"Pourquoi les taux français sont-ils historiquement faibles ? "

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Depuis le début de l'année, prêter à l'Etat français pendant 10 ans rapporte moins de 3 % Depuis le milieu du XVIIIème siècle, ce seuil de 3 % n'avait été enfoncé que deux fois. D'abord à la fin du XIXème siècle, à la suite des emprunts Thiers lancés pour payer les indemnités versées par la France à la Prusse, puis durant la Seconde Guerre Mondiale et dans l'immédiate après-guerre. </ br> Retrouvez le dossier complet "La France, la dette et les moyens d'en sortir" dans La Tribune Hebdo d'aujourd'hui.

Alors que l'Europe s'inquiète de la crise des dettes publiques, l'Etat français emprunte à un taux historiquement bas. Depuis le début de l'année, prêter à l'Etat français pendant 10 ans rapporte moins de 3 %. Quels sont les précédents historiques et pourquoi les taux sont-ils si faibles aujourd'hui ?

Seulement deux précédents

Depuis le milieu du XVIIIème siècle, le seuil de 3 % n'avait été enfoncé que deux fois. D'abord à la fin du XIXème siècle, à la suite d'une baisse continue enregistrée depuis 1871. Pour libérer son territoire, la France a du verser à la Prusse une indemnité de 5 milliards de francs (25 % du PIB). Cette somme est levée en quelques mois par l'émission de nouvelles dettes (les emprunts Thiers) provoquant une envolée des taux d'intérêt. La saine gestion des décennies suivantes rend le budget structurellement excédentaire ; il n'émet plus de nouvelle dette. La dette existante devient donc très recherchée abaissant son taux à un niveau de faiblesse inédit.
Ensuite, c'est durant la Seconde Guerre Mondiale et dans l'immédiate après-guerre que les taux connaissent un nouveau plancher. Il est surprenant qu'un pays battu, occupé et au c?ur d'un conflit international puisse emprunter si peu cher. Ce paradoxe s'explique par la répression financière mise en place sous le régime de Vichy et poursuivie par la suite. Ce taux minimum est organisé car combiné à une très forte inflation, il permet à l'Etat de rembourser sa dette en monnaie dévaluée. Alors que la dette publique représente 70 % du PIB en 1939, elle est quasiment nulle en 1950 malgré l'endettement supplémentaire dû aux dépenses du conflit, aux indemnités d'Occupation et à la nationalisation d'un tiers des entreprises à la Libération.

La répression financière abaisse artificiellement le taux

En effet, il y a deux moyens de ne pas rembourser sa dette. Le défaut officiel dont le dernier remonte à 1797 avec l'annulation des deux tiers de la dette. L'autre façon de ne pas rembourser est de payer en monnaie nationale dévaluée par l'inflation mais pour parvenir à ce résultat le taux d'intérêt doit rester bas ; c'est le but de la répression financière. Cette méthode est pleinement mise en ?uvre dans les années 1940. Différentes mesures fiscales ou réglementaires dissuadent les épargnants d'acheter autre chose que de la dette publique. Les loyers sont gelés de 1914 à 1948 transformant l'immobilier en repoussoir. La fiscalité est largement défavorable aux actions alors que prêter à l'Etat est exonéré. Le commerce de l'or est interdit. Enfin, les capitaux ne sont plus libres de s'investir à l'étranger.
Dans le même, temps la planche à billet tourne à plein car l'Etat finance ses dépenses avec l'argent que la Banque de France lui prête. Ces francs supplémentaires sans nouvelle richesse produite provoquent la hausse des prix. La répression financière permet à l'Etat de continuer à emprunter à bon marché malgré des taux d'inflation à deux chiffres. Mais cette dette que l'Etat efface par l'inflation est aussi l'épargne des Français. Face à la destruction de cette épargne traditionnelle, les assurances sociales par répartition prendront le relais à la Libération. Par ailleurs, l'ensemble de l'économie est perturbée car les signaux essentiels que constituent les taux de rentabilité sont biaisés par cette répression.


 

L'explication actuelle : le lien France-Allemagne institué par Mitterrand

Aujourd'hui, les faibles taux ne sont ni le résultat d'un excédent budgétaire ni d'une répression financière. Depuis le début de la crise, la politique monétaire de la BCE est très accommodante avec des conditions de prêts aux banques assouplies et à faibles taux créant des euros en abondance. Ces euros fuient les pays du sud de l'Europe pour se réfugier vers les pays les plus fiables. Pourtant par de nombreux aspects, la France ressemble à un PIGS : sa compétitivité a baissé depuis la création de l'euro, son déficit public est élevé et sa balance commerciale est déficitaire. Mais depuis 30 ans, la France a fait le choix politique fondamental de coller au meilleur élève : l'Allemagne.
Lorsque Mitterrand arrive au pouvoir, le taux est à 17 % à cause des expériences monétaires internationales hasardeuses et de son programme hostile à l'économie de marché. En 1983, après quelques mois de dépenses inconsidérées, il dévalue le franc et met un terme au socialisme. A cette date, il fait le choix du « franc fort » en liant de manière inconditionnelle le Franc au Mark, la France à l'Allemagne. Cette alliance s'est institutionnalisée et étendue avec la création de l'euro.

L'enjeu de Hollande : combler l'écart pour maintenir ce lien

Ce choix a été payant en accentuant en France le mouvement international de baisse des taux enregistré depuis les années 1980. Cette baisse exceptionnellement forte est à l'origine d'une hausse, aussi inédite, de la valeur des actifs notamment des actions et de l'immobilier facilitant les investissements de toutes natures. Mais à l'abri de l'euro, sans le franc auquel le marché donnait un prix, la France a relâché ses efforts. Les prix ont plus augmenté de ce côté du Rhin et à 56 % du PIB, la dépense publique française est de 10 % supérieure à l'Allemagne. Les taux allemands sont aujourd'hui inférieurs de moitié aux français.
Pour que la divergence avec l'Allemagne ne soit pas irrémédiable, la France de 2012 doit faire un choix de la même nature que celui de 1983. L'avantage est que les exemples de réformes, des Pays-Bas à la Suède, nous montrent ce qu'il convient de faire. L'inconvénient est que le nouveau président a été élu en sous-entendant qu'il ne prendrait pas ces chemins mais ceux d'une improbable relance par la croissance à crédit.
Le nouveau président socialiste devra rapidement décider s'il poursuit ou non l'aventure franco-allemande entamée par son prédécesseur en 1983 pour espérer que l'euro survive.

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Commentaires
a écrit le 27/05/2012 à 21:32 :
Je suis déçu par cet article qui n'explique pas du tout pourquoi la France s'endette à moins de 3%. Quelqu'un connait-il la raison?
Réponse de le 27/05/2012 à 22:02 :
Nous sommes dans l'oeil du cyclone. Nous vivons actuellement une bulle des dettes publiques réputées sans risque. Belle illusion, n'est-ce pas ? Comme l'Allemagne ne paye plus, les investisseurs cherchent à se diversifier avec des produits un peu plus rémunérateurs. Mais comme toutes les bulles, celle-ci va se dégonfler et alors, la douleur deviendra insupportable pour les pays endettés. Cette baisse du taux français est un signal d'alerte majeur : serrez fort votre ceinture !
a écrit le 27/05/2012 à 19:12 :
Les taux à l'état...Qu'avons nous à en faire? C'est aux entreprises et au particulier qu'il faut prêter....
a écrit le 27/05/2012 à 9:00 :
le nouveau president sait qu'il est pieds et poings lies, qu'il devra faire ce qu'il faut, et qu'il aura les syndicats dans la rue des sptembre..
Réponse de le 28/05/2012 à 9:56 :
Je crois que vous vous trompez. Toutes les décisions prises jusqu'à présent sont celles du déni. Le choc structurel sera donc extrêmement rude.
a écrit le 26/05/2012 à 22:08 :
Il faudra trouver la bagatelle de 178 Mds d'euros pour combler le déficit budgétaire et pour remplacer les emprunts qui arrivent à terme, Les intérêts représentent le 2eme poste de dépense après l'éducation nationale. il faut donc réduire les dépenses, faire des réformes structurelles, augmenter encore des impôts, pour l'inflation il y peu de marge, faire tourner la planche à billets semble être l'option de F Hollande pour contourner le problème.
Réponse de le 27/05/2012 à 22:11 :
Exact mais insuffisant : vous omettez plus de 50 milliards de dette à renouveler dans les caisses sociales et les 20 milliards supplémentaires de la réforme des retraites de Flanby. En réalité, ce sont environ 250 milliards que l'Etat français va devoir trouver en 2013, pour simplement survivre : 12,5% du PIB qui menacent de s'évaporer du jour au lendemain en cas de crise grave !
Réponse de le 28/05/2012 à 9:56 :
Oui, le roll-over pour 2012 est de 250 milliards d'euros et environ 273 pour 2013. Mais en 2013, tout saute.
a écrit le 26/05/2012 à 17:13 :
Pour éduire la dette de la France il n'y a pas 36 solutions. Il y a en fait deux leviers :
- augmenter les recettes de l'Etat et dégager un surplus budgétaire qui année aprés année mène à une réduction progressive de la dette. Deux options possibles, la rigueur et la baisse des dépenses de l'Etat et/ou l'augmentation des impots. Le problème c'est que ces solutions réduisent la croissance de la consommation donc la croissance économique et les rentrées fiscales.
- la deuxième solution c'est l'inflation. C'est ce qu'a fait la France depuis deux siécles pour réduire des deficits. Problème : la BCE a été créée avec une seule mission celle de combattre l'inflation ... Donc à moins que l'Allemagne accepte de redefinir la mission de la BCE (ce qu'elle ne fera pas pour des raisons historiques), cette deuxième solution est impossible. Voilà pourquoi nombreux sont ceux qui spéculent sur la fin de l'euro, soit par une sortie de l'Allemagne, soit par une sortie des PIGS incluant la France. Voilà pourquoi la réduction des deficits par la rigueur est la seule voie possible pour le moment avec pour corrolaire une décennie de stagnation économique. Les allemands n'accepteront de jouer avec l'inflation que si leur pays conait uen grave crise économique, ce qui n'est pas le cas pour le moment.
Réponse de le 26/05/2012 à 18:43 :
Pour le moment comme vous dites...
Réponse de le 26/05/2012 à 20:45 :
Non non non. Vous oublier l'inflation ! Aucun pays n'a jamais réduit sa dette sans dévaluer un peu sa monnaie. Réduire les dépenses + augmenter les prélèvement + améliorer le commerce extérieur + inflation/dévaluation. Il y a 4 leviers à appliquer en même temps, pas seulement 2 !!!
Réponse de le 27/05/2012 à 22:18 :
Le commerce extérieur est totalement hors jeu... La dévaluation est impossible en régime de changes flottants... Les prélèvements ont déjà dépassé le seuil de l'insupportable... Il ne reste qu'un unique levier : la baisse massive des dépenses. Il n'y a pas d'alternative.
a écrit le 26/05/2012 à 13:38 :
"Pourquoi les taux français sont-ils historiquement faibles ?" C'est surtout l'effet "d?étau" qui est en cause. lol
a écrit le 26/05/2012 à 12:12 :
Vous oubliez de dire qu'avant l'euro il y avait le serpent monaitère aux parités fluctuentes et que c'était pas si mal que ça pour nous.C'est bien la France qui a voulue l'? mais aprés bien des frictions et de nons allemands ,il s'est fait à leurs conditions ,pas aux notres, et les valeurs des trois criteres ne fut en aucun cas le fruit d'un compromis.
a écrit le 26/05/2012 à 11:15 :
Tout simple : qui encaisse les intérêts de la dette française (ou autres) c'est le grand capital qui a mis en place avec l'aide des politiques nationales, des dettes volontairement, pour verser des rentes au grand capital. Nous n'avions pas besoin de dettes ! mais le grand capital avait besoin d'un système qui permette de pomper la richesse d'un pays et créer des dettes était le meilleur moyen !!!
a écrit le 25/05/2012 à 22:55 :
Dire que les taux sont bas est faux, en rapport au montant de notre dette.
A 2,5%, on ajoute mécaniquement 1 point de PIB de dette par an. C'est titanesque.
Réponse de le 25/05/2012 à 23:46 :
Vous faites exprès non ?!
Les taux sont extrêmement bas, le problème actuel ce n est pas le taux mais le stock de dette existant... Et heureusement que nous sommes qu'a 3 % sinon ce serait le drame !!!!
Réponse de le 26/05/2012 à 12:17 :
Stock de dettes ,nous sommes qu'a 3 % ????Le traité de Maastricht prevoit 60 % du PIB de dette maxi ,nous sommes à 85 %. 3 % c'est l'ensemble des deficits public (état ,collectivités,ss)par rapport au PIB.
Réponse de le 26/05/2012 à 12:24 :
@ Philippe Ségard, On voit qu'il y en a certain qui confondent deficit publique et taux OAT 10ans.
a écrit le 25/05/2012 à 21:48 :
Pourquoi les taux français sont ils aussi bas? faut il vraiment s'en réjouir,? 'Eurex a lancé un contrat sur l'OAT français,. apporte de la liquidité" au marché français contribue à faire baisser le coût des emprunts.
la politique de l'endettement a été mise en place dès 1981, par la gauche. Le marché financier élargi avec la création dès 1984 de 3 instruments les OAT BTF BTAN correspondants a des obligations d'état et destinés aux investisseurs étrangers. Ainsi que le démantèlement du contrôle des changes à partir de 1985.
Sous le gouvernement de Pierre Béregovoy en 1986 a été crée le contrat MATIF produit dérivé remplacé en Avril 2012 par ceux d'EUREX. Chacun, depuis son ordinateur, dans le monde entier pourra spéculer sur la fragilité de l?Etat Français et attaquer la France
Réponse de le 27/05/2012 à 22:14 :
Pour éviter les attaques spéculatives, il faut cesser de s'endetter sans attendre plus longtemps, donc baisser massivement les dépenses.
a écrit le 25/05/2012 à 20:09 :
Vous rigolez ? Si l'allemagne place sa dette à 0% (voire bientot avec des intérêts négatifs) et que la France profite de la même orientation, c'est parce que les investisseurs craignent que l'euro explose... Si cela se passe, alors les euros allemands vont se réévaluer de +10% et peut-être que les euros francais resteront stables. Aucun autre effet pour l'instant sur les marchés. Tout le monde pense que l'euro va sauter... Il faudrait en sortir car on ne peut continuer avec une telle menace sur nous et qu'à chaque fois cela ruine nos plans de relance...
Réponse de le 25/05/2012 à 21:59 :
Les investisseurs ne craignent pas la fin de l'euro mais anticipent une déflation d'ampleur mondiale accompagnant logiquement le désendettement des pays surendettés. En cas de déflation, même à 0%, vous gagnez de l'argent.
Réponse de le 26/05/2012 à 11:51 :
Exact @déflation. Nous avons tous intérêt à ce que l'Allemagne poursuive une route qui ne la mène nulle part. Le spread accepté pourrait alors être considéré comme une arme (économique) investie dans ce jeu de dupes. La matrice française avec ses défauts énormes mais terriblement efficace dans son application, contre l'énergie sourde allemande. Les jeux sont déjà faits, reste à savoir quelle place sera réservée à ce dernier pays dont les refus correspondent à autant de repli sur soi.
Réponse de le 26/05/2012 à 12:56 :
Ne vous faites pas d'illusion avec l'Allemagne. Sa capacité de réaction face aux difficultés est bien supérieure à celle de la France qui reste engoncée dans son conservatisme socialiste.
a écrit le 25/05/2012 à 19:45 :
Et oui, quand on fait un minimum ses devoirs, que l'on prend le temps de regarder les chiffres avec un peu de recul, on s'aperçoit des choses telles qu'elles sont. Et on est surpris. On est loin de la catastrophe annoncée (et souhaitée par les plus malsains détracteurs de François Hollande). Les choses vont désormais s'ameliorer, il va falloir vous y faire, que cela vous plaise ou non.
a écrit le 25/05/2012 à 16:15 :
"le nouveau président a été élu en sous-entendant qu'il ne prendrait pas ces chemins mais ceux d'une improbable relance par la croissance à crédit." j'adore cette phrase. Le problème c'est que les mesures à faire sont impopulaires et que nos hommes et femmes politiques de tout bord n'ont pas le courage de les mener...
Réponse de le 25/05/2012 à 19:35 :
non non Mr vous n avez pas compris ce qu il se passe en France depuis 30 ans. L interventionisme empeche la France des sombrer, sauf qu aujourd hui linterventionisme est fait avec de l argent que nous n avons pas. Donc qd il va falloir repondre a cela, la solution sera d arreter de faire des reformes. Justement. Contrairement a ce que vous croyez visiblement, l Etat a pervertit le marche et aujourd hui le marche doit se liberaliser de l Etat qui veut le reguler avec de l argent qu enous n avons pas. Donc non des reformes courageuses seraient de ne plus en faire... nuance. La verite va exploser en meme tps que la dette explosera. Le reveil va faire mal. L espagne c deja reveille.
a écrit le 25/05/2012 à 15:19 :
Ce que ce monsieur n'a pas compris, c'est que le tout austérité qui dure quand même depuis plus de 2 ans ne produit aucun résultat, et bien au contraire conduit de plus en plus de pays à la faillite (Grèce, Espagne, ...), et tout cela au seul profit de l'Allemagne.
Quant aux expériences historiques de consolidations budgétaires réussies (exemple des pays du Nord de l'Europe dans les années 90, ...), il oublie de dire que tous ces pays ont pu s'appuyer, en parallèle de politiques budgétaires restrictives, sur la dépréciation de leur monnaie (obtenue par des politiques monétaires très expansionnistes), pour dynamiser la croissance. Chose impossible en Europe puisque l'Allemagne s'oppose à toute dépréciation accélérée de l'euro. Devant ces éléments, on peut s'interroger sur les compétences de ce commentateur, à moins qu'il n'intervienne ici dans un seul esprit partisan. Est-il prêt à réduire son salaire pour apporter sa pierre à l'édifice ?
Réponse de le 25/05/2012 à 15:57 :
L?Allemagne ne peut s?opposer à une prétendue dépression de l?Euro, encore une affabulation typiquement socialiste. Ce n?est pas la Bnaque de l?Etat Allemande qui crée l?Euro. La valeur de l?Euro (dépréciation par rapport à quoi ?) est librement négociée sur les marchés des changes et de plus l?Euro est fortement décoté par rapport au dollar US, ces derniers temps ce qui ne fait qu?aider encore plus les exportations allemandes et malheureusement pas les nôtres parce que nous ne sommes pas innovants.
Réponse de le 25/05/2012 à 16:26 :
L'austérité aurait commencé depuis plus 2 ans ? Du grand n'importe quoi ! Dans tous les pays européens, les dépenses publiques ont continué à progresser malgré la crise. L'austérité dès maintenant pour les Etats providentiels obèses conditionne la prospérité future pour les peuples.
Réponse de le 25/05/2012 à 16:54 :
Je vous conseille de vous renseigner avant d'apporter des commentaires. Vous pouvez par exemple regarder les interventions récentes de la Banque Centrale Suisse (qui n'est pourtant pas réputée pour être socialiste), réalisées dans le but de maintenir la compétitivité de l'économie Suisse. L'Euro est encore fortement sur-évalué, on pourra commencer à en reparler lorsqu'on s'approchera de la parité avec le USD.
a écrit le 25/05/2012 à 15:04 :
Intéressant, la répression financière d'après la 2eme guerre:
"Les loyers sont gelés de 1914 à 1948 transformant l'immobilier en repoussoir. " On en parle, et avec la concuurence déloyale du logement social subventionné, plus grand monde ne veut investir dans l'immobilier.
"La fiscalité est largement défavorable aux actions alors que prêter à l'Etat est exonéré." Voir la différence de traitement entre les revenus financiers (taxé plus que les revenus du travail) et l'assurance-vie dont le principal support est la dette d'état.
"Le commerce de l'or est interdit." Pas encore
"Enfin, les capitaux ne sont plus libres de s'investir à l'étranger." Pas encore mais on a inventé l'exit-tax.

Il ne faut pas se leurrer, si on emprunte à moins de 3%, c'est bien mais à combien empruntent les allemands?: le spread entre les taux français et allemands augmente!! ne pas l'oublier.
a écrit le 25/05/2012 à 14:27 :
Il est toujours utile de noter les méfaits de la "Libération", de la gestion socialiste puis gauliste d'une France liée et livrée aux marchés en construction avec la bénédiction des 2. Une honte qui n'est pas que rétrospective mais bien républicaine. On dira à ce gentil professeur que l'on 'a jamais trouvé les moyens de l'avenir en fouillant dans le passé qui n'est que de l'Histoire. On peut par contre y trouver une idéologie comme une excuse d'action sur cet appui. Autrement dit du cynisme et du mensonge. C'est bien là le dilemme des professeurs d'économie qui pour ne pas l'expliquer réellement se retrournent dans le passé. Pauvres élèves et par la suite pauvre pays ! Avec amusement on dira que l'économie enseignée par les professeurs est un peu comme le reflet de ce qui se passe en littérature : les écrivains sont les véritables acteurs, les autres professeurs, critiques correspondent à autre chose, à ne pas mélanger.
Réponse de le 25/05/2012 à 16:24 :
Vous vous méprenez quand on analyse précisément l'histoire économique, on se rend compte que rien n'a vraiment changé en matière économique. Car les fondements sont les mêmes. Seuls les outils se sont complexifiés.

Mais les grandes orientations resteront les mêmes, car la structure générale est la même: Etat, banques, entreprises ménages et de la monnaie.
Réponse de le 26/05/2012 à 11:37 :
Oui, l'air que l'on respire aussi, donc : ne faisons rien.
a écrit le 25/05/2012 à 14:08 :
« L'explication actuelle : le lien France-Allemagne institué par Mitterrand »
? ben voyons !!!
Depuis le début de l'année, l'Etat français emprunte à 10 ans à moins de 3 % alors que les investisseurs internationaux ne veulent pas de dettes françaises (les CDS sur la France sont à des niveaux supérieurs à 200 points). Mais ki c ki qu?achète les emprunts Français???
Les banques françaises bien sur, avec les liquidités retirées des LTRO. Comme ça au moins, on sait d?où viendra la prochaine crise?
Réponse de le 25/05/2012 à 15:24 :
Faux .Les banques françaises n'ont acheté que 16 % des emprunts qui viennent d'être émis. Le reste est acheté par des non-résidents. Attention à trop lire Fiorentino, le gourou médiatique qui avait prédit une spéculation contre la France dès le 7 mai....
Réponse de le 25/05/2012 à 15:45 :
Fiorentino n'avait rien vu venir en 2008, alors, lui apporter du crédit....
a écrit le 25/05/2012 à 13:51 :
Imaginant que les taux montent à 6 % - Comment voulez-vous que l'état arrive encore à payer les intérêts, sans parler de rembourser? C'est impossible, donc la faillite. Ce ne serait pas la 1ère fois en France.
Réponse de le 25/05/2012 à 14:43 :
En baissant massivement les dépenses ! Il n'y a aucune alternative.
Réponse de le 26/05/2012 à 6:46 :
Qui parmi vous a analysé le budget de l'Etat français ? Les dépenses de fonctionnement baissent, celles réquipement n'en parlons pas. Mais la dette sert à payer la dette...
Réponse de le 26/05/2012 à 9:40 :
@comment : Si vous tentez de baisser la dette uniquement en baissant massivement les dépenses, vous allez échouer, c'est une certitude. Pour réussir ce tour de force, il va falloir combiner efficacement 3 leviers : 1 tier de baisse des dépenses, 1 tier d'inflation et 1 tier de croissance.
@Roger : Moi, j'ai etudié le budget de l'etat francais (on trouve les grandes lignes sur wikipedia). Mais ces 10 dernieres années, les depenses publiques n'on pas baissé suffisement. Les intérets de la dette nous écrasent, c'est pour cela qu'il faut résoudre le problème immédiatement sans plus attendre.
a écrit le 25/05/2012 à 13:50 :
Dire que les taux en 1981 ont grimpé à 18% est dû à Mitterand est un mensonge puisque aux US (et ailleurs) ils sont montés aussi à cette époque à des niveaux stratosphériques....le dollar et le pétrôle s'étaient aussi envolés renchérissant nos importations.Dès lors cette article doit être lu comme un article partisan.
Réponse de le 25/05/2012 à 14:24 :
Eh non, les taux français étaient supérieurs de plus de 400 points de base aux taux US de cette époque. 400 pdb, c'est énorme. Cela correspond à une perte de valeur relative de plus de 33% sur les bons français. Surtout, la courbe des taux était difforme, traduisant les anticipations de faillite par les investisseurs. Le voilà, le socialisme mis en pratique.
a écrit le 25/05/2012 à 13:11 :
Il n?empêche que les 3% sont encore supérieurs au livret A. Alors pourquoi attendre pour ajouter l'option AAA au livret A, avec des placements "un peu plus bloqués" et rémunérés entre les deux ? Tout le monde s'y retrouverait. Le Français, parce qu'il aura un livret un peu meilleur, l'Etat, parce qu'il empruntera a un peu moins cher, et l'ensemble de la nation parce que les intérêts versés resteront dans les mains du peuple, au lieu de partir pour majorité a l'extérieur... N?oublions pas enfin que l'objectif est également de remettre le budget de l'Etat a l'équilibre, mais cela va de soit, non ? ;-)
Réponse de le 25/05/2012 à 14:05 :
Les livrets A ou LDD, immédiatement disponibles, seront les premières ressources spoliées par l'Etat quand il fera défaut, pour survivre coûte que coûte, aux dépens de la population française. Un petit conseil : sortez votre argent de ce piège sans attendre !
Réponse de le 25/05/2012 à 15:12 :
@Livrets : De toutes façons, si l'Etat fait défaut, il trouvera toujours ce qu'il faut chez nous, livrets ou autre chose, c'est pareil. Autant faire en sorte que les intérêts nous reviennent en attendant la grande banqueroute...
Réponse de le 25/05/2012 à 16:19 :
L'etat n'est pas une entité à part... L'Etat EST le peuple, les gens semblent l'oublier! Et nos politiques aussi!
Réponse de le 25/05/2012 à 16:28 :
Les intérêts disparaîtront avec le principal. Oubliez ces intérêts inférieurs à l'inflation et sauvez le principal pendant qu'il en est encore temps.
Réponse de le 26/05/2012 à 13:27 :
Vous ne mettez jamais en avant que chaque placement en ? (pas en action ext....) est garanti jusqu'a 70000 ?.Les livrets n'y arrivent pas,mais les assurances vies oui et chacun et sa femme peuvent en avoir autant qu'ils veulent.Garanti signifie que si le systeme bancaire ne peut faire face seul c'est l'état qui prend le relais comme dans les catastrophes naturelles.L'état c'est la dette la dette c'est nous donc on serra toujours remboursé.Le livret A c'est pour le logement social,,le livret LDD ,c'est pour le developpement durable et pour financer les PME,l'assurance vie fonds en ? c'est pour acheter des obligations d'état (français ou étranger).Vous voyez c'est simple ,pas la peine de fouetter avec vos économies.
Réponse de le 27/05/2012 à 22:31 :
L'Etat collectiviste n'est plus le peuple depuis longtemps. L'Etat collectiviste exerce quotidiennement sa spoliation contre le peuple par la violence fiscale. En cas de crise, les comptes courants, les livrets, les assurances-vie seront bloqués du jour au lendemain et vous aurez tout perdu. Les fameuses garanties publiques sont du vent : comme les promesses électorales, elles n'engagent que ceux qui les écoutent. Sortez votre argent tant que vous le pouvez !
Réponse de le 29/05/2012 à 11:20 :
Il y a plus de 100 millions de comptes à garantir en France, ce qui donne 7000 milliards de garanties potentielles, soit 3,5 fois le PIB annuel. C'est tout simplement absurde !
a écrit le 25/05/2012 à 12:15 :
Analyse très intéressante. Bonne utilisation de l'histoire économique qui met en perspective l'actualité.
Bravo!
a écrit le 25/05/2012 à 12:07 :
Désolé Mr le Bris mais Mr Hollande n'a jamais dit qu'il financerait la croissance à crédit. Les déficits seront réduits et par conséquent le crédit interviendra moins (du moins en valeur relative..)
Réponse de le 25/05/2012 à 14:02 :
Et comment tu reduit le deficit en depensent toujous plus?
Réponse de le 25/05/2012 à 15:18 :
...grand que les mystères de la foi....
Réponse de le 25/05/2012 à 15:31 :
@m_92 : en dépensant "normalement"...
Réponse de le 26/05/2012 à 13:41 :
@M92.La RPP (revision des politiques publiques ) commençée sous la droite serra poursuivie sous la gauche.Dire depenser toujours est un argument de la droite.Je vous rappelle que sous la gauche de 1997 à 2002 les criteres de Maastricht ont été tenus et que en 2002 la France était en dessous des 3% des deficits publics et que la dette était aussi en dessous de 60 % du PIB.Qui à tout creusé par la suite meme si bien sur la crise est passée par là !.L'Allemagne est aussi à 85 % de dette et sa croissance ralentie nettement chez elle aussi.Le modele pourrait prendre l'eau.Quand Hollande a dit qu'il allait créer 60000 postes supplementaires dans l'éducation,il a bien précisé que cela se ferrait a effectif constant de fonctionnaires donc à cout nul pour les finances publiques,c'est clair.Si vous vous sentez de gauche ne releyez pas comme ça les arguments de la droite,sans que vous en soyez conscient,elle vous manipule.
Réponse de le 27/05/2012 à 22:57 :
Les dépenses publiques augmentent à effectif constant, par le jeu des revalorisations salariales mécaniques. Pour simplement stabiliser les dépenses, il est nécessaire des réduire les effectifs. Mais comme les réductions de dépenses publiques sont inéluctables, il y a aura des plans sociaux dans les trois fonctions publiques, avec transferts d'activités vers le privé.
a écrit le 25/05/2012 à 11:42 :
très bon article. Tout est à voir ce qui se passera dans quelques temps et contrairement aux indécents cocoricos de certains, les taux sont volatiles. Un simple fait si l?Allemagne en arrive à emprunter à taux zero comment ne pas comprendre que le taux à 3 pour cent et même moins devient attractif ? élémentaire mon cher Watson
Réponse de le 26/05/2012 à 13:45 :
La confiance ,ça vous dit rien ?Quand elle est grande les taux sont bas ,quand elle est faible ils sont hauts,c'est la prime de risque qui est dans les taux !Avec votre raisonnement pourquoi ne pas se jeter sur les emprunts grecs à 25 % tant qu'on y est ?Mais la confiance ,c'est comme les mouches ,ça peut trés vite changer d'ane.............
a écrit le 25/05/2012 à 11:37 :
Les données historiques citées dans l'article sont intéressantes, mais l'analyse n'est pas très pertinente, dommage. De fait les italiens comme les français (ou les espagnols et portugais) ont intérêt à créer de la croissance grâce aux ressources et excédents allemands, d'abord pour résoudre le chômage endémique et ensuite pour faire baisser le taux d'endettement (si le PIB monte et que la dette est stabilisée automatiquement le taux baisse, donc il ne s'agit pas de se mettre en position de rembourser pour diminuer l'endettement ce qui serait absurde). Hollande, qui est un homme connaissant ses dossiers et bien plus pointu que Merkel ou Sarko que leur formation n'a pas préparé à gérer et résoudre ce genre de dilemne, a parfaitement compris la situation et les enjeux. Il a la chance de pouvoir compter sur le duo Monti-Draghi, qui tout en étant des hommes d'une certaine rigueur n'en sont pas moins réaliste, c'est l'inflation (modérée) et la baisse des taux (donc un différentiel négatif) qui résoudra le surendettement des états, et c'est l'avantage qu'a tiré l'Allemagne de l'euro qui financera la croissance, et c'est la baisse de l'euro par rapport au dollar qui soutiendra cette croissance. C'est aussi simple que ça. Donc Messieurs Dames Les Allemands il va falloir passer à la caisse. Bien entendu le système ne pourra continuer à fonctionner que si l'Europe accepte une convergence sociale et fiscale, sinon ça ne tiendra pas longtemps et ce sera le plongeon dans l?abime.
Réponse de le 25/05/2012 à 12:08 :
et le plus drôle si on peut parler de drôlerei vue la situation périlleuse dans laquelle nous sommes (tous, amerlocs, rosbifs et chinois ou japonais inclus) c'est que les anglais ont compris le truc puisque avec un taux d'inflation de 4 à 5% l'an il offre royalement 2% d'intérêts sur les gilts. Le petit souci c'est qu'à ce jeu (vu l'énormité de l'écart qui est possible parce que la Banque d'Angleterre rachète du papier à l'émission à l'américaine donc mais l'économie britannique n'est pas l'économie et la puissance de l'économie US), le sterling risque de s'effondrer (l'ombre de Soros plane à nouveau ou un de ses siens) et les anglais de venir supplier d'entrer dans la zone euro pour que leurs banques ne s'effondrent pas ainsi que leur économie.
Réponse de le 25/05/2012 à 12:21 :
Bien vu l'analyste-stratégiste, c'est clair, pertinent, nickel chrome.
Réponse de le 25/05/2012 à 13:57 :
ouais sauf que Weidmann (le patron de la Buba et membre du board de la BCE), Schauble et Merkel, n'en démordent pas pas d'euro bonds, la rigueur, l'euro fort, et...la mort des autres. Bien que l'on puisse se méfier de ses partenaires, et à juste titre, les allemands ont aussi leurs limites et leurs défauts. En même temps peut on leur reprocher d'avoir lu et relu les contes d'Andersen, notamment celui du roi qui se fait escroquer par deux lascars qui feignent lui confectionner un habit digne de sa splendeur personnelle, et qui en fait miment son exécution pour voir ce pauvre roi imbu de lui même se balader dans on carrosse de tous ses sujets....à poil (les voleurs prenant la poudre d'escampette les poches bourrées d'or et de pierres précieuses). Alors M. Hollande relisez les fables de la Fontaine, elle vous consoleront peut être de rester sage et patient. Chacun son tour ou chaque chose en son heure.
Réponse de le 25/05/2012 à 14:02 :
aucune croissance n'apparaîtra par le miracle d'une relance budgétaire. Historiquement, pas une seule relance artificielle, jamais, même pas une fois par hasard, n'a donné de la croissance. Au final, il ne restera que les dettes et le chômage. Tout le reste du raisonnement fait pshiiit.
Réponse de le 25/05/2012 à 14:05 :
Belle analyse, mais les Anglais ne voudrons jamais entrer en zone euro ;)
Réponse de le 27/05/2012 à 9:49 :
non je ne crois pas que les anglais en soient la.ils sont gros détenteurs d'emprunts d'etat us.c'est tellement suspect qu'on les soupçonne de se racheter mutuellement leurs bonds avec lles américains ,en passant par des sociétés écrans dans les paradis fiscaux.bref les us achèteront toute la dette anglaise qu'il faut,et pour les remercier les anglais feront autant dans l'autre sens
a écrit le 25/05/2012 à 11:15 :
"La saine gestion des décennies suivantes rend le budget structurellement excédentaire ; il n'émet plus de nouvelle dette. La dette existante devient donc très recherchée abaissant son taux à un niveau de faiblesse inédit." Une édifiante leçon d'histoire dont nos politiques aveuglés par le socialisme feraient bien de s'inspirer.

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