Les 35 heures, saison 2012

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On croyait le débat sur les 35 heures enterré : c'était oublier les velléités de l'UMP de se débarrasser une fois pour toute de cet héritage socialiste.

Abolir les 35 heures : c'est devenu, avec la suppression de l'ISF, ce que les journalistes appellent un marronnier. Depuis les fameuses lois Aubry, votées en 1998 et 2000, la droite en rêve, sans jamais passe totalement à l'acte, tout en clamant qu'elle va le faire, au nom de la valeur travail, de la compétitivité, ou de la liberté d'entreprendre.... Tant pis si les 35 heures ne sont plus, depuis belle lurette, l'horizon indépassable des salariés et le fardeau insurmontable des patrons. Tant pis aussi si, dans les faits, seulement 1% des entreprises ont effectivement ouvert des négociations pour les remettre en cause. Les 35 heures continuent à exister légalement, et c'est justement cette relique que certains responsables de la droite veulent agiter, tel un chiffon rouge, à l'approche des présidentielles.

Electoralement, le thème est porteur : non seulement la fin des 35 heures permet de "cliver" politiquement la droite et la gauche, d'aller braconner sur les terres d'un électorat frontiste traditionnel parfois désorienté par les accents marxistes de Marine Le Pen, mais, comparée aux autres annonces sociales de la droite (le passage à 41,5 ans de cotisations pour la retraite, la TVA sociale, la fin de la durée légale du temps de travail...), elle donne aussi l'occasion de tirer à vue contre sa créatrice, Martine Aubry, surnommée la "Dame des 35 heures".

Dans ces conditions, le scénario est déjà écrit. Comme elle l'a fait dans le passé pour l'ISF, la majorité va se mobiliser contre les 35 heures en vue de 2012. On verra même quelques trublions - intelligents ou masochistes - du PS, tendance Manuel Vals, lui emboîter le pas. Mais à l'instar de l'ISF, on connaît le résultat. Les chiffons rouges vont perdre de leur éclat. A l'approche du scrutin, on ne parlera plus que d'allégement, d'assouplissement ou d'atténuation. Les RTT ont encore de beaux jours devant eux.

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