La compétitivité c'est bien, la "coopétition" c'est mieux

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Ce groupe d'élus de gauche juge qu'il est urgent de mettre en œuvre un "new deal" entre la recherche, l'éducation et l'entreprise. Il faut, selon eux, "sortir de l'ère de la glaciation pour entrer dans l'ère de la coopération".

La récente mise en place par le gouvernement de la banque publique d'investissement et du "crédit d'impôt innovation" (CII) témoigne d'une réelle volonté d'agir pour la compétitivité à travers l'innovation au-delà des réflexions et mesures récentes concernant le coût du travail notamment. Il faut préciser que « le pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi », qui reprend en grande partie les recommandations du rapport Gallois, contient trente-cinq décisions concrètes engagées sur huit leviers de compétitivité dans le cadre de la bataille pour l'emploi. Il s'agit donc bien d'une prise de conscience par les responsables politiques de la nécessité de mobiliser les moyens et les outils utiles pour stimuler l'innovation. L'innovation, trait d'union entre la recherche fondamentale, la recherche appliquée et la production, est un moteur essentiel pour nous permettre de redresser notre pays sur le plan économique et en particulier dans le secteur industriel qui a perdu plus de 700.000 emplois depuis 2002.

La compétitivité seule ne suffit plus

Si nous avons un problème de demande dans notre pays, et plus globalement en Europe, nous avons aussi un problème d'offre qui est le résultat de l'absence d'ambition industrielle pendant ces dix dernières années. La problématique de l'offre nécessite la mise en place d'un nouveau cercle vertueux basé sur un carré magique : soutien à la recherche et à l'innovation, actions sur les coûts de production et sur les modes de financement, stabilisation fiscale et visibilité, renforcement de la gouvernance et de la démocratie sociale. La compétitivité seule ne suffit plus car nous vivons dans une économie complexe dans laquelle la circulation de l'information et les interactions jouent un rôle essentiel. Dans ce contexte, et face à l'hyperlibéralisme et la loi du plus fort, se développe un nouveau modèle, celui de la "coopétition", c'est à dire la coopération nécessaire pour faire face à la compétition.

Il est donc urgent d'agir dans le domaine de l'innovation car notre pays a beaucoup reculé ces dernières années en la matière comme en témoigne la longue dégradation et le déficit abyssal de notre balance commerciale. Au niveau mondial, nous sommes à la 5ème place pour la recherche alors que nous n'occupons que la 24ème place pour l'innovation, il y a donc bien un problème de "transformation". Notre pays a de grands atouts, ce sont ses chercheurs et ses entrepreneurs, et a connu des périodes bien plus difficiles dans notre histoire. Il nous faut rouvrir le chemin de l'espérance par la mobilisation de tous les talents, toutes les énergies et toutes les compétences.

L'économie est avant tout politique et morale

Ce qui est nécessaire, c'est la mise en ?uvre d'un "new deal" entre la recherche, l'éducation et l'entreprise dans l'objectif de redresser notre pays.
Il faut développer les espaces et les temps qui permettront à ces échanges de se développer. Pour dépasser les asymétries, il faut commencer par assurer les conditions de développement : gouvernance, participation et coopération. Il faut préciser que les enjeux de l'innovation sont aujourd'hui clairement liés à ceux de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. Car elle doit poursuivre l'égalité humaine. Pour poursuivre l'efficience économique et l'égalité humaine, le savoir doit être partagé, accessible. Nos modes de gouvernance doivent évoluer dans toutes les structures. D'ailleurs, ceux qui construisent leur pouvoir sur des systèmes d'information verticaux vont avoir de plus en plus de déconvenues. Il faut sortir de l'ère de la glaciation pour entrer dans l'ère de la coopération qui nécessite une co-gouvernance à travers la participation, l'évaluation et la transparence.

Accélérer les processus de création

Souvent, c'est la multiplication des normes et des interlocuteurs, ou les difficultés d'accès au financement qui freinent les projets. Un problème temporaire de trésorerie peut parfois remettre en cause un projet particulièrement prometteur. Les réussites reposent sur une relation forte entre les TPE, les PME d'un côté et les Universités et les écoles de l'autre, et en particulier avec les laboratoires de recherche. Mais aussi avec les services de l'Etat et les collectivités locales qui sont des soutiens essentiels. Il faut accélérer les processus de création. Nos entreprises et nos territoires doivent être irrigués par le savoir et la recherche. C'est la condition essentielle du redressement économique. Nos chercheurs seront les premiers acteurs du redressement de notre pays.

 

"Entreprendre à gauche" est une groupe d'une dizaine de parlementaires  (qui compte contamment les signataires de ce texte Laurent Grandguillaume, député de la Côte d'O, Thierry Mandon, député de l'Essonne, Sophie Errante, députée de Loire Atlantique) qui a vocation à échanger régulièrement avec les entrepreneurs et tous les acteurs de l'entreprise (syndicats, organisations professionnelles, ...).

 

 

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Commentaires
a écrit le 11/02/2013 à 22:07 :
La coopération Public/Privé est un vrai marronnier pour cacher l' inefficacité de la recherche publique française .
Et en plus ces politiques voudraient voir associer aux entreprises privées des" partenariats" avec les fonctionnaires d'Etat et ceux de Collectivités Locales , dont la seule mission est de justifier leur présence en consommant en frais de fonctionnement les subventions censées aider au financement des programmes de recherche .
Laissons les entreprises libres d'organiser leurs politiques et programmes de recherche et développement, et assurons leurs simplement des capacités de financement avec des taux de crédit adaptés auprès d'une banque publique d'investissement, ainsi qu'un abattement fiscal sur leurs résultats économiques résultant des innovations réalisées sur une période donnée .
a écrit le 11/02/2013 à 11:08 :
un début d'approche de bon sens, étonnant, il faut vraiment être dans l'embarras pour que les choses avancent dans ce pays ?
a écrit le 11/02/2013 à 9:18 :
bonjour
j ai un jour écouter un économiste qui disait que surproduire irai au désastre et bien il avait raison on nous demande de travailler plus longtemps de toujours produire plus et plus vite voyer avec avec le problème find.... on va jeter de l alimentation par la fenêtre et des animaux a la poubelle nous dilapidons a v grand v
les politiques ne comptons pas sur eux j ai 58 berge et je l observe
a écrit le 10/02/2013 à 18:37 :
Soyez concret !
a écrit le 10/02/2013 à 11:49 :
Enfin, une position claire d'élus de gauche sur l'entreprise, il faudrait qu'ils soient entendus. On ne sortira de la crise que par la croissance !
a écrit le 09/02/2013 à 22:19 :
Bravo pour cette initiative qui je l'espère aura des repercussions concrètes !
a écrit le 09/02/2013 à 10:36 :
Le gâchis et le retard énorme qui nous restera à expliquer aux générations futures ! Trop timidement et pas encore sur l'essentiel, l'on en arrive aux vérités qu'il faudra bien admettre principalement et surtout vis à vis de l'économie humaine planétaire !
La coopération solidaire et réciproque face à la compétitivité destructrice ! Cela ne tient qu'à nous tous !
"face à l'hyperlibéralisme et la loi du plus fort, se développe un nouveau modèle, celui de la "coopétition", c'est à dire la coopération nécessaire pour faire face à la compétition".
a écrit le 09/02/2013 à 5:06 :
Ils n ont jamais gere une entreprise et veulent nous expliquer comment faire !
a écrit le 09/02/2013 à 0:15 :
J ai rarement lu un texte aussi abscond. Les auteurs n ont manifestement jamais mis les pieds dans une entreprise.
Et dire qu ils sont payes avec nos impots pour ecrire des betises
a écrit le 08/02/2013 à 22:18 :
Quand vous faites collaborer des entreprises privées et chercheurs publics (ou voisins, mélangés ça complique encore plus) il sort un gros problème : la gestion de la propriété intellectuelle, les BREVETS. On partage comment les royalties quand l'invention est développée ? Quel pourcentage ? Si l'industriel a un problème, que les chercheurs lui trouvent une solution, c'est le besoin qui a créé l'invention. Qui gagne quoi ? Souvent, on nous dit "Vous êtes payés par l'Etat, ça vous suffit, et ce sont nos impôts de toute façon, donc on empoche tout".
a écrit le 08/02/2013 à 20:47 :
Faîtes de la place ! Trop de vieux cons à trop de postes depuis trop longtemps. La main d'oeuvre française est l'une...des meilleures au monde. Ceux qui ont travaillé à l'étranger peuvent s'en rendre compte. Non pas dans un élan désuet de franchouillardise, mais juste...notre éducation, notre culture. Cartésianisme, créativité, culture, etc...Bref, un mix complexe qui nous vient de notre histoire. Et la recherche ? Idem ! Mais diantre, libérez tout ceci ! Il est n'est que trop temps. Changez de paradigmes messieurs, les temps changent. L'industrie ? Cessez de pleurer sur la déliquescence de l'industrie manufacturière : il y a des dizaines de milliers d'emplois en gestation. Comment ? Regardez les innovations, l'internet (ce que l'on nomme l'internet industriel), les nanos, les bios, et tant de choses à nos portes . D'énormes révolutions sont à nos portée, et nos chercheurs sont prêts à y aller eux aussi !
Ce pays est plus qu'armé intellectuellement et financièrement (oui : cessez les foutaises défiscalisantes telles que le FIP/FCPI et convoquez cette épargne "populaire" et prête à investir dans des projets d'avenir, y compris celle ce ceux que la vulgate nomme "nantis")
Trop d'études, de rapports sur le pessimisme ambiant alors qu'il suffirait juste d'un peu. Vraiment juste d'un peu.
Mais pas de ces foutaises de BPI (qui s'écharpent en ce moment sur le financement, la quote-part des apports, etc....ridicule). Et surtout : simplifiez messieurs les politiques !
L'argent n'est vraiment pas un problème, mais vraiment pas.
Réponse de le 11/02/2013 à 9:26 :
bonjour
vous avez tout a fait raison et la première ligne est excellente j en remettrez bien une couche
que cela fait du bien de tel commentaires merci
a écrit le 08/02/2013 à 20:24 :
Y en a marre de ces groupes d'intello qui changent le vocabulaire média pour cacher leur retournement de politique
a écrit le 08/02/2013 à 18:20 :
Prenons le 1 er L Grandguillaume "Après avoir travaillé dans le secteur du commerce et de la distribution, et dans un grand établissement financier, il rejoint en 2001 F Rebsmen autant dire le job de politique. Précision il est né en 1978 , il a donc terminé cette brillante carrière réellement dans le privé à ... 23 ans. C est sur il connait très très bien le monde des entreprises ce monsieur. Ces gens font de la philosophie sur le pont du TITANIC. S il n'étaient pas si dangereux , on se paierait une bonne tranche de rire , mais sincèrement , c est pas pour casser l'ambiance , mais entre la compétition des allemands , des chinois , des coréens, des indiens, des hongrois et des roumains, j'ai pas le coeur à cela.
Réponse de le 09/02/2013 à 0:16 :
100% d accord.

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