Levons les freins à la croissance des PME françaises à l’international !

Les PME française sont en perte de vitesse face à la concurrence européenne. Le changement passe par un assouplissement de la Loi de Modernisation de l’Economie. Par Laurent Steinmann, PDG de SDP (fabricant et distributeur français d’adjuvants et d’oligo-éléments pour l’agriculture).

3 mn

Selon Laurent Steinmann,.la difficulté des PME française face à la concurrence internationale vient de leur incapacité à faire face aux longs délais de paiement imposés par les clients étrangers./DR
Selon Laurent Steinmann,.la difficulté des PME française face à la concurrence internationale vient de leur "incapacité à faire face aux longs délais de paiement imposés par les clients étrangers"./DR (Crédits : DR)

La concurrence internationale n'est pas seulement réservée aux grands groupes industriels. Les PME françaises ont un grand rôle à jouer à l'export et de vrais bénéfices à retirer de la poursuite de nouveaux marchés en particulier en temps de crise. Symptôme hexagonal, la France entretient un éternel complexe d'infériorité face à des puissances économiques et industrielles comme l'Allemagne. Ce pays voisin parvient à prendre une longueur d'avance dans de nombreux secteurs dont celui de l'agriculture.

Et pourtant, nos PME ont un réel savoir-faire national avec des produits et services à haute valeur ajoutée à défendre face à la concurrence internationale. Partant du constat d'une qualité française recherchée à l'étranger, l'ouverture à l'export est une stratégie qui permet aux PME françaises de freiner les effets de la crise. Elles limitent ainsi leur dépendance au marché national et bénéficient de la croissance de pays en plein essor économique.

Des PME française face à une concurrence croissante

Pourtant, les PME françaises peinent à garder leur place dans les échanges internationaux sur le long terme. Elles sont en réelle perte de vitesse par rapport au reste de l'Europe. En 2010, sur le nombre d'entreprises françaises qui se sont retirées du marché de l'export, 40 % menaient cette activité depuis seulement un an.* Que manque-t-il aux PME françaises pour conserver leur place sur la scène internationale ? Reçoivent-elles seulement le soutien nécessaire pour se développer et pour rester compétitives face à une concurrence croissante?

Le constat est simple. Un grand nombre d'entreprises n'arrivent pas à faire face à la concurrence internationale malgré la qualité et l'innovation de leurs produits. Les causes sont parfois simples voire évidentes. Il en est ainsi de l'incapacité de faire face aux longs délais de paiement imposés par les clients étrangers. Ainsi, les marchés turc ou polonais imposent aux fournisseurs français des délais de paiement pouvant aller jusqu'à 210 jours après la livraison de la commande, alors que nos entreprises sont contraintes par des paiements à seulement 30 jours ! Ces écarts d'échéances de paiement entre les pays en amont et en aval pèsent souvent trop lourd sur la trésorerie d'une PME. Ils constituent alors un réel frein à son développement à l'international et plus largement au financement de projets d'investissement.

Assouplir le cadre réglementaire et bancaire français

Pour accompagner les entreprises qui ont choisi de relever le défi de la concurrence internationale, il est donc indispensable que le cadre réglementaire et bancaire français s'adapte aux réalités du terrain. Il faut très vite un assouplissement de la Loi de Modernisation de l'Economie. Une plus grande flexibilité pour la gestion de la trésorerie s'avère décisive pour un lancement à l'export durable et compétitif.

De plus, pour sortir leur épingle du jeu en dehors des frontières françaises et proposer un savoir-faire compétitif et des produits innovants, nos PME doivent miser sur leur première force : leurs talents. Afin d'attirer et fidéliser les esprits qualifiés dans nos PME, les entrepreneurs doivent trouver des solutions : elles peuvent proposer des salaires à l'embauche attractifs et supérieurs au marché national. Pourquoi ne pas généraliser la pratique avec la mise en place d'un salaire minimum à 2 000 euros bruts qui serait exonéré de charges patronales à hauteur de 600 euros ? Ce serait une véritable mesure capable de redonner le coup pouce nécessaire à la consommation.

Face aux difficultés de perte de compétitivité et à la crise, les PME et leurs entrepreneurs ont donc des réponses. Le seul mot d'ordre pour permettre aux carnets de commandes de se remplir est de laisser aux entreprises et à leurs dirigeants la possibilité de s'adapter aux réalités du marché mondial. Le défi de la concurrence internationale ne se gagnera pas à coup de perfusions financières ponctuelles mais bien avec un soutien réglementaire et fiscal durable accordé aux PME.

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*Etude KPMG 2012 : « Panorama de l'évolution des PME ».

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Commentaires 3
à écrit le 30/05/2014 à 17:14
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Quand arrivera-t-on à comprendre qu'il faut taxer la consommation pour moins taxer le travail. Taxer le travail revient à favoriser le chomage.

à écrit le 30/05/2014 à 12:18
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a cause du protectionnisme , dont nous , nous y avons pas droit car nous consommons tout ce qui vient des pays étrangers , tout ce qui est pensable a produire eux le font après faut pas étonner que nous avons autant de chômage et le gouvernement...

le 30/05/2014 à 14:18
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je suis d'accord avec M. Laurent Steinmann, par contre M. MQPD, votre approche de l'économie propose aux entreprises et à ses salariés de supprimer la "route du progrés", il est clair qu'en la supprimant plus personne ne restera sur le bord de cette ...

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