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Après WeWork, la fin du culte de l’entrepreneur-roi ?

Guillaume Renouard, à San Francisco

Publié le 13 décembre 2019 à 06:30

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La chute de Neumann (en photo) n'est pas sans rappeler celle de Travis Kalanick, fondateur d'Uber, en 2017.

La chute de Neumann (en photo) n'est pas sans rappeler celle de Travis Kalanick, fondateur d'Uber, en 2017.

Reuters

Le Quotidien Numérique

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VU DE LA SILICON VALLEY. L'affaire WeWork marque peut-être un tournant, la fin du culte de l'entrepreneur-roi au profit d'individus plus discrets, moins casse-cou... et peut-être plus efficaces.

L'année devait être fastueuse pour WeWork. Le champion américain de la location d'espaces de travail collaboratif avait prévu d'entrer en Bourse cet automne, avec une valorisation estimée à 47 milliards de dollars. Une coquette somme pour une entreprise d'immobilier fondée il y a moins de dix ans. WeWork semblait bien partie pour conquérir le monde sous la houlette de son fondateur et directeur général, Adam Neumann, qui ne cachait pas son ambition de devenir l'homme le plus riche de la planète.

Mais la machine s'est enrayée en cours de route. L'entrée en Bourse a été annulée, Neumann remercié, et la valeur de l'entreprise est désormais estimée à tout juste 7 milliards de dollars. L'existence de l'empire du coworking, largement déficitaire, a même un instant semblé en péril, les investisseurs échaudés rechignant à le renflouer alors qu'il manquait de tomber à court de trésorerie. Le groupe japonais SoftBank, l'un de ses investisseurs historiques, est finalement venu à la rescousse, déployant un plan de sauvetage de 9,5 milliards de dollars et prenant ainsi le contrôle de l'entreprise.

Machine à brûler les billets verts

Que s'est-il passé ? Alors que WeWork préparait son entrée en Bourse, plusieurs informations ont commencé à circuler, qui n'ont pas tardé à refroidir les investisseurs. WeWork est apparue comme une machine à brûler les billets verts, dépensant près de deux dollars pour chaque dollar gagné. Les pratiques d'Adam Neumann, surtout, ont commencé à semer le doute. En plus d'avoir nommé des proches à la plupart des postes clés, il louait ses propres biens immobiliers à l'entreprise, réalisant ainsi de juteux bénéfices, et parcourait le monde à bord d'un jet privé payé par WeWork, dans lequel il organisait des soirées dantesques chargées en drogue et en alcool.

À lire également

  • WeWork supprime 2.400 emplois
  • WeWork sauvé par Softbank, qui injecte 5 milliards de dollars
  • Face aux difficultés, WeWork reporte son projet d'introduction en Bourse

La chute de Neumann n'est pas sans rappeler celle de Travis Kalanick, fondateur d'Uber, en 2017. Tout comme Neumann, Kalanick s'était fait connaître pour sa personnalité hors norme et égomaniaque, sa capacité à repousser les barrières, et son nom était étroitement associé à celui de son entreprise, jusqu'à ce qu'il en soit mis à la porte. Citons encore Elizabeth Holmes, la fondatrice de Theranos, un moment comparée à Steve Jobs, qui a levé des millions grâce à un test d'analyse sanguine qui ne marchait tout simplement pas.

Guillaume Renouard, à San Francisco

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