Réforme des retraites : l'autre chantier

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(Crédits : DR)
La réforme des retraites vise à équilibrer les comptes, en mettant les Français à contribution. Mais l'amélioration de la gestion d'un coûteux système représente un chantier tout aussi crucial. Par Erik Linquier, Directeur Accenture en charge des retraites en Europe

Après un débat parlementaire riche à l'automne, la loi sur les retraites a été publiée le 21 janvier. Les travaux parlementaires ont essentiellement porté sur la soutenabilité à terme du rééquilibrage financier annoncé pour le régime général d'assurance-vieillesse. 

A l'inverse, et assez paradoxalement, le débat n'a qu'esquissé sur ce qui est pourtant une des attentes fortes des Français quant à la réforme : la mise en œuvre, rapide et visible, de mesures de modernisation et de simplification de l'organisation et des modalités de gestion des retraites.

Priorité à la simplification

Cette priorité, présente dans le projet de loi, repose sur un postulat simple mais novateur par rapport aux réformes antérieures : une réforme acceptée est une réforme comprise. Or, la complexité de notre système de retraite (plus de 35 régimes, une multiplicité d'interlocuteurs, 3,5 pensions par Français …) rend extrêmement délicate une telle acceptation.

Dès lors, faute de comprendre l'organisation du système, et donc l'impact sur les situations individuelles, les Français ont tendance à se méfier, voire à rejeter toute évolution significative. Pour inverser cela, il faut tout à la fois faire œuvre de pédagogie, simplifier le système mais aussi améliorer significativement le service à l'usager.

Accepter les efforts demandés

Des Français comprenant mieux le système des retraites et voyant des améliorations concrètes dans les services qui leur sont fournis, seront plus à même d'accepter les efforts indispensables qui leur sont demandés. En son temps, ce raisonnement avait déjà fondé la création puis l'extension du droit à l'information retraite, qui permet à chaque assuré de recevoir régulièrement l'état de ses droits, puis une estimation de sa retraite.

Une disposition majeure: le compte unique retraite

A cet égard, la loi porte l'espoir de ce « changement de braquet » via une disposition majeure : la création d'un compte unique retraite. Si sa réalisation est effectivement à la hauteur des ambitions affichées, sa mise en place permettra d'entrer dans une vraie logique de simplification et d'amélioration du service. Tout en respectant une architecture historique largement fondée sur le paritarisme et les particularités professionnelles, la loi renverse l'approche: partir des besoins de l'usager pour définir la réponse apportée, et non de l'organisation actuelle du système. C'est donc bien une vraie révolution qui pourrait être menée, avec pour enjeu de ne plus imposer la complexité du système à l'usager.

Baisser les coûts de gestion: les ramener au niveau de l'Allemagne et de l'Italie

Au-delà, la loi offre un cadre qui devrait permettre aux pouvoirs publics de mettre en œuvre une décision importante du Comité interministériel de modernisation de l'action publique (CIMAP), adoptée le 18 décembre dernier : faire converger les coûts de fonctionnement de notre système de retraite (5,2 milliards d'euros au total) vers ceux de nos voisins proches et comparables, Italie et Allemagne. Comme le souligne la décision du CIMAP, il s'agirait de faire passer les coûts de gestion de 1,9% à 1,29% des prestations versées.

Rechercher une efficacité accrue

Certains organismes ont déjà lancé des programmes ambitieux de modernisation : on peut penser au GIE AGIRC-ARRCO par exemple depuis l'accord sur les retraites complémentaires de mars 2013, ou bien encore aux efforts de longue haleine menés par la CNAV dans la mise en œuvre de ses contrats pluriannuels avec l'Etat (COG). Le nouveau cadre fixé par la loi permettra donc, au-delà du projet symbolique du compte unique retraite, de suivre ces exemples en recherchant une efficacité accrue tout en préservant et accroissant la qualité du service rendu.

Un chantier qui a valeur de symbole

 Il peut s'agir autant de la liquidation des retraites proprement dites, que de l'information des futurs retraités, du recouvrement des cotisations, du paiement des pensions, ou encore de toutes les fonctions support, au poids très variable au sein des 35 régimes existant.

Dans un contexte où le gouvernement a lancé un « choc de simplification », tout en affichant un objectif de réduction récurrente de la dépense publique de 50 milliards d'euros, ce chantier prend donc valeur de symbole. Tel est bien l'un des enjeux majeurs de la loi fraichement adoptée.

 

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Commentaires
a écrit le 25/01/2014 à 15:41 :
et si on supprimer des députés et sénateurs pour faire des économies. la moitié seulement

Et si députés et sénateurs partaient à 65 ans à la retraite comme tout le monde pour laisser la place aux jeunes !! les autres oui mais pas eux §§§ trop facile et ils s'étonnent que les francais n'est plus confiance dans les politiques.
les lois s'appliquent aux autres mais pas à eux !!!!!!!!!!!!!!!!!
a écrit le 25/01/2014 à 12:52 :
C'est normal qu'on soit inquiet quand on voit le nombre de chômeur, travailler signifie qu'ont a plus aucun avantage sociale et qu'ont paye pour tous en plus on est de moins en moins sûr de le faire pour NOTRE avenir... On a de plus en plus de riche et de plus en plus de masse salarial qui touche autant voir moins que ceux qui reste chez eux. L'avenir de notre pays c'est quoi? D'un côté les patrons et de l'autre les chômeur? Ou peut on encore espérer travailler pour pouvoir améliorer ça vie et avoir une retraite plus tard?
Réponse de le 26/01/2014 à 16:09 :
Les travailleurs de chez Renault ou PSA sont remplacés par des robots chez Toyota ou des importations de Volkswagen. Les vendeurs en boutique sont remplacés par des commandes en ligne. Les robots, les systèmes informatiques de commandes en ligne et les importations ne cotisent pas. Par contre on peut leur appliquer une TVA. Je vous laisse conclure pour l'avenir de notre système de retraite...
a écrit le 24/01/2014 à 23:04 :
Le jour où on comprendra qu'il est vain de chercher à faire converger vers l'équilibre un système basé sur la répartition en ponctionnant une masse salariale qui pèsera de moins en moins dans l'avenir dans la valeur ajoutée, on aura fait un progrès considérable. Pour l'instant on va dans le mur...
Réponse de le 25/01/2014 à 13:02 :
On se heurte à un mur du silence des que l'on parle de l'argent des caisses de retraites et leur gestion depuis 50 ans . La je vous le dis ! nous avons pas fini d'être étonnés citoyens travailleurs du privé et surtout n'attendez rien de vos syndicats ! la vérité sortira un jour
a écrit le 24/01/2014 à 15:28 :
Un excellent business pour Accenture pour plusieurs années. Mais Accenture n'a sans doute pas note que le gouvernement actuel à négocie avec tout le monde pour faire la mail leurs réforme des retraites c'est à dire une augmentation des cotisations. Ça c'est de la réforme. Et les prochains petits copains qui ne seront pas de la promotion Voltaire (pôvre VOLTAIRE) consulteront sûrement des consultantS pour savoir comment reformer les retraites pour gagner des bulletins de vote
a écrit le 24/01/2014 à 15:11 :
Bof, tant qu'on n'alignera pas les régimes spéciaux et les retraites des fonctionnaires avec les retraites du privé, toute réforme restera contestable et contestée. Dans ce domaine comme dans les autres, il faut une nouvelle nuit du 4 Août.
Remarquez, je ne demande pas que l'on décapite François et Valérie / Julie. Enfin, pour l'instant tout du moins...
Réponse de le 24/01/2014 à 15:48 :
Le problème est que Hollande divise les français contrairement à ce qu'il avait annoncé et qu'il gouverne la gauche caviar et la Corrèze mais pas la France. De plus il y a une forte augmentation des français qui ont compris enfin que l'état et donc les gouvernants s'enrichissent réellement Grace aux impôts et taxes. Descendre dans la rue devient une option pour se faire entendre qui semble petit à petit être la seule pour se faire entendre d'enarques et autres qui ne comprennent pas grand chose à l'économie et aux entreprises et qui volent 'légalement´ via impôts et taxes les francais
a écrit le 24/01/2014 à 14:57 :
il faut surtout s'occuper des retraites chapeau des senateurs ,deputes, et toute les retraites de fonction public qui on un deficit de 7 milliards!!!!
a écrit le 24/01/2014 à 12:25 :
Il y a déjà un énorme scandale à ce sujet , vu les modiques sommes attribuées aux retraités , et le budget total qui rentre dans les caisses de retraites pour payer qui ? qui on se le demande puisque la moitié de ces budgets suffisent .

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