Sarkosconi et Berluskozy

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Par François Lenglet, directeur de la rédaction de La Tribune.

Tout a commencé à Rome, avec le traité fondateur de 1957, qui garantissait les quatre libertés européennes : circulation sans entrave pour les biens, les services, les capitaux et les hommes. Et c'est à Rome que l'on commence à détricoter l'oeuvre commune de deux générations d'Européens. La rencontre entre Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi, mardi, devrait signer la remise en cause des accords de Schengen et pointer la résurgence spectaculaire du nationalisme économique, de part et d'autre des Alpes.

Certes, l'immigration illégale est un vrai problème : l'arrivée de clandestins pénalise les sociétés qui la subissent, à commencer par les immigrés en situation régulière eux-mêmes. Mais qu'on s'attache à la contenir en défendant les frontières nationales et non plus européennes est un signe des temps. Après la crise de l'euro, qui a toutes chances de se traduire par un désastre financier de grande envergure, c'est maintenant le marché unique qui est mis à l'épreuve. Quel fiasco !

Faut-il incriminer les deux chefs d'Etat et de gouvernement qui vont s'affronter mardi ? Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi se ressemblent. Même propension à étaler leur vie privée, même goût de la provocation qui exaspère leurs opposants, même pragmatisme dénué de toute attache idéologique qui fait de leur action une sorte de manteau d'Arlequin baroque, même talent politique. L'un comme l'autre gouvernent avec l'extrême droite - si le Front national n'est pas au pouvoir en France, contrairement à l'Alliance de Gianfranco Fini, il détient les clés d'une victoire à droite pour les présidentielles de 2012.

Insensiblement, l'extrême droite est en train de définir l'agenda politique du Continent, en s'appuyant sur l'immense fatigue d'Europe qui a envahi les peuples. N'était-ce pas Marine Le Pen qui avait, la première, fait le voyage en Italie pour alerter sur les conséquences démographiques du "printemps arabe" ? Sarkozy n'a mis que quelques semaines pour la suivre.

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