Plans sociaux : comment faire autrement ?

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Elle est pressentie, annoncée, redoutée...A l'issue des rendez-vous électoraux du printemps, il s'agit de la relance...malheureusement pas celle attendue par tous, la relance de notre économie, mais de la relance des plans de restructuration. Après une période d'accalmie dont les origines paraissent diverses, et au moment où le nouveau Ministère du Redressement Productif veut porter une action volontariste, est-il possible de réfléchir autrement ? L'Economie globalisée est génératrice de contraintes mais aussi d'opportunités; elle impose aux entreprises et à leurs dirigeants d'anticiper et d'intégrer des facteurs de changement multiples à leur réflexion stratégique. Exacerbées par les crises, les évolutions, souhaitées ou subies, nécessitent plus que jamais de s'adapter de manière proactive tout en écartant les stratégies malthusiennes.

Le PSE, une voie étroite

La voie la plus commune, celle du Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE), connue, balisée, devient étroite en regard des attentes des différentes composantes de l'environnement social et économique.
On observe chaque jour davantage le changement du contexte, une attente croissante vis-à-vis de comportements nouveaux, et les sujets traités hier encore par l'administration locale mobilisent désormais les plus hauts niveaux de l'Exécutif national.
L'enjeu n'a pas changé : garantir la pérennité de l'activité ou juguler les pertes par la décision de gestion la plus adaptée, pourtant une nouvelle exigence émerge chaque jour un peu plus : garantir la responsabilité sociétale de l'organisation. La clé se trouve dans la capacité de l'entreprise à générer de nouveaux projets : les projets pour ses salariés de demain, des projets pour les salariés qui partent, favorisant l'essaimage et/ou l'externalisation d'activités, et des projets pour et/ou avec les territoires concernés. Des expériences concrètes ont ouvert la voie comme l'externalisation d'activités dans le secteur de la micro-électronique en guise de solution alternative à un PSE, contribuant à sauvegarder la filière locale ; valorisation des compétences et des actifs d'une entité d'un groupe pharmaceutique en lien avec les IRP et le personnel ; ...les expériences demandent à être dupliquées, sans attendre l'inflexion des textes, qui serait sans doute déterminante pour faire évoluer les pratiques.

Encourager la réflexion, le « faire autrement »

Rien aujourd'hui, sauf la conscience des dirigeants eux mêmes, ne les encourage à sortir des sentiers balisés que représentent les voies du PSE, c'est-à-dire du plan d'adaptation dont la composante essentielle est le traitement social. On s'efforce de lui rajouter le plus souvent, à posteriori, des actions de reconstruction -dites de revitalisation- sur les territoires impactés.
Pourtant, aborder la problématique sous un autre angle, celui du métier, de « l'industrie », en recherchant toutes les niches de valeur mobilisables permet souvent d'identifier ces projets nouveaux évoqués plus haut. Dès lors, le PSE devient la « voiture balai », quand on a tout essayé, et non le point d'entrée systématique. Reste qu'à ce jour, les textes ne reconnaissent pas cet investissement, et n'exonèrent pas l'entreprise de son obligation sociale à destination des salariés auxquels on a retrouvé, grâce à un projet nouveau, un emploi équivalent, à des conditions identiques, parfois à coté...on ne peut compter que sur la compréhension des services de l'Etat en région et plus particulièrement des Direccte (Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi), interfaces naturelles des entreprises.

Passer du PSE au plan de transformation

Les éléments de valeur se trouvent dans les entreprises, et chaque nouveau projet est porteur d'avenir. Une inflexion des textes au bénéfice de ces projets constituerait un effet de levier important, pour passer plus souvent du PSE au plan de transformation. Autoriser le dialogue social sur des projets alternatifs en amont de la procédure, prendre en compte les coûts de recherche de projets alternatifs, favoriser le nouvel emploi plutôt que l'indemnité, remettre l'accompagnement social en aval de cette réflexion et casser les codes d'un marché établi...voilà le véritable enjeu !

 

* , Associé, SOFRED CONSULTANTS
Directeur du pôle Projets de Transformation
www.sofred.fr

 

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Commentaires
a écrit le 15/06/2012 à 20:54 :
ne dites pas clown, mais ''danseur mondain'', çà fait mieux !
a écrit le 15/06/2012 à 14:49 :
il existe une solution pour retarder ces plans:convoquer de nouvelles élections après les législatives,élections régionales par exemple,et ainsi de suite tous les deux moins.cette situation d'attente indéfinie empecherait toute action des patrons
a écrit le 15/06/2012 à 14:19 :
Les entreprises maintiennent ou créent des emplois si et seulement si elles gagnent de plus d'argent que ces emplois leur coûtent. A trop l'avoir oublié, on cherche des palliatifs qui ne changent rien aux causes profondes du chômage structurel français depuis 4 décennies : trop d'Etat, trop de fonctionnaires, trop de taxes, trop de réglementations, trop de politiciens, trop de syndicats, trop de socialisme, trop de collectivisation, trop de mépris affiché pour les entrepreneurs, les investisseurs et les salariés du privé qui, pourtant, font vivre tous les autres. Bref, à l'image du gouvernement actuel : trop de médiocrité.
Réponse de le 15/06/2012 à 17:38 :
Cela pourrait êre comique ...mais certains en meurent - avant le plus grand nombre-
a écrit le 15/06/2012 à 13:21 :
La France est embourbée avec la bureaucratie et une législation sociale totalement obsolète. Britanniques et Allemands ont donné un grand coup de balais. Donc le déclin se poursuivra inexorablement surtout avec la "clown" Montebourg.

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