Les marchés émergents retrouvent les faveurs des investisseurs

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L'indice MSCI dédié à ces régions a regagné son niveau de juin 2008. Les flux de capitaux à destination des fonds émergents repartent à la hausse.

Pressions inflationnistes, risques géopolitiques, regain de confiance envers les pays développés : ce cocktail devait en théorie continuer à peser sur les marchés actions émergents que les investisseurs ont boudés en début d'année. Mais compte tenu des perspectives économiques de ces régions, l'indice de référence MSCI Emerging Markets a gagné 0,3 % à 1.206,46 points mercredi, retrouvant ainsi son plus haut niveau depuis juin 2008. Au cours des douze derniers mois, il a bondi de 18 % contre 14 % pour le MSCI World Index regroupant 1.500 valeurs uniquement issues des pays développés.

Autre signe du regain d'intérêt pour les marchés boursiers émergents, les flux de capitaux qui leur sont destinés repassent actuellement dans le vert. Au cours des quatre dernières semaines, ils ont été systématiquement positifs, atteignant au total 11,6 milliards de dollars selon Morgan Stanley Research. La semaine dernière, ces flux se sont inscrits à 1,6 milliard de dollars alors que dans le même temps les fonds investis en actions des pays développés ont accusé un retrait hebdomadaire portant sur 2,6 milliards de dollars. Toutefois, compte tenu de la défiance des opérateurs de marché au cours des premiers mois de l'année, le solde annuel reste négatif pour les fonds investis en valeurs émergentes, avec 14,2 milliards de dollars retirés depuis le début 2011.

« À moyen terme, les perspectives des marchés émergents demeurent positives », indique John Lomax, stratège chez HSBC, notant que les actions de ces régions « paraissent bon marché par rapport à celles des pays développés, avec une décote de 10 % si l'on prend en compte le multiple de capitalisation des bénéfices attendus (Price earning ratio) ». Le PER moyen des actions émergentes s'inscrit à 11,1 contre 12,3 pour celui des actions des pays développés. « Sur cette base, certains marchés asiatiques paraissent moins chers que d'autres - surtout la Chine et l'Inde - tandis que le Brésil est sous-valorisé par rapport au Mexique », poursuit le responsable notant que le « marché russe reste bon marché mais sensiblement moins qu'à la fin du troisième trimestre de 2010 ». Comme d'autres stratèges et analystes, John Lomax ne craint pas, ou plus, l'impact de l'inflation sur les marchés boursiers émergents. « Les préoccupations portent surtout sur les prix de l'énergie et des produits alimentaires, or il est légitime de penser que l'essentiel de leur hausse se trouve désormais derrière nous », ajoute-t-il.

Martial Godet, responsable des investissements actions sur les marchés émergents de BNP Paribas Invesment Partners, a récemment prévenu ses clients qu'il tablait « toujours sur une surperformance des marchés émergents en 2011 ». « Nous restons convaincus qu'en 2011, les actions négociées sur ces marchés généreront une performance en dollars supérieure à 10 % », a averti le responsable. « Nous restons convaincus que la récente décollecte qu'ont connue les fonds dédiés aux marchés émergents est temporaire et que les influx au cours des prochaines années constitueront, en réalité, un fort soutien aux actifs émergents », juge Martial Godet.

Marchés de croissance

Jim O'Neill, le président de Goldman Sachs Asset Management, s'affirme aussi très optimiste. Selon lui, « les investisseurs doivent cesser de classer les Bric parmi les émergents ». Ce célèbre acronyme qu'il a créé en 2001 regroupe le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine. Même chose pour la Corée, l'Indonésie, le Mexique et la Turquie. Compte tenu de leurs perspectives, « nous préférons désormais les qualifier de marchés de croissance ». Tout un symbole.

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