Le maitre des horloges rattrapé par la Covid
Marc Endeweld
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Un parfum de remake. Une nouvelle fois, le président Macron a pris les choses en main sur l'épidémie de Covid. Le chef de l'Etat se retrouve de nouveau aux avants-postes. Il a donc annoncé l'établissement d'un couvre-feu dans plusieurs grandes villes françaises et en Île-de-France. C'est pourtant une très mauvaise nouvelle pour l'économie française. Alors qu'une certaine confiance était revenue au cours de l'été, la reprise de l'épidémie à la vitesse V est un coup dur. Rappelons que l'Île-de-France représente à elle seule plus d'un tiers de la croissance française. Paris et sa région sont le moteur de l'économie hexagonale. Multiplier les restrictions sur ce périmètre, c'est comme mettre un bonnet de nuit à la France.
Face aux journalistes, Emmanuel Macron a tenu à rester souriant, multipliant les attentions aux uns et aux autres, ou les grandes analyses. Mais le président a également diffusé des messages de prévention qui auraient dû être délivrés depuis bien longtemps par les autorités publiques : il a par exemple demandé aux Français d'aérer le plus possible les endroits clos. Une injonction de bon sens qui aurait dû faire partie des messages de prévention à la télévision. Au Japon, ce message est relayé sans relâche depuis le début de l'année. Sauf qu'en France, l'idée que le virus se propage également par « aérosol » n'a jamais été prise au sérieux... et pour cause : l'Etat ne disposait pas des stocks de masques nécessaires pour un tel risque. Impossible donc dans ces conditions d'appliquer un strict principe de précaution.
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De fait, les erreurs initiales de l'Etat continuent à propager leurs effets plusieurs mois après. L'Etat n'a pas anticipé le stock stratégique de masques, il n'a donc pas incité les Français à porter des masques (et à expliquer pourquoi cela était nécessaire), et au moment de la « seconde vague », il est désormais trop tard de faire en sorte que les mêmes portent réellement le masque (c'est à dire correctement, et pas pour faire semblant). Mais plus de six mois après les débuts de la crise épidémique en France, le manque d'anticipation semble perdurer.
Marc Endeweld