La société transforme le profil du dirigeant
L'Odissée
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En transformant la nature de l'activité économique, la sortie de l'ère industrielle transforme les compétences nécessaires pour un dirigeant. Quatre phases peuvent être distinguées : le technicien, le commercial, le financier puis la dimension humaine qui reste à accomplir.

La première transition énergétique nous a fait sortir de l'agriculture pour entrer dans l'ère industrielle. L'essor du secteur secondaire est lié à la progression des sciences et techniques qui ont rendu possible la fabrication à grande échelle. Alors, jusqu'au milieu du XXe siècle, celui qui maîtrise les processus techniques maîtrise l'usine.
L'irrigation de la société par les écoles d'ingénieurs à nivelé les produits par le haut : les offres des entreprises se sont trouvées en concurrence. C'est le règne du commerce. Entre 1957 et 1962 naissent les chaînes de grandes surfaces de distribution de produits de consommation courante telles que Wal-Mart, McDonald's, Darty, Auchan, Carrefour et autres E. Leclerc. Dès lors, l'enjeu n'est plus seulement de mieux inventer, mais aussi de faire valoir son invention. L'enjeu n'est plus alors de fabriquer le meilleur produit, mais de le positionner par rapport à ceux des concurrents, souvent tout aussi valables, puisque conçus et fabriqués par des ingénieurs issus des mêmes écoles.
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Entraînés par la crise économique, la survie de l'entreprise dépend de sa santé à court terme. Nous entrons dans l'ère de la finance.
A l'ère des services, l'entreprise n'a plus d'usine, plus de machines, plus de produits et même parfois plus de bureaux pour lieu de travail : il ne lui reste plus que des personnes et des intelligences.
Les interactions doivent non seulement être conduites avec chacune des parties prenantes, mais aussi entre elles. Les différentes catégories d'acteurs doivent désormais être confrontées aux enjeux et aux solutions proposées par les autres. Maître du lien avec et entre tous, le dirigeant doit déployer des méthodes qui placent chacun en position d'écoute de tous, et réciproquement. Alors seulement il devient possible à la fois de réactualiser de façon optimale en continu l'analyse de la situation, des expériences et des idées nouvelles.
Prendre l'individualisme à son propre piège
La victoire de la société de jouissance dans le courant des années 1960 pourrait être considérée comme la première phase de l'émancipation de la Personne : l'idéal serait de transformer l'envie immédiate d'être, qui est devenue l'envie immédiate d'avoir avec la société de consommation, en un projet individuel consistant à se chercher, s'assumer pour devenir ce que l'on est. Reste à ériger la société de la conscience et du savoir.
Un nouvel enjeu économique, social, culturel et politique : l'Intelligence sociale
C'est bien d'une nouvelle génération de compétences relationnelles et managériales qu'il s'agit de faire émerger : la capacité à poser des diagnostics partagés et à projeter les interlocuteurs dans un avenir commun, ainsi que le corps social dans un projet collectif ambitieux. Se doter d'infrastructures ne suffit pas : il faut proposer une vision ambitieuse de l'avenir, mais aussi de l'histoire, dans laquelle chacun se retrouve. Cela suppose d'aménager le cadre relationnel de façon à orchestrer l'articulation des informations et formuler des propositions dans lesquelles chacun pourra se retrouver.
La performance de l'ensemble du corps social provient de cette logique d'expression optimisée des personnes, des faits et des idées, thème par thème, territoire par territoire, organisation par organisation, qu'elles soient publiques ou privées, qui permet de renforcer l'attention de tous et de construire la recherche systématique de meilleures décisions. Des projets collectifs de meilleure qualité construisent des sociétés mieux gérées. De là découle la croissance économique, qui permet d'intégrer le plus grand nombre dans l'emploi, dans des positions et des conditions plus favorables. Il s'en suit un apaisement des relations sociales propice à l'ouverture de la participation de plus de personnes, lesquelles se trouvent dans des niveaux de plus en plus élevés de responsabilités intellectuelles, sociales et sociétales. Plus d'expériences, d'informations, d'analyses et de propositions étant partagées, les diagnostics et les décisions peuvent voir leur qualité augmentée. La spirale vertueuse du progrès économique et social, de développement durable, peut alors s'enclencher.
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NOTES
(*) Afin d'éviter les écueils des faux dialogues générateurs de suspicion, de rupture et de conflits, La Tribune ouvre ses colonnes à l'Odissée. Pilotée par son directeur et expert de la dialectique, Jean-François Chantaraud, la chronique hebdomadaire « Ne nous fâchons pas ! » livrera les concepts, les clés opérationnelles de la méthode en s'appuyant sur des cas pratiques et sur l'actualité.
L'Odissée, l'Organisation du Dialogue et de l'Intelligence Sociale dans la Société Et l'Entreprise, est un organisme bicéphale composé d'un centre de conseil et recherche (l'Odis) et d'une ONG reconnue d'Intérêt général (les Amis de l'Odissée) dont l'objet consiste à "Faire progresser la démocratie dans tous les domaines et partout dans le monde".
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Depuis 1990, l'Odissée conduit l'étude interactive permanente Comprendre et développer la Personne, l'Entreprise, la Société. Dès 1992, elle a diffusé un million de Cahiers de doléances, ce qui l'a conduit à organiser des groupes de travail regroupant des acteurs des sphères associative, sociale, politique, économique qui ont animé des centaines d'auditions, tables rondes, forums, tours de France citoyens, démarches de dialogue territorial et à l'intérieur des entreprises.
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