Municipales à Paris : le patronat dégaine son programme économique

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(Crédits : Philippe Wojazer)
La CPME Île-de-France et le Medef Paris regrettent que les questions macro et microéconomiques n'aient pas été abordées par les candidats aux élections municipales. Ils sortent donc du bois avec des propositions convergentes.

Zéro. A en croire le patronat parisien et francilien, l'économie passe à la trappe dans le débat actuel sur les élections municipales. "Jusqu'à présent, les questions macroéconomiques, microéconomiques et leur lien avec la cité ont peu, voire pas du tout, été abordées", regrette Bernard Cohen-Hadad, président de la CPME Île-de-France. Même discours agacé du côté du président du Medef Paris Jean-Louis Schilansky : "On n'en parle pas. Franchement, ça nous choque !"

La branche francilienne des représentants des PME va adresser aux candidat(e)s et à leurs équipes un livre blanc, mais ne les invitera pas à débattre, privilégiant l'échange direct : "Ce type d'événement a montré ses limites quand il n'était pas bien organisé et quand les candidat(e)s restaient sur des postures ou des promesses sans lendemain". A contrario, l'antenne parisienne du Mouvement des entreprises de France les recevra, elle, début 2020.

"Comité de pilotage économique" ou "comité économique et social"

Sur le fond, le Medef Paris recommande de lancer un "comité de pilotage économique", composé de chefs d'entreprises et consulté sur toutes les propositions ayant un impact sur l'attractivité de Paris. "Nous voulons une cellule économique près du/de la maire de Paris pour éclairer sa décision", explique son patron Jean-Louis Schilansky qui s'est inspiré du Premier ministre sud-coréen, conseillé "sans arrêt" par dix chefs d'entreprise sur la compétitivité du pays.

La CPME-IDF rêve, elle, d'un "comité économique et social de Paris", une instance de dialogue et de décision co-construite avec les organisations patronales, les représentants des salariés, les acteurs associatifs et toutes les organisations représentatives. "Nous voulons redonner la parole et donc la place qui leur revient sans attendre le "bon vouloir" ou le "bon plaisir" de telle ou telle action municipale conjoncturelle", précise son président Bernard Cohen-Hadad.

Pour un "Parisian small business act"

Dans le même esprit, pour encourager les entreprises à s'installer et à développer de l'emploi, les deux entités imaginent de nouveaux outils. Le mouvement des entreprises de France parisien entend créer un tableau de bord avec des indicateurs de la vie économique que la majorité de demain pourra utiliser en interne et en même temps communiquer à l'extérieur. La confédération des petites et moyennes entreprises aimerait l'instauration d'un Parisian small business act qui réserverait une part de la commande publique aux TPE-PME-PMI.

Par ailleurs, la facilitation des trajets domicile-travail au bénéfice de la qualité de vie se trouve au cœur de leurs idées. Lors de la prochaine mandature, le Medef Paris espère l'ouverture d'espaces de coworking sur le parc foncier de la ville "pour améliorer la performance des entreprises, le quotidien des salariés et fluidifier la mobilité". Elle demande ainsi la création d'Office Lib', une application qui recense en temps réel les places disponibles à l'échelle de la région. Cela existe déjà : le conseil régional a lancé, le 14 octobre dernier, "Smart Work" dans cette optique.

La CPME francilienne mise, elle, en priorité sur une grille de cotation dédiée aux employés des métiers en tension et en horaires décalés (hôtellerie-restauration, santé...), à qui il serait réservé un logement social sur quatre. En revanche, elle considère que "le coworking et le télétravail sont des solutions de court-terme pour réduire le stress et le mal-être du trajet", s'appuyant sur une étude de ParisWorkplace qui démontre que le home-office exacerbe le sentiment d'isolement des salariés.

Tout-Paris comme zone touristique internationale

Enfin, chacun plaide pour le passage de Paris toute entière en zone touristique internationale (ZTI) pour permettre aux commerces d'ouvrir le dimanche et en soirée. La capitale compte aujourd'hui dix ZTI : Beaugrenelle, Champs-Elysées Montaigne, Haussmann, Le Marais, Les Halles, Palais des Congrès, Montmartre, Rennes Saint-Sulpice, Saint-Germain et Saint-Honoré Vendôme.

"Les horaires de travail changent, Internet ne s'arrête pas le samedi soir, c'est fini ce monde-là !", tempête Jean-Louis Schilansky. "Créons un portail recensant les demandes et les manques ressentis."

"Il n'est pas sérieux de limiter le droit de faire du commerce, ici ou là, et de privilégier ainsi discrétionnairement des zones ou seules les grandes enseignes peuvent y assumer des loyers", renchérit Bernard Cohen-Hadad.

Quoiqu'il en soit, si l'un comme l'autre ne prendront position pour tel ou tel candidat à l'Hôtel de Ville, ils encouragent leurs membres à se présenter au scrutin des 15 et 22 mars 2020. "Nous avons besoin de femmes et d'hommes qui vivent Paris au quotidien, issus du terrain, conscients des attentes, des besoins et des enjeux des TPE", déclare le président de la CPME Île-de-France. Même totalité avec le patron du Medef Paris: "C'est une bonne chose que les chefs d'entreprise aillent dans la vie publique et se confrontent à la politique. Nous n'allons pas les en dissuader."

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Commentaires
a écrit le 23/10/2019 à 11:04 :
toute une ville touristique!!
et les habitants comme des figurines !
Non la ville n est pas une fete foraine ,
moins de nuisances sonores!!moins d odeurs de restaurants
Oui à des contrôles sur les commerçants qui em.... le monde
à 6h du matin en livrant et le soir
Qui envoient des odeurs immondes sur les habitations
trop de bureaux c est trop de dechets, de cantines qui puent de gens qui fument au bas de simmeubles .
c est plus de nuisances sonores dues aux nuisances sonores des engins d e nettoyage
commencez par moderniser les lois sur les nuisances qui dates des années 80
a écrit le 22/10/2019 à 11:58 :
Quoiqu'il en soit ?
a écrit le 22/10/2019 à 11:27 :
Une preuve supplémentaire ? que les politiciens n'ont d’intérêt que pour leur "carrière" politique
a écrit le 22/10/2019 à 10:43 :
Le travail n'est pas au coeur des préoccupations des politiques qui prétendent à l'administration de la Cité...
a écrit le 22/10/2019 à 10:37 :
"Tout-Paris comme zone touristique internationale
Enfin, chacun plaide pour le passage de Paris toute entière en zone touristique internationale (ZTI) "

C'est intéressant d'avoir pu constater la gentrification, et a présent l'idée selon laquelle la ville serait donc uniquement dédié au tourisme!!!!

Je propose donc, que tout les apparts se transforment en location rbnb, que les gens puisqu'il faut donner l'impression du vivant, et sachant qu'il existe un hôtel avec des poupées en silicone, nous pourrions donc les installer, elle ne coûte que pour rembourser le crédit, mais après, elle ne mange pas, elle ne dort pas, elle pourrait aussi faire l'épouvantail.

La ville ne serait que des hôtels entourée de banque par le périphérique (c'est bon, c'est déjà le cas) et ainsi il y aurait une belle image de Paris !!!

Chasser les pauvres, c'est déjà fait, les classes moyennes, c'est déjà fait, les cadres premier niveau, c'est déjà fait.

Par contre faire le grand paris, pour que les villes de banlieues financent les pertes.....

What else !!!Comme il y a des clones au pouvoir, c'est déjà en chemin, non?
a écrit le 22/10/2019 à 8:40 :
"Comité de pilotage économique" ou "comité économique et social"

Les enfants de l'oligarchie commencent à avoir même eux moins de débouchés visiblement, du coup faut encore que papa et maman bossent !

Le jour où l'argent public servira le public au lieu de l'oligarchie notre pays deviendra première puissance mondiale !

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