L'édito éco de Lucie Robequain. La France au bord du gouffre
Par Lucie Robequain, directrice des rédactions de La Tribune

Retrouvez l'édito de le semaine du 13 juillet de Lucie Robequain.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
Par Lucie Robequain, directrice des rédactions de La Tribune

Retrouvez l'édito de le semaine du 13 juillet de Lucie Robequain.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
Les grandes manœuvres commencent. Le Premier ministre proposera ce mardi 15 juillet au moins 40 milliards d'euros d'économies pour redresser le budget de la France. Les leviers sont nombreux, du gel des prestations sociales (retraites, allocations logement, etc.) à la lutte contre les abus (arrêts maladie) en passant par la solidarité fiscale (contribution des plus hauts revenus) et le verdissement de l'économie (taxes sur les transports polluants). Toute la France devra faire des efforts, a prévenu François Bayrou.
Toute ? Non ! Car d'irréductibles Français résistent encore et toujours à la réalité des faits. Les baisses de dépenses et hausses d'impôts seront à peine annoncées qu'elles seront critiquées, fragilisées puis modifiées pendant le débat budgétaire de l'automne. C'est l'esprit même du parlementarisme et le fondement de la démocratie.
L'irresponsabilité de notre classe politique n'a toutefois jamais autant inquiété. Disons-le tout net : cet exercice budgétaire pourrait être fatal au pays. Jusqu'alors virtuel, le scénario d'un accident de crédit semble chaque mois plus plausible. Les signaux d'alerte ne cessent de s'accumuler. La France se finance déjà à des conditions moins favorables que l'Espagne, la Grèce et le Portugal.
La semaine dernière, elle faisait même moins bien que l'Italie. Un choc, quand on sait que la dette transalpine reste nettement supérieure à la nôtre (140 % contre 114 % du PIB) et que les agences de notation ne la jugent guère mieux qu'un produit spéculatif (note Baa2). Mais voilà : l'Italie a réduit son déficit de moitié en un an, elle est donc en train de regagner la confiance des investisseurs. La France, elle, continue de vivre au-dessus de ses moyens : ses dépenses représentent 57 % du PIB, soit 10 points de plus que la moyenne des pays européens.
Les orientations budgétaires présentées mardi permettront de mesurer le courage de François Bayrou. Car malgré son appel à « l'effort collectif », son plan d'économies reste le secret le mieux gardé de Paris. Des dépenses supplémentaires continuent même d'être décidées chaque semaine, en dépit du bon sens : le Premier ministre a promis, par exemple, de reprendre les propositions syndicales, présentées en juin à l'issue du conclave, pour améliorer la retraite des femmes et avancer l'âge de départ à taux plein.
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La facture s'élèvera à 1,5 milliard d'euros. Nous ne sommes plus à ça près... Emmanuel Macron va également relever le budget de la défense d'au moins 15 milliards d'euros, à l'occasion d'un discours aux armées ce dimanche. L'occasion, espère-t-il, de redresser sa cote de popularité. Les économies, elles, n'ont jamais fait monter personne dans les sondages, hélas.
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La tâche de François Bayrou est d'autant plus périlleuse qu'il compose avec une Assemblée fragmentée qui menace de le censurer cet automne. Or, il est une chose que les marchés détestent plus encore que le laxisme budgétaire, et pour laquelle ils ne nous accorderont aucune pitié : l'instabilité politique.
Par Lucie Robequain, directrice des rédactions de La Tribune