S'il te plaît, dessine-moi une casserole !
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Je suis un objet, de forme cylindrique (et creux en règle générale), présent dans tous les foyers français. Mon nom est originaire du latin cattia, ou du grec kuathion, ou cassa en vieux provençal. Au sens figuré, j'évoque un instrument de musique peu harmonieux ou une personne qui chante faux. En termes familiers, je suis une sale affaire dont on peine à se débarrasser, qui donne une mauvaise image de soi. En Belgique, je suis une marmite. Au Québec, un chaudron. On me trouve dans toutes les cuisines et depuis une semaine, j'accompagne bruyamment chaque déplacement du président de la République française ou d'un membre de son gouvernement. Je suis interdite de sortie par arrêté préfectoral.
Je suis, je suis... ? S'il te plaît, dessine-moi une casserole, pourrait dire le Petit Prince qui célèbre son 80ème anniversaire cette année. Les « moutons » apprécieront.
Mais enfin, « ce n'est pas avec des casseroles qu'on fera avancer la France », a rétorqué Emmanuel Macron lors de sa première sortie dans le Bas-Rhin mercredi dernier, face à la cacophonie organisé par une partie de la population. Depuis la promulgation, nuitamment, de la loi sur les retraites, la veille du long Pont de Pâques, les cloches sonnent pour marquer le mécontentement populaire, qui reste majoritaire dans l'opinion toujours aussi opposée au relèvement de l'âge à 64 ans, applicable dés septembre prochain. « Ta retraite, on en veut pas, qu'est que t'as pas compris, tdc... », lui a lancé non sans une pointe de vulgarité un retraité à Sélestat en Alsace.
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Bref, le temps de l'apaisement n'est pas encore venu, en dépit des efforts du chef de l'Etat pour renouer avec les Français. En moins de 24 heures, ses 100 jours évoqués lundi lors de son allocution sont devenus « à la fin de l'année » mardi après la rencontre avec le patronat, appelé à rouvrir le chantier de la pénibilité et des seniors avec les syndicats. Bref, Macron, après avoir posé ses trois chantiers pour tenir jusqu'en 2027, a passé le mistigri : il a fait le sale boulot, au patronat de se débrouiller avec les seniors... Après un temps de décence, comme l'a réclamé Laurent Berger avant de tirer sa révérence, comme prévu. Eclipse provisoire ? A suivre.