l'une des têtes d'affiche de la nouvelle édition du festival qui s'ouvre mardi. Il faut dire que la vérité - le thème retenu cette année - est le sujet entre tous de celle qui est devenue l'une des icônes du mouvement de libération de la parole des femmes, depuis la parution en 2020 du Consentement (Grasset), le livre fulgurant dans lequel elle raconte sa liaison sous emprise, à l'âge de 14 ans, avec un Gabriel Matzneff de 50 ans.
Une vérité que l'écrivaine traque encore dans son dernier livre, Patronyme, une enquête mouvante et vertigineuse sur les mensonges de son père et de son grand-père. Mercredi soir, sur le Rocher, c'est donc tout naturellement sur les secrets de famille que cette briseuse de silence en chef est invitée à échanger avec la philosophe Claire Marin et la psychologue Laurence Joseph.
À quelques jours du coup d'envoi du festival, on a réuni à Paris ces deux femmes qui n'ont pas froid aux yeux - qu'elles ont toutes les deux fichtrement clairs et magnétiques. Du reste, ce n'est pas la seule chose qu'elles ont en commun malgré leurs quinze années d'écart. Des escarpins noirs petits talons-bout brillant, un jean brut, des ongles nus, une cigarette électronique à laquelle se raccrocher. Et, surtout, un parler net... et vrai.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Placer cette semaine philosophique sous le haut patronage de la vérité, est-ce le signe d'une inquiétude ?
Propos recueillis par Anna Cabana