Bonus-malus sur les contrats courts : les effets pervers
Olivier Passet, Xerfi

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La réforme de l'assurance chômage change profondément la donne pour l'emploi précaire. Le système de l'assurance chômage permettait et favorisait jusqu'ici l'enchainement de CDD à haut turnover en les rendant socialement viable. Avec un coût élevé pour l'UNEDIC, source principale de la dérive financière du système. Ce qui transformait de fait le gouvernement en « cofinanceur » de l'emploi précaire et l'assurance chômage en dispositif d'aide actif à l'emploi intermittent à travers plusieurs mécanismes :
La réforme chômage va reparamétrer tout cela.
À tous les étages, les conditions de l'intermittence se sont durcies. S'ajoute à cela la sur-taxation des entreprises qui recourent à l'emploi émietté :
L'offre et la demande de travail intermittent sont ainsi attaquées sur cinq fronts. Et le bonus-malus fait figure finalement de dispositif très anecdotique au sein de tout l'arsenal de freinage de l'embauche de contrats hyper-courts.
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Tout cela se traduira par une baisse bien tangible sur le nombre de chômeurs indemnisés, qui devrait diminuer de 250.000. Avec des retombées positives indéniables sur l'équilibre financier du système. Et tout cela, devrait effectivement ralentir le turnover et l'embauche sur des durées très courtes.
Mais, gros bémol, cet affichage repose très peu sur les vertus du dispositif de bonus-malus, financièrement peu pénalisant et qui épargne les TPE et une majorité de secteurs. Il est obtenu au prix d'une précarisation financière accrue des tous ceux qui sont aujourd'hui dans le halo de l'emploi. Ce qui revient à faire financer le redressement financier de l'assurance chômage par les plus précaires et non par la responsabilisation des entreprises. De fait, le problème social est déplacé mais non résolu. Et dans une économie très éloignée du plein emploi, le fait de restreindre la demi-solution des mini-jobs intermittents à la française risque bien de mettre en tension le champ des autres aides sociales, celui dont on nous dit déjà qu'il coûte déjà un pognon dingue.
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