LREM : après les démissions, Macron déjà dans le mouvement d’après ?
Marc Endeweld
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GONZALO FUENTES
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Trois démissions en 24 heures. Les députés LREM Pierre Person, Sacha Houlié, et Aurore Bergé ont finalement décidé les uns après les autres de quitter les instances dirigeantes de leur « parti ». Tout s'est joué en quelques heures, au lendemain de plusieurs législatives partielles particulièrement catastrophiques pour « En Marche ». « En démissionnant, ils veulent surtout tuer [Stanislas] Guérini, le patron de LREM », décrypte un initié du parti présidentiel. Ces démissions ne seraient donc qu'un énième épisode de la guerre fratricide que se livrent macroniens de la première heure, entre jeunes issus de « la bande de la Planche », ces anciens supporteurs de Dominique Strauss Kahn, et anciens du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes), appelés également « la bande de Poitiers » ?
Depuis 2017, ces deux « bandes » s'opposent au sein de la macronie pour s'attirer les bonnes grâces présidentielles. D'ailleurs, en début d'été, Person et Houlié, tous deux issus de « la bande de Poitiers », semblaient encore croire au « mouvement » LREM. Au point d'avoir imaginé avec Stéphane Séjourné, l'ancien conseiller politique d'Emmanuel Macron à l'Elysée, un putsch pour en prendre le contrôle. C'est que ces trois là sont des militants de la première heure. Avec quelques autres, ils avaient fondé, dès 2015, « les Jeunes avec Macron ». Une véritable réussite, qui avait permis à l'époque au ministre Macron de disposer d'une première base de militants, bien avant le lancement d'En Marche qui, lui, avait été supervisé et concocté par l'ancien conseiller politique Ismaël Emelien, pur produit d'Havas.
En début d'été donc, Pierson, Houlié et Séjourné multipliaient en toute discrétion les réunions pour peaufiner leur OPA sur LREM. Eux et leurs supporters se répartissaient déjà les postes, imaginaient encore un tournant social au quinquennat. Et puis, rien. Leur opération échoua avant même d'être lancée.
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En démissionnant, ces ambitieux ont voulu frapper les esprits, mais c'est également une manière pour eux de prendre acte de leur échec estival. LREM reste aux mains de Stanislas Guérini et de ses amis de la bande de la Planche, bien que ces derniers suscitent des critiques toujours plus acerbes au sein de la majorité. « Marre de jouer la caution de cette bande inefficace ! », s'exclame ainsi l'un des démissionnaires.
À moins que tout cela ne soit le début d'une autre histoire... Car ces démissions ne permettent elles pas aux intéressés de préparer « le coup d'après », comme le souffle l'un de leurs amis... ? Comme s'il était urgent de créer autre chose que LREM pour préparer 2022, et la probable candidature d'Emmanuel Macron.
Marc Endeweld