La sédentarité : un enjeu de santé publique

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Les maladies non transmissibles représentent un problème de santé publique majeur, et nécessitent le déploiement d'une politique de santé fondée sur la prévention. Il s'agit d'un défi collectif, qui requiert un changement des comportements, en particulier vis-à-vis de la sédentarité, et en s'appuyant sur les principales structures sociales comme l'entreprise. Par Cédric Mathorel, CEO de Padoa

Au cours des dernières décennies, nous avons assisté à un changement de paradigme dans les enjeux de santé des pays développés. Il est loin le temps où les grandes épidémies de peste ou de variole décimaient des pans entiers de la population. En 2015, 70 % des décès étaient causés par des maladies non transmissibles (MNT)[1]. Les MNT sont des maladies chroniques - cancers, diabètes etc. - ou des maladies dégénératives - Alzheimer, Parkinson etc. On estime qu'elles touchent 36,5 % de la population et représentent 66% des dépenses nationales de santé[2]. Les origines de ces maladies d'un genre nouveau tiennent aux comportements sédentaires de plus en plus répandus, et auquel notre organisme n'est tout simplement pas adapté.

Les maladies non transmissibles : premier enjeu de santé publique

La médecine de soin traite les symptômes et retarde les effets des MNT mais, hormis certaines tumeurs, elle ne les guérit pas. Néanmoins, les MNT peuvent être prévenues. Ces pathologies sont essentiellement liées aux conséquences du mode de vie de nos sociétés industrielles, à tel point que les épidémiologistes qualifient les MNT de «maladies sociétales ou comportementales». En d'autres termes, le meilleur moyen de lutter contre le développement des MNT est d'adopter des comportements sains : activité physique, hygiène alimentaire, abstinence tabagique, consommation d'alcool limitée. Riche d'une médecine curative de premier plan, notre système de santé doit se doter d'une médecine préventive de même niveau. Le président de la République l'a placée au cœur de sa politique de santé, et le gouvernement lance actuellement une réflexion sur les voies d'amélioration de notre système de santé[3], dont les conclusions seront communiquées fin avril.

Ancrer la prévention dans les mœurs

Alors que l'on répète à l'envi l'adage «mieux vaut prévenir que guérir», la prévention a en réalité du mal à s'imposer. D'abord, parce que ce changement s'oppose à plusieurs siècles de culture médicale où un médecin était davantage reconnu pour sa capacité à dresser un diagnostic et soigner que pour les conseils qu'il prodiguait. Ensuite, parce que le principe même de prévention va à l'encontre de mécanismes cognitifs ancrés. Prévenir veut dire initier aujourd'hui un effort coûteux et certain - emprunter les escaliers plutôt que l'ascenseur - pour un bénéfice lointain et incertain - ne pas être en surpoids dans 5 ans. L'investissement demandé est d'autant plus difficile qu'il nécessite de la constance pour porter ses fruits. Améliorer la santé publique exige de se concentrer en premier lieu sur la sédentarité, première cause de mortalité évitable dans les pays développés. Cette lutte repose sur le développement de l'activité physique.

L'éducation et la mesure : piliers d'une politique de prévention

Pour relever le défi de la sédentarité, on peut s'inspirer d'un autre enjeu où la prévention est devenue une priorité: celui de l'environnement. La dégradation de notre planète est une menace collective, qui repose sur la somme de comportements individuels. Si le problème de la protection environnementale est loin d'être résolu, on peut noter des progrès, grâce à la mise en place de politiques de prévention qui s'appuient sur deux leviers : l'éducation et la mesure.

L'éducation joue un rôle fondamental dans la sensibilisation et le changement des comportements. En matière de protection de l'environnement, on peut constater un effort à tous les niveaux, des programmes scolaires jusqu'aux emballages des produits. La mesure a elle aussi son importance dans le dispositif de prévention. Partant du principe que «ne s'améliore que ce que l'on mesure», on a vu plusieurs indicateurs d'impact environnemental se développer au cours des dernières années. Le plus connu est l'empreinte carbone, qui mesure l'impact d'un vol Paris-Brest, de la production d'un KW d'électricité ou d'un yaourt.

L'entreprise, un espace de prévention privilégié

Ces deux leviers de la prévention que sont l'éducation et la mesure, sont tout à fait transposables au domaine de la santé. Cela passe par le déploiement d'un plan national de prévention, qui s'appuierait sur les structures sociales, parmi lesquels les entreprises constituent un terrain de choix. D'abord, parce qu'elles rassemblent une part majeure de la population 30 millions de personnes, si l'on inclut l'administration sur une large tranche d'âge les 20-65 ans avec une «surface de contact» qui permet d'avoir un véritable impact — 7 heures par jour, 5 jours par semaine. Ensuite, parce que les entreprises disposent d'une légitimité en matière de prévention. L'étude de l'Observatoire entreprise et Santé Viavoice-Harmonie fait ainsi état de 87 % des salariés qui estiment que leur entreprise doit se préoccuper de leur santé.

Ce rôle de l'entreprise pourrait se matérialiser à travers divers aménagements et incitations pour lutter contre la sédentarité au travail, comme l'instauration de créneaux horaires d'activité physique, l'aménagement d'infrastructures salles de sports, douches ou la mise à disposition de coachs, que les entreprises pourraient mutualiser pour réduire les frais. En Suède, certaines entreprises conscientes du problème ont même été jusqu'à instaurer des heures de sport obligatoires. Les entreprises pourraient aussi se doter de bureaux mixtes, assis-debout, pour que les salariés ne passent plus 7 heures par jour dans la même position. Enfin, sur le modèle des applications qui comptent les pas ou les calories, et dont les utilisateurs sont friands, les entreprises pourraient proposer leurs propres systèmes internes pour tenter d'améliorer l'hygiène de vie des salariés pendant leurs heures de travail.

La mise en place de programmes de prévention d'envergure nécessite des transformations culturelles et structurelles mobilisant l'ensemble de la société. Il suffit de consulter l'étude de l'OMS, qui prévoit que plus de 50 % de la population européenne souffrira d'obésité dès 2030, pour comprendre que ces grands chantiers doivent être ouverts au plus vite.

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[1] http://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/rappeds_v11_16032015.pdf
[2] Les Echos Etudes : Les programmes de prévention santé en entreprise, septembre 2015.
[3] http://web.lexisnexis.fr/LexisActu/lettre_mission_mme_lecocq.pdf

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Commentaires
a écrit le 17/03/2018 à 16:46 :
Chaque maladie est une tentative de guérison de notre corps.
L’humanité est malade.( c’est mon constat)
a écrit le 15/03/2018 à 17:14 :
Ouais enfin bon, comme d'habitude c'est aux citoyens qui payent des impôts, qui payent des politiciens qui ne leurs servent à rien, qui payent des milliardaires par obligations, de faire de la prévention.

ALors que nous savons parfaitement que la première source de cancers c'est le perturbateur endocrinien, qu'il est présent à cause de l'industrie chimique partout installée partout dans nos produits, qu'en plus ils s'aglutinent et qu'au final nous avons des dizaine de molécules cancérigènes à l'intérieur den otre corps en permanence et qu'au final ce n'est pas de se demander pourquoi avons nous le cancer mais pourquoi n'en avons nous pas plus.

"Notre sang contient des dizaines de produits chimiques" https://www.notre-planete.info/actualites/715-sang_produits_chimiques

Si déjà on arrêtait les empoisonneurs nous verrions diminuer à terme et de façon drastique nos cancers qui en effet nous déciment.

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