Les "salauds" de patrons ont-ils droit à une seconde chance ?

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Comment aider les jeunes créateurs d'entreprise à repartir du bon pied, en cas d'échec? Par Céline Boyard, Avocate, barreau de Paris et Benjamin Chkroun, président de Générations Actives, les jeunes actifs de l'UDI

Quelques noctambules de Nuit Debout aux cris de « Salauds de patrons », appuyés par l'UNEF auront eu raison de l'esprit du projet de la loi dite « El Khomri ». Comment devons-nous considérer la jeunesse « lève tôt » qui aspire à la création d'entreprise, celle qui prend des risques pour créer demain les emplois de ceux qui manifestent aujourd'hui ?

Au delà d'une mise sous perfusion de la jeunesse, il y a un vrai système inégalitaire dans le traitement de la prise de risque entrepreneurial en France. Une étude Forbes évalue à 90 % le taux d'échec de la création d'une startup. Le taux de défaillance des entreprises reste élevé en France. Malgré ces risques, de très nombreux jeunes qui hier aspiraient à débuter leur carrière dans le salariat, se lancent dès la sortie de leurs études dans la création d'entreprises. Et si les startups concentrent l'attention médiatique du moment, n'oublions pas ceux qui se lancent dans les secteurs traditionnels de l'artisanat ou du commerce.

Un jeune entrepreneur qui verrait son affaire péricliter voit trop souvent sa vie s'écrouler, notamment en raison qu'il est exclu du droit à l'assurance chômage à laquelle il n'est même pas autorisé à s'affilier et cotiser pour son compte (quand bien même il aurait le statut de dirigeant salarié d'un point de vue fiscal ou social).

 Une garantie jeune créateur d'entreprise

Quel avenir notre nation offre-t-elle à ces jeunes, devenus moins jeunes, dont les difficultés économiques peuvent briser leur projet, parfois après avoir eu quelques années florissantes, en terme de protection sociale ? En effet, tout salarié qui perdrait son emploi peut bénéficier d'une indemnisation de l'assurance chômage, sous réserve que cela ne relève pas de son initiative et qu'il ait en général, l'équivalent de 4 mois d'activité pour un « primo salarié ». Aujourd'hui, la seule possibilité offerte à l'entrepreneur est le recourt à des assurances privées facultatives et activées par l'entrepreneur sous réserve d'en avoir connaissance.

 Nous proposons, une mesure simple : prévoir une « Garantie créateur d'entreprise ».

 Pour la mettre en œuvre, plusieurs possibilités :

- La généralisation d'une assurance comme le propose l'association GSC crée par l'ensemble syndicats patronaux représentatifs.

-La généralisation d'un système équivalent à l'assurance chômage, où les entrepreneurs cotiseraient de façon universelle à la condition que les entrepreneurs acceptent de cotiser davantage.

 Intégrer un réseau d'accompagnement

Afin de créer toutes les conditions de la réussite, l'octroi de cette garantie pourrait être conditionnée par une obligation d'intégrer un réseau d'accompagnement (association, incubateur, professionnel du droit ou de l'expertise-comptable) qui validerait le projet entrepreneurial. Dans un monde en pleine mutation économique où l'entrepreneuriat est en plein essor, cette instauration d'une « Garantie créateur d'entreprise » aurait deux principaux effets :

 - la reconnaissance du droit à l'échec et l'octroi d'une seconde en accordant la protection à laquelle tout salarié peut prétendre.

- la sécurisation des entreprises créées par l'accompagnement et les conseils reçus tant des pairs que par des professionnels du droit et du chiffre qui aideront l'entrepreneur à se lancer mais surtout à pérenniser la vie de son entreprise et a priori la création d'emplois salariés.

Même à considérer ces jeunes entrepreneurs comme des « Salauds de patrons », à quand une « garantie créateur d'entreprise », véritable seconde chance pour les entrepreneurs d'aujourd'hui ?

 Céline Boyard, Avocate, barreau de Paris / @boyardc

Benjamin Chkroun, Président de Générations Actives, les jeunes actifs de l'UDI / @b_chkroun

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Commentaires
a écrit le 19/05/2016 à 13:01 :
Ancien patron, j'ai eu ma deuxième chance: l'expatriation. Un bonheur!
Réponse de le 20/05/2016 à 8:52 :
Mais tout le plaisir est pour nous...

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