Private Equity : les Français peuvent désormais investir dans le réarmement et la défense
Marc Fiorentino

Le private equity, un actif méconnu dans lequel les Français vont pouvoir investir pour le réarmement du pays.
LTD/UnderhilStudio/Shutterstock
Marc Fiorentino

Le private equity, un actif méconnu dans lequel les Français vont pouvoir investir pour le réarmement du pays.
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Rares sont les placements qui s'invitent au 20 heures des grandes chaînes. Alors, quand Éric Lombard annonce sur TF1 le lancement d'un produit permettant aux Français d'investir dans le réarmement du pays, beaucoup découvrent en réalité une classe d'actifs encore méconnue du grand public : le private equity.
Naturellement, cette médiatisation soudaine s'accompagne de confusions, notamment chez les médias plus habitués au livret A. Il faut donc être clair : ce produit n'a rien d'un livret d'épargne. Il ne sera ni liquide ni garanti, et son rendement ne sera pas connu à l'avance. Ce « nouveau produit » sera un fonds de fonds de private equity. Ce véhicule permettra d'investir, directement ou indirectement, dans des entreprises non cotées du secteur de la défense.
Longtemps réservé à des investisseurs institutionnels et aux grandes fortunes, le private equity était difficile d'accès en raison d'un ticket d'entrée élevé et un fonctionnement mieux adapté aux professionnels avec une période de souscription courte et une durée de vie limitée. Mais des acteurs ont récemment changé la donne en proposant des fonds accessibles dès 1 000 euros.
Outre un ticket d'entrée plus modeste, le fonctionnement est simplifié : ces fonds dits « evergreen » sont sans échéance fixe. Ils peuvent investir et céder leurs actifs en continu et restent toujours ouverts aux souscriptions et reversements, notamment aux versements programmés.
Les rachats sont aussi plus flexibles, même si le fonds peut exiger une durée minimum d'investissement ou appliquer des pénalités en cas de sortie les premières années. Enfin, ce mode de fonctionnement permet aux fonds evergreen d'être éligibles en assurance-vie. Peut-être le meilleur argument pour un particulier...
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À la demande du gouvernement, la BPI va donc lancer un fonds de fonds spécifique au secteur de la défense et de la cybersécurité. Ce secteur compte plus de 4 500 start-up, PME et ETI et devrait voir ses carnets de commandes progresser de 17,5 milliards d'euros d'ici à 2030. Ce fonds sera accessible dès 500 euros et pourra être souscrit auprès de la BPI, sur un compte-titres et dans certains contrats d'assurance-vie.
L'ouverture du private equity aux particuliers est une excellente nouvelle. Cette classe d'actifs offre des perspectives de rendement attractives, si l'on en croit les performances passées, avec l'avantage d'être peu corrélée aux marchés boursiers.
Elle constitue ainsi un excellent outil de diversification, en particulier dans les assurances-vie : en combinant ainsi fonds euros, immobiliers, actions et private equity, l'investisseur au profil équilibré dispose d'une allocation d'actifs diversifiée offrant de belles perspectives de rendement avec un risque maîtrisé.
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Mais ce n'est pas un placement pour tous. Le private equity exige un horizon d'investissement long, souvent cinq à dix ans, et comporte un risque de perte en capital. Il s'adresse donc aux investisseurs avertis, prêts à accepter une certaine illiquidité en échange d'un potentiel de performance élevé. Si cette classe d'actifs correspond à votre profil, jetez un œil aux fonds disponibles dans votre assurance-vie, en attendant le futur fonds défense, si ce thème vous inspire.
Marc Fiorentino