Chine, démographie et avenir radieux

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La Chine, qui vient de fêter "la journée des célibataires", doit relever un double défi démographique, celui du vieillissement de sa population et le déséquilibre entre les sexes.

La politique de l'enfant unique mise en oeuvre en Chine a eu un impact significatif sur le développement de l'économie et de la société chinoises ces trente dernières années. Comme les autorités le souhaitaient, la baisse de la fécondité a créé une structure démographique optimale et entraîné une augmentation des taux de croissance économique au-delà des anticipations de la plupart des observateurs. Mais cette politique - qui n'est pas aussi simpliste que son nom le suggère et qui intègre en réalité un ensemble complexe de règles visant à apporter une solution à des problèmes tels que la taille des familles, les mariages tardifs et la fréquence des naissances - a également apporté des défis auxquels la Chine commence à être confrontée.

Les deux principaux sont le vieillissement de la population et le déséquilibre des sexes. On estime ainsi que la population chinoise va voir son rythme d'augmentation ralentir de plus en plus d'ici jusqu'en 2030, et que le nombre de Chinois en âge de travailler atteindra un pic cette année-là. Les autorités commencent à prendre conscience des conséquences indésirables de la politique de l'enfant unique, comme le montrent les objectifs démographiques du dernier plan quinquennal. Pour autant, elles continuent de cibler un taux de fécondité de 1,8 - soit un niveau largement inférieur au seuil de remplacement - et elles se préoccupent davantage des perspectives d'évolution à court terme du chômage que d'une insuffisance de main-d'oeuvre à plus long terme. De plus, un assouplissement immédiat de la politique de l'enfant unique ne permettrait pas au taux de fécondité de remonter à son seuil de remplacement.

Une deuxième solution pour la Chine consisterait à s'adapter à l'impact du vieillissement démographique et à l'atténuer en relevant l'âge de départ à la retraite. En 2009, le gouvernement a évoqué la possibilité d'adopter une telle mesure, mais tant les salariés que les employeurs y sont opposés et, étant donné la fragilité du « contrat social » en Chine, la mise en oeuvre de politiques aussi impopulaires serait un pari très risqué pour les autorités. Dès lors, il paraît assuré que la croissance de la population, l'augmentation de la population active, les gains de productivité et la croissance du PIB ralentiront en Chine au cours des quarante prochaines années, ces indicateurs étant, il est vrai, à un niveau très élevé actuellement.

Mais ce constat n'implique pas nécessairement une stagnation et reste encourageant à plusieurs points de vue. Premièrement, la population active en Chine se chiffre à près d'un milliard d'individus : elle est donc près de cinq fois supérieure à celle des États-Unis et plus de sept fois supérieure à celle de l'Europe occidentale ! La population active chinoise est de loin la plus élevée au monde et dépasse de 200 millions celle de l'Inde. D'ici à 2050, la population active indienne dépassera celle de la Chine, mais cette dernière restera la deuxième plus élevée au monde (870 millions de travailleurs). Deuxièmement, l'urbanisation, un meilleur niveau d'instruction et la transformation de l'économie chinoise en une économie à plus forte valeur ajoutée continueront de se traduire par des gains de productivité significatifs : si, comme le suggèrent les projections, l'économie chinoise affiche à l'avenir un taux de croissance de 8 %, elle restera l'une des économies les plus dynamiques de la planète.

À moyen terme, les autorités chinoises devraient continuer d'adopter des mesures visant à accroître la part de la consommation intérieure dans la croissance du PIB aux dépens de celle des exportations, qui sont actuellement le principal moteur de cette croissance. L'augmentation du patrimoine des ménages constituera aussi un aspect très important de cette transition. Elle contribuera de façon déterminante à la stabilité de l'économie chinoise, mais également à l'efficacité des mesures adoptées pour gérer le vieillissement démographique et maîtriser la part des futures prestations de retraite... qui n'est actuellement financée par aucun actif !

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