La donnée  : nouvel or noir de la voiture de demain

 |   |  776  mots
Le concept car électrique de Renault, SYMBIOZ, atteint le niveau 4 de la  classification des véhicules autonomes qui comporte six niveaux, qui vont d'une automatisation nulle jusqu'à la conduite complètement autonome dans toutes les circonstances.
Le concept car électrique de Renault, SYMBIOZ, atteint le niveau 4 de la classification des véhicules autonomes qui comporte six niveaux, qui vont d'une automatisation nulle jusqu'à la conduite complètement autonome dans toutes les circonstances. (Crédits : Reuters)
Dans un proche avenir, les voitures autonomes vont devenir de véritables cerveaux qui auront besoin pour fonctionner de traiter une quantité élevée de données. Par Frédéric Moyse, Architecture Team Manager, Niji.

L'organisation SAE International, qui regroupe plus de 128.000 scientifiques, ingénieurs et professionnels des secteurs de l'industrie automobile, des véhicules commerciaux et de l'aérospatiale, a établi une classification des véhicules autonomes comportant six niveaux, d'une automatisation nulle à la conduite complètement autonome dans toutes les circonstances.

Nos véhicules actuels, intelligents et connectés, appartiennent pour la plupart aux niveaux 0 et 1. Ils possèdent déjà des capteurs leur permettant de percevoir leur environnement et d'utiliser les données générées pour proposer une automatisation partielle de la conduite, telles que la fonction Park Assist et le régulateur de vitesse adaptatif. Les véhicules Tesla équipés de la fonction Autopilot sont de niveau 2, les prototypes de véhicules autonomes de Google seraient au niveau 3 et le concept car électrique de Renault, SYMBIOZ, atteint le niveau 4 sur la portion de l'autoroute A13 qui sert aux phases de test. Il reste donc encore du chemin à parcourir avant que nos véhicules ne soient totalement autonomes.

Quand autonomie rime avec capteurs !

Caméras pour les images, radars pour la détection d'objets dans toutes les conditions, capteurs à ultrasons... l'autonomisation des voitures ne se fera pas sans la généralisation de capteurs permettant au véhicule de percevoir son environnement. Si elle est jugée « chère, moche et pas nécessaire » par Elon Musk, PDG de Tesla, l'ensemble des constructeurs automobiles s'accordent pourtant à dire que le développement de la conduite autonome s'appuiera également sur la technologie Lidar (Light Detection And Ranging) articulée autour d'un faisceau laser pour détecter les objets à distance. Au total, c'est donc près d'une trentaine de capteurs variés qui seront nécessaires ! A titre d'exemples, une Tesla équipée de la fonction Autopilot est équipée de plus de 20 capteurs d'environnements, SYMBIOZ intègre quant à lui 34 capteurs extérieurs !

Des véhicules dotés de « cerveaux »

Une recrudescence du nombre de capteurs dont la première conséquence est l'augmentation de la quantité de données produites. Selon Stéphane Nègre, président d'Intel Corporation : « 1h30 de conduite autonome génère 4 To de données, l'équivalent de 3.000 personnes qui surfent toute une journée sur Internet. Un million de voitures autonomes représentent donc autant de données que toute la population mondiale connectée sur le web ». Un volume de données qui s'avère colossal mais dont la vocation première n'est pas d'être transmis à l'extérieur. Pour permettre l'autonomie du véhicule, ces données doivent être traitées en temps réel directement au sein du véhicule qui, doté d'un « cerveau » hyperpuissant et apprenant, sera en capacité de processer et d'agréger plusieurs téraoctets en un temps record !

A l'horizon 2020, ce ne sont pas moins de 30 trillions d'opérations à virgule flottante par seconde qu'une voiture autonome sera donc en mesure de réaliser, soit 3 fois la capacité du cerveau humain (1). Un enjeu aujourd'hui essentiellement logiciel et non plus matériel, si on en croit le CEO de Tesla (2). Toutefois, si cette intelligence, commanditaire de la circulation du véhicule et responsable de la sécurité des usagers, est souhaitable et attendue, elle devra pourtant être parfaitement infaillible ! Une vraie réflexion s'impose donc sur les moyens à mettre en place pour garantir sa fiabilité.

Des enjeux de communication multiples

Enfin, cette donnée - une fois récoltée, analysée et agrégée dans le véhicule - ne présentera de véritable potentiel qu'à travers son partage ! Avec les autres véhicules d'abord, dans un souci de prévention des accidents ou d'optimisation du trafic. Aux infrastructures routières ensuite, telles que les feux de signalisation ou encore les aires de repos, afin d'optimiser leur taux de remplissage ou le temps d'attente aux infrastructures de recharge ou stations-service. Et aux plateformes centrales des différents constructeurs enfin. L'objectif : nourrir leurs algorithmes pour améliorer sans cesse l'intelligence des véhicules, ou encore en démontrer la fiabilité, notamment auprès des autorités.

Les phases d'expérimentation grandeur nature à venir nécessiteront très vraisemblablement la mise à disposition de données spécifiques à ces étapes transitoires (par exemple pour qu'un opérateur puisse reprendre la main sur un véhicule en cas de problème). D'autres acteurs vont également s'intéresser à ces données : autorités judiciaires, assureurs, fournisseurs de services de mobilité... Ce sont de véritables écosystèmes qui vont se constituer autour de la maitrise et du partage de ces données.

[1] http://www.auto-moto.com/green/lintelligence-artificielle-va-prendre-volant-de-voiture-159054.html

2 https://www.forbes.com/sites/jeffmcmahon/2016/08/04/software-is-the-last-obstacle-to-fully-autonomous-vehicles-elon-musk-says/#15422e826edc

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 24/03/2018 à 15:24 :
« elle devra pourtant être parfaitement infaillible » : non, le zéro défaut n’existe pas, même pour les systèmes auxquels nous confions nos vies. Les systèmes avions les plus sûrs peuvent tomber en panne. Mais on en impose et vérifie la probabilité : 1 panne tout les milliards d’heure de fonctionnement maximum. Ce qui correspond à la probabilité d’une chute de météorite sur la terre qui éteindrait toute vie humaine. C’est donc très peu, et accepté par la société, et les lois, mais ce n’est pas zéro. Le problème aujourd’hui autour des voitures autonomes est que ces taux acceptables de panne, ainsi que les moyens de les vérifier ne sont pas totalement fixés. Mais au début de l’aviation civile c’était le cas aussi.
a écrit le 22/03/2018 à 20:57 :
y a un dernier souci............ une pecadille....... toutes ces machines de boltzman empilees qui ont besoin de beaucoup de calcul, d'infos, et de capteurs, quand la batterie aura un coup de mou, comment on va recuperer la sauce, et quand il y aura un accident, comment on fait et combien ca coute?
y aura des batteriesgeantes tres ecolos, et des couts de reparations gratuits pour ca! quand on voit qu'un retrovieur electrique coute plus de 200-300 euros a achanger, on se dit que ca va devenir marrant en ca s de panne ou d'accident!
les assurances vont exploser, et comme ca ne sera pas supportable par les gens concernes, ceux pas concernes qui tiennent le volant ' paieront leur juste part'
a écrit le 22/03/2018 à 18:37 :
Notre espèce a conquis l'espace terrestre rien qu'en usant de ses pieds, ses mains et surtout de son cerveau.

Et voilà qu'il nous faudrait des dizaines d'assistants technologiques pour maintenir la trajectoire d'un véhicule sur une route balisée, plane, sécurisée?

Est ce qu'on ne serait pas collectivement en train de devenir des ramollis du bulbe et des muscles? Des assistés de la naissance à la mort?
Réponse de le 22/03/2018 à 21:00 :
j'ai conduit le peugeot 3008 d'un copain luxembourgeois........ quand vous changez de file pour doubler, faut etre sec ( tout le contraire de ce qu'on vous apprend au permis!)......... si vous y allez cool, l'intelligence artificielle (!!!) croit que vous vous endormez et........ vous ramene de la ou vous venez!
je lui ai dit que ce genre d'intelligence menait a la catastrophe!
apres je veux bien ecouter des lecons surs les deep networks, boltzman, et les machines a energie, je me dis qu'il vaut mieux garder un oeil sur ce qui se passe en realite
a écrit le 22/03/2018 à 18:37 :
Avant de voir le parc complet au niveau 5 sur toutes les routes, Il faudra avant tout revoir le cadre juridique d’emploi, qui devra être mis a mis à plat et repensé totalement et la, ça sera certainement beaucoup plus complexe. Si la technique est pratiquement au point, et a conditions que les systèmes soient compatibles dans tous les pays, il faudra encore un certain temps pour la mise en œuvre. Comment la cohabitation se fera t’elle pendant la phase de transition entre voitures autonomes et véhicule classique ; quel sera cout pour l’agencement du réseau routier (Signalisation connectée).Quel sera le prix de ces véhicules, qui devront être accessible au plus grand nombre. Et puis, exit le plaisir de la conduite sur route. Nous sommes encore malgré tout, une majorité à prendre en compte ce paramètre. Alors pour sûr, je suis de ceux qui ne connaîtrons pas cette évolution.
a écrit le 22/03/2018 à 17:45 :
Tant que les véhicules autonomes seront sensibles aux piratages et aux pannes dangereuses, ils resteront dans les laboratoires. Il faudrait durcir les systèmes et les doubler pour rendre ces véhicules utilisables en toutes circonstances. Mais, à quel tarif ces voitures seront elles vendues, au prix d'une Rolls ou d'un avion ?
a écrit le 22/03/2018 à 17:18 :
je veux/vais profiter de mon volant le plus longtemps possible!! Vive la conduite automobile...
a écrit le 22/03/2018 à 17:11 :
En attendant elles en sont à leur second mort les voitures autonomes.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :