La chronique de Marc Fiorentino. Ce que changerait la paix en Ukraine
Marc Fiorentino

Découvrez la nouvelle chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
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La guerre en Ukraine a constitué un choc géopolitique, économique et financier. Et Trump veut l'arrêter. Rapidement. Il s'est entretenu avec Poutine, et va le rencontrer en Arabie saoudite. Avant deux autres rendez-vous évoqués, à Moscou et à Washington. Il y a trois ans, le 24 février 2022, la Russie envahissait l'Ukraine. Au-delà du drame humain, cette guerre a été un tournant pour l'économie mondiale, et l'économie européenne en particulier, pour les marchés financiers et pour votre argent.
Rappelez-vous. Nous étions alors encore dans l'après-Covid, avec une consommation des ménages et des investissements d'entreprises dits de « rattrapage ». Une effervescence qui commençait à relancer l'inflation par la « demande ». Les taux d'intérêt entamaient une remontée modeste et la croissance économique était sur la voie du rebond. Mais l'invasion de l'Ukraine a été un électrochoc.
Flambée des prix de l'énergie, explosion de l'inflation, cette fois l'inflation par l'« offre ». Et explosion des taux d'intérêt. Fini l'ère des taux zéro ou négatifs. Nous avons retrouvé des taux relativement élevés. Ils ont freiné la croissance, plombé l'immobilier et les placements pierre, mais favorisé les placements « taux ».
Trois ans après, l'inflation recule ; rapidement en Europe, lentement aux États-Unis. Les taux d'intérêt baissent, plus ou moins rapidement selon les zones. Mais l'économie européenne reste atone. L'Allemagne, frappée de plein fouet par le conflit ukrainien, s'achemine vers sa troisième année de croissance négative. L'économie et les marchés se sont adaptés à la guerre, mais un accord de paix aurait néanmoins des conséquences majeures.
Trump avait été clair pendant sa campagne : il mettrait fin au conflit dès son arrivée à Washington. Et il semble décidé à mettre ses promesses en pratique, en négociant directement avec Poutine et en imposant les termes d'un accord à l'Ukraine. La marge de manœuvre de Kiev est réduite : le pays a besoin de l'aide militaire américaine. Si Trump arrive à ses fins, les conséquences économiques et financières seront assez claires :
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- baisse du prix de l'énergie ; - accélération du recul de l'inflation ; - baisse plus marquée des taux d'intérêt et donc rebond de l'immobilier ; - reprise, modeste certes, mais reprise tout de même de la croissance allemande et européenne, et donc accélération du rebond des indices boursiers européens.
Rien n'est fait. Les conditions - ne pas entrer dans l'Otan et accepter la perte d'une partie de son territoire - sont très brutales pour l'Ukraine. Mais Trump est déterminé. Et on imagine mal l'Europe compenser l'arrêt de l'aide militaire américaine à l'heure des tensions budgétaires et de l'accroissement des dettes nationales.
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Une paix est donc possible. Et les investisseurs commencent à se positionner sur ce scénario qu'ils jugent positif. Positif pour les placements taux, positif pour les placements actions, et positif pour les placements immobiliers.
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