Je m’engage : la nouvelle raison sociale des entreprises
Sophie Iborra

Photo d'illustration
La Tribune
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Changement d'ère, nouveaux défis, nouvelles tendances... L'entreprise sera engagée ou ne sera pas. Pierre angulaire des transformations, l'entreprise doit, désormais, contribuer à deux objectifs indissociables : sa prospérité économique et le bien-être de l'humanité. Rien que ça !
De fait, près de 9 Français sur 10 estiment que les entreprises doivent accorder une place centrale aux enjeux environnementaux et sociaux en 2024, selon l'Observatoire de la perception de l'engagement des entreprises BVA Xsight. 75% d'entre eux pensent même que c'est leur rôle et leur responsabilité de s'engager pour un monde plus juste, inclusif et durable.
Difficile dans ce contexte de rester sourds aux aspirations et aux exigences de leurs clients. Faut-il encore rappeler ce que les entreprises ont à y gagner ? Avantages économiques et concurrentiels, fidélisation de leurs équipes, argument de poids pour attirer de nouveaux jeunes collaborateurs, très attentifs à l'impact de leurs employeurs.
Quid de ce qu'elles ont à perdre, si elles ne se mettent pas au diapason ? En France, la loi Pacte, entrée en vigueur le 22 mai 2019 a introduit la notion de RSE (responsabilité sociétale de l'entreprise). Celle-ci implique que, toutes les sociétés, quelle que soit leur taille ou leur forme juridique, prennent en considération les enjeux sociaux (y compris les enjeux dits sociétaux) et environnementaux de leur activité. Dont acte. Les entreprises rebelles s'exposeraient donc à des risques juridiques et autres sanctions.
Si les entreprises agissent (8 dirigeants sur 10 disent avoir mis en place des pratiques sociales et environnementales plus vertueuses), elles accordent moins de temps et moins de moyens à la valorisation de leurs actions RSE. Pourtant, on sait bien que tout engagement nourrit la singularité de l'entreprise, et donc son image, ce qui est vital pour elle. De plus communiquer sur ses actions participe à créer un cercle vertueux : c'est une valeur d'exemple entraînante, le moteur essentiel pour convaincre et fédérer l'ensemble de l'écosystème économique autour de ces questions.
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L'une des raisons de ce silence réside aussi dans la peur d'être pointées du doigt et accusées à tort de tromper le public sur leurs véritables intentions. Il est vrai que l'engagement des entreprises ne supporte pas le moindre faux pas. Lorsqu'il est question de responsabilité, il est avant tout question d'un contrat et d'une promesse qui lient l'entreprise à ses clients, ses collaborateurs et ses partenaires. Gare à celles qui ne seraient pas totalement sincères et transparentes. Green ou Gender Washing, scandales alimentaires et sanitaires, actionnariats discutables, le redouté « bad buzz » pourrait leur être fatal. Et les entreprises le savent.
Alors comment aller plus loin dans cette démarche ? Comment accompagner les dirigeants et dirigeantes en retard sur le chemin de la responsabilité ? Comme souvent, l'entreprise a besoin de synergies fortes pour accélérer sa transformation et pouvoir ainsi jouer pleinement son rôle d'actrice du changement. Le partenariat Public-Privé, (PPP) dans lequel l'État, les collectivités locales et/ou territoriales et le secteur privé travaillent ensemble pour atteindre un objectif commun semble faire ses preuves si l'on en croit, par exemple, le succès de la communauté « Les entreprises s'engagent ».
Première coalition publique-privée dédiée à l'engagement des entreprises sur les enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux, elle regroupe aujourd'hui, plus de 90.000 entreprises autour d'une dizaine d'axes prioritaires (jeunes, handicap, sobriété, seniors, quartiers prioritaires, lutte contre la récidive, sport, lycées professionnels, achats inclusifs, réfugiés).
Grâce à des solutions d'accompagnement pour les entreprises de toutes tailles, de tous secteurs et de tous les territoires de France, le groupement d'intérêt public les soutient et les incite à agir. Avec pour objectif de rassembler 150.000 entreprises engagées d'ici 2026, cette communauté compte bien relever tous les défis en misant sur le nombre et la synergie pour avoir de l'impact.
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On le voit bien, l'engagement des entreprises, n'est plus une option, et c'est une bonne nouvelle, la volonté est là. L'enjeu est probablement d'accompagner ce mouvement massif en multipliant et en diffusant les bonnes pratiques d'une part, mais aussi en accompagnant les dirigeants et dirigeantes qui attendent une simplification des dispositifs et une meilleure information sur les moyens d'agir et de s'engager concrètement.
Sophie Iborra