2020, une annus mirabilis pour nos PME !

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Le président de la CPME Paris Ile-de-France Bernard Cohen-Hadad.
Le président de la CPME Paris Ile-de-France Bernard Cohen-Hadad. (Crédits : CPME Île-de-France)
OPINION. Après une année 2019 qu'il juge "contrastée", le patron des TPE et PME franciliennes forme trois vœux pour 2020: un vœu économique tout d'abord, un vœu politique ensuite, et enfin un vœu sociétal. Par Bernard Cohen-Hadad, Président de la CPME Paris Ile-de-France et président du think tank Etienne Marcel(*).

Pour nos entreprises, faire le bilan de l'année 2019, c'est reconnaître qu'il s'agit d'une année contrastée. D'un côté, des mesures qui vont dans le sens d'une plus grande simplification, d'un accompagnement, d'une dynamisation économique de nos TPE et PME avec, par exemple, les différents volets de la loi Pacte, des taux d'intérêts bas et une grande disponibilité du crédit en matière d'investissements.

De l'autre, des blocages qui perdurent avec les effets gilets jaunes et les mouvements des grèves. Ces derniers événements touchent principalement les plus fragiles de nos petites entreprises à Paris et en Ile-de-France. Et si la Coface annonce, d'ores et déjà, 52.000 cessations d'activités en 2020 nous ne souhaitons pas que l'année nouvelle soit une annus horribilis. Dans cet esprit, nous formons trois vœux.

Un vœu économique tout d'abord.

Nos entreprises TPE PME franciliennes et leurs collaborateurs ne peuvent pas vivre indéfiniment entre le "marteau" des gilets jaunes et "l'enclume" des grèves dans les transports. Tous veulent pouvoir se déplacer librement et « tout simplement » aller travailler, se rendre chez des clients ou des fournisseurs ou pouvoir aller chercher des enfants à l'école... On comprend l'inquiétude du secteur public dans la réforme des retraites et même si les mouvements sociaux ont une part de légitimité (constitutionnalité du droit de grève) leur durée, très longue, nuit gravement à l'économie des petites entreprises. A Paris et en Ile-de-France, nous assistons à un «économicide » de nos TPE et PME.

La longue durée de ces mouvements, les slogans afférents, les violences contre les personnes et les biens qui jalonnent certaines manifestations remettent en cause nos élus, nos institutions, nos votes et nos corps intermédiaires et menacent en réalité notre démocratie représentative en prétendant la remplacer par une "démocratie manifestante" (pour reprendre l'expression du politologue Pascal Perrineau). Nous demandons maintenant le retour d'un dialogue responsable afin que l'économie et la politique puissent reprendre leurs droits !

Un vœu politique ensuite

Ces derniers mois, ces derniers jours, nous avons été blessés par le silence, l'attentisme, ou les larmes de crocodiles de certains élus vis-à-vis des difficultés rencontrées par nos petites entreprises. Pour ces raisons, en 2020, la voix des chefs d'entreprise parisiens et franciliens doit être entendue lors des élections municipales afin de pouvoir influencer des politiques publiques pour des villes plus "TPE-PME friendly".

En octobre, la CPME Paris Ile-de-France a versé des idées dans le débat public avec un livre blanc de 40 propositions "pour mieux vivre et travailler à Paris". En novembre et décembre, nous avons échangé avec les candidats, qui ont bien voulu nous recevoir, et les élus sur nos priorités et nos propositions. Les idées ayant vocation à être incarnées, nous allons dans les prochaines semaines: exprimer, à Paris, notre soutien au candidat ou à la candidate qui les portera le mieux ; encourager nos adhérents à les faire vivre en étant eux-mêmes candidats sur les listes, de leurs choix, dans les arrondissements de Paris et dans les communes d'Ile-de-France.

Enfin, un vœu sociétal

Nos chefs d'entreprise parisiens et franciliens sont déjà à l'avant-garde de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Nous avons toujours considéré que l'entreprise devait être une "entreprise citoyenne", qu'elle devait valoriser les bonnes pratiques et assumer pleinement, par conséquent, son rôle dans la cité. Nos PME doivent maintenant devenir des exemples en matière de changement pour l'égalité femmes-hommes afin de pouvoir entraîner la société toute entière. La cause de l'égalité femmes-hommes - déclarée grande cause nationale du quinquennat par le Président de la République - est une cause qui nous tient particulièrement à coeur parce qu'elle nous concerne tous. Et il reste tant à faire pour l'entrepreneuriat féminin, l'emploi des femmes de plus de 45 ans, la transmission d'entreprises, l'accès aux responsabilités, l'égalité des salaires...

« L'espoir fait vivre mais comme sur une corde raide » écrivait Paul Valéry. Il en est ainsi, depuis des années, du sort de nos petits entrepreneurs, artisans, commerçants. Pour un entrepreneur, il faut par nature être optimiste. Femme ou homme, le chef d'entreprise est un être particulier : Il aime jusqu'à l'hiver. Certes, au début les jours sont courts mais, après, ils rallongent ! Chaque commencement, comme un début d'année, est donc une promesse.

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Créé en 2010, le think tank Etienne Marcel a pour objectif de promouvoir l'entrepreneuriat responsable dans les TPE, PME et PMI.

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Commentaires
a écrit le 06/01/2020 à 23:46 :
Dit papa c'est quoi la CPME?
Ben c'est un truc qui vient tous les ans demander beaucoup d'argent pour leur association.
Ils ont dit qu'ils défendaient les petites entreprises, ils t'ont aidé quelquefois que ça marchait mal?
Bien sur que non!
Si tu vois un mec avec costume cravate, soit c'est un croque mort, un huissier, ou un marchand de boniments.
Ben quand j'aurais mon entreprise comme toi, ces mecs passeront pas le pas de ma porte.
a écrit le 06/01/2020 à 11:44 :
-Que nous n'avons pas de dirigeant politique bien dynamique, mais plutôt des copieurs de recettes ou "béni oui oui".
-Qu'ils ont construit contre eux "l’handicap" que ressentent les forces économiques.
-Que l'économie ne perçoit que les "conséquences" en voulant "ignorer" les "causes"!
a écrit le 06/01/2020 à 10:55 :
Que voilà un discours bien lénifiant et trop "politique" (si on lit entre les lignes) qui n'est probablement pas ce qu'attendent les "Patrons" de PME (et non l'entreprenariat- responsable…n'ayons pas peur des mots, car, responsables, ils le sont tous). Quand je lis qu'il faut des villes plus "TPE-PME friendly", je me demande si Bernard sait que bien des patrons, sur le terrain, ne savent probablement pas de quoi il s'agit, il ne manque pourtant pas de jolis mots dans notre langue,mais voilà, cela ferait moins "up to date"…Quant à la PME citoyenne, je proposerais bien à ce Président d'en visiter un échantillon à travers le territoire pour bien voir que la "citoyenneté" y est, en fait, plus respectée que dans bien des grands groupes mondialisés. Je trouve aussi un peu "facile" (mais c'est là que ressort la politique, ou alors il eut fallu utiliser d'autres arguments) la critique sur les mouvements sociaux, les Gilets Jaunes, qui seraient responsables (de nombreuses "études" l'affirmant, par ailleurs) d'une bonne partie des problèmes économiques actuels. Sait-il, le Patron des Patrons, qu'il y avait de nombreux patrons de PME-TPE dans le lot? Quant à soutenir celui des candidats qui ferait des promesses "compatibles" avec les besoins des petites entreprises, n'est-ce pas un discours pré-politique, sachant que les promesses n'engagent que ceux qui les croient, ne faudrait-il pas plutôt avoir le courage de proposer des solutions de rétorsions vis à vis de ceux qui ne les tiendraient pas? Ayant dans ma vie d'Industriel, créé plusieurs PMI de haute technologie et assumé des fonctions de responsabilité (CRCI, Technopole, CCRDT, CESR…) j'ai pu constater que le problème fondamental, en France, c'est la non-considération, par les gouvernements successifs, les politiques, de ces entreprises petites et moyennes, sachant qu'elles supportent la majorité des emplois du territoire. Elles font la force de l'Allemagne et de bien d'autres pays européens, elles "supportent" la base de l'économie Américaine, mais chez nous, comme le claironnait en son temps Giscard d'Estaing "big is beautiful", l'orgueil national qui en rajoute. Il faut pour ce secteur fondamental de notre économie, un discours de "combat" vis à vis des politiques et des…financiers. De même dans nos écoles d'Ingénieurs, de Commerce, insuffler l'esprit créateur de ce type d'entreprise et réinstaller les notions de patrimoine familial industriel. Avant que de ne parler (toujours le complexe anglo-saxon) de start-up, ( ce qui est bien pratique pour la propagande des politiques) il faut redonner le goût de l'entreprise familiale, comme le font nos concurrents des pays du Nord; il y a de nombreuses entreprises qui disparaissent par manque de "repreneurs"…C'est tout cela, (entre autres) cher Cohen-Hadad, qu'il faut dire, haut et fort.

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