Ne pas opposer les énergies bas carbone, nucléaire et renouvelables entre elles

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OPINION. Devenue la martingale du gouvernement, associée à chaque réforme, la transition énergétique donne le nouveau tempo politique. Pourtant, elle ne se fera que si le mix énergétique est capable d'évoluer, en associant une part toujours plus importante de ces énergies en substitution aux énergies fossiles. Par Bruno Alomar, économiste, ancien membre du cabinet du commissaire européen à l’énergie (*).

L'actualité énergétique envoie-t-elle des signaux contradictoires, au moment où la décarbonisation est devenue une priorité ? Le 28 mai, l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) a indiqué que, pour la première fois, les entreprises et les ménages américains ont consommé davantage d'énergies renouvelables que de charbon en 2019. Le 30 mai était mise en service, près de Dortmund, en Allemagne, la centrale à charbon Datteln 4, d'une capacité de 1.100 mégawatts. Cette mise en service a suscité des protestations, alors que le pays s'est engagé en décembre 2019 à diminuer de 55% les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030, et à mettre hors service ses 84 centrales thermiques à horizon 2038. L'on pourrait également évoquer les hésitations qui se sont faites jour au niveau de l'exécutif français en 2019 en matière de développement de l'éolien terrestre, finalement remisées au travers du décret d'application de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) publié le 23 avril.

Derrière ces apparentes contradictions se trouve une réalité : il n'y a pas de martingale dans le domaine énergétique, si l'on entend par là une source d'énergie unique qui permettrait à elle seule de répondre à la multiplicité des enjeux (économiques, sociaux, environnementaux). Remarquons d'ailleurs que les énergéticiens l'ont compris. En France, pas une semaine sans que Total ne dévoile un nouveau projet visant à accroitre son exposition aux autres sources d'énergie que le pétrole (éolien, solaire, gaz etc.). De même, si l'exploitation de 58 réacteurs nucléaires fait d'EDF l'un des premiers énergéticiens au monde, il n'est pas inutile de rappeler qu'il s'agit également des principaux exploitants d'énergies renouvelables en Europe.

Qu'il soit donc permis de ne pas opposer les énergies bas carbone, nucléaire et renouvelables, entre elles. La transition énergétique ne se fera que si le mix énergétique est capable d'évoluer, en associant une part toujours plus importante de ces énergies en substitution aux énergies fossiles - charbon, pétrole et dans une moindre mesure méthane naturel.  En fait d'opposition, il y a lieu de souligner quelques éléments forts de complémentarité entre elles. Car si on veut remporter la lutte contre le changement climatique sans sacrifier la croissance économique, la priorité est de pousser ces énergies décarbonées vers le transport, le bâtiment et l'industrie.

Complémentarité technique, d'abord, au titre de l'intermittence. L'efficacité énergétique, la con-sommation responsable n'y changeront rien : les énergies renouvelables, tributaires du vent, du soleil, ne peuvent pas à elles seules satisfaire les besoins énergétiques. Bien sûr, le stockage progresse. Mais, à court terme, hormis les barrages hydrauliques, dont la France est fortement pourvue, la production d'énergie renouvelable doit être complétée, autant qu'il est nécessaire, par une énergie pilotable et décarbonée telle que l'énergie d'origine nucléaire. A plus long terme, les batteries pourront prendre une part croissante pour stocker l'électricité quelques heures mais pas sur six mois, de l'été à l'hiver. L'hydrogène progresse aussi, qui permettra de stocker l'électricité, mais sa production par électrolyse à partir d'électricité renouvelable reste onéreuse, et il n'est pas raisonnable de prétendre miser notre sécurité énergétique dessus.

Complémentarité en termes d'aménagement du territoire et d'emploi, ensuite, dont l'on redécouvre avec la crise économique qu'ils sont aussi des enjeux forts des choix énergétiques. C'est le cas pour les énergies renouvelables. Que l'on songe ainsi aux petits écosystèmes montagneux qui s'organisent autour des barrages hydrauliques. Que l'on songe également au développement de l'éolien terrestre qui n'a de sens que pour autant qu'il prend place dans les territoires en accord avec l'ensemble des parties prenantes. C'est également le cas des plus grosses unités de production, comme les centrales nucléaires, autour desquelles s'organisent les territoires. Qu'il s'agisse de préservation de la biodiversité, d'impact sur les paysages ou de production de déchets, radioactifs ou non, aucune énergie n'est sans impact environnemental. Pourtant, en y portant soin, les projets peuvent être soutenus par une majorité de riverains sinon la totalité.

Complémentarité politique au niveau européen. L'action européenne dans le domaine énergétique ne peut faire comme si les mix énergétiques, résultat de décisions au long court, n'étaient pas une donnée puissante, qu'il faut savoir faire évoluer dans le temps long de l'énergie. A cet égard on ne peut faire comme si un pays comme la Pologne n'avait pas encore une part du char-bon importante dans son mix, quoiqu'en forte réduction. Le cas de la France est aussi particulier, où le développement des énergies renouvelables vient progressivement tempérer la place prépondérante du nucléaire dans la production électrique. La réalité est que l'Union européenne (UE) ne progressera pas si elle n'est pas capable de pousser à un développement résolu des renouvelables, à un rythme compatible avec la capacité d'absorption des sociétés et des économies.

Complémentarité, enfin, entre deux modèles d'électricité décarbonée. Les énergies décarbonées couvrent en effet tout le spectre, depuis une production très centralisée (grands barrages hydroélectriques, champs d'éoliennes maritimes), jusqu'à une production plus ou moins décentralisée (champs éoliens et solaires, toitures solaires). Sur ce dernier point, il est clair qu'une partie de la solution réside dans le rôle actif que joueront les consommateurs finaux (entreprises, citoyens) : la Commission européenne estime ainsi que d'ici 2050, près de la moitié des ménages de l'UE pourraient être impliqués dans la production d'énergie renouvelable, dont environ 37% pourraient résulter de l'association d'acteurs sur une base locale. Cette complémentarité n'est d'ailleurs pas seulement une condition de la résilience du système ; c'est aussi l'une des clefs de son acceptabilité.

C'est dire, en définitive, que face à la diversité des enjeux qu'elle recouvre, la question énergétique doit être abordée dans sa complexité. Tant au niveau national qu'au niveau européen, les politiques énergétiques doivent être capables de penser la complémentarité des différentes énergies, a fortiori si elles sont bas-carbone, plutôt que de prétendre trouver au travers d'une source d'énergie qui serait exagérément favorisée la solution à tous les problèmes.

Lire aussi : Maires, à vous d'accélérer la transition énergétique en passant au vert

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a écrit le 17/07/2020 à 15:12 :
@Polytech
Sur le Thorium, je vois que vous n'avez pas eu l'occasion d'en parler avec Carlo Rubbia !
En ce qui concerne le désastre des éoliennes en Allemagne ( et si vous parlez Allemand ), vous pouvez consulter le numéro spécial du Spiegel Nr.19 du 4 mai 2019. Déjà l'illustration de la couverture est ...dantesque ! Le titre est "Murks in Germany" !
En ce qui concerne le remplacement du nucléaire par le lignite, j'ai eu la chance d'aller voir sur le terrain. Un de mes anciens collègues , Fitz J. était Allemand de l'Est à l'origine. Il était passé à l'Ouest en 1961, juste avant la construction du..Mur. Il ne pouvait pas faire d'études supérieures, car ses parents étant médecins diplomés d'avant la guerre était classés "Bourgeois-Privilègiés". Il avait vu le développement de
l'exploitation du lignite sous la RDA. Devenu Ingénieur-Physicien, il avait fait carrière à l'Ouest et en Suisse. Après la chute du Mur et la réunification, il avait pu retourner dans sa ville d'origine de Görlitz , depuis sa résidence en Bavière. Il m'a invité a faire un tour avec lui dans les Lusaces, sur les sites d'exploitation du lignite, relancés et élargis.
Hââllucinant ! Et pour les gens de cette région, l'abandon du nucléaire a été une bénédiction. 25 nouvelles centrales, neuves ou agrandies. Ce charbon ne coute presque rien, même contre l'éolien ou le solaire dont la ressource principale est ...les subventions. Les sociétés d'énergie se font des bénéfices incroyables. Et vendent leur électricité "garantie-non-nucléaire" à tous les gogos-écolos. Même à la Ville de Genève en Suisse qui s'est laissée berner il y a quelques années par cette électricité si ...propre !!
a écrit le 16/07/2020 à 23:33 :
Le nucléaire - y compris la filière thorium qui ne résout pas l'ensemble des problèmes de la filière uranium dont elle dépend, nécessite la Gen 4 pour son autonomie et son coût dépasse l'actuelle filière uranium EPR qui s'avère pourtant déjà un fiasco financier selon les différentes Cours des compte des pays concernés (France, GB etc) entre autres multiples rapports et modélisations - n'a pas d'intérêt en Europe et il est indéfendable face aux missiles hypersoniques notamment ce qui constitue un risque majeur dans le monde de plus en plus tendu actuel. On sait parfaitement que les gisements des 7 régimes de vent complémentaires en Europe dont Groenland qui compense très bien l'Ouest européen dont la France et solaire et des connexions réseaux adéquates permettent de limiter l'intermittence et les besoins de stockage avec une énergie peu chère à terme, sans risque, avec un potentiel de marché mondial encore considérable comme les opérateurs dont EDF et Engie, Total etc ont compris, très supérieur au nucléaire que l'on ne vend quasiment pas et pour cause. A cela s'ajoute toute la gamme des renouvelables qui est encore peu ou pas exploitée. La gazéification hydrothermale de nos eaux usées a par exemple un potentiel considérable rien qu'en France. Les autres formes de production de méthane aussi. Les immeubles et quartiers à énergie positive également. Un bâtiment reçoit à l'année près de 4 fois l'énergie qu'il consomme et le stockage électrique comme de chaleur on sait faire et de mieux en mieux. C'est donc à fond vers l'énergie décentralisée et les intégrations aux bâtiments en substitution de matériaux qu'il y a lieu d'aller (bâtiments, quartiers, villes à énergie positive, réseaux de chaleur, solaire thermique et hybride etc qui ont encore beaucoup d'évolutions favorables en cours) avec la complémentarité des renouvelables plus centralisées et les mieux situées. Le nucléaire est handicapé par sa centralisation et ses problèmes de déchets ultra-longue durée et de coûts qu'il n'a jamais su résoudre. Ses perspectives sont d'ailleurs très réduites dans les différents rapports compilés par le Giec et il ne stocke par le carbone comme par exemple les éoliennes en bois (Mobvion etc) et son bilan est très inférieur au solaire organique notamment. Plus de 182 études scientifiques revues par leurs pairs et modélisation précises dans le monde démontrent que l'on peut amplement se passer de nucléaire et que c'est plus rentable au plan économique comme plus sûr au plan de la sécurité et aspect dissémination.
a écrit le 16/07/2020 à 23:33 :
Le nucléaire - y compris la filière thorium qui ne résout pas l'ensemble des problèmes de la filière uranium dont elle dépend, nécessite la Gen 4 pour son autonomie et son coût dépasse l'actuelle filière uranium EPR qui s'avère pourtant déjà un fiasco financier selon les différentes Cours des compte des pays concernés (France, GB etc) entre autres multiples rapports et modélisations - n'a pas d'intérêt en Europe et il est indéfendable face aux missiles hypersoniques notamment ce qui constitue un risque majeur dans le monde de plus en plus tendu actuel. On sait parfaitement que les gisements des 7 régimes de vent complémentaires en Europe dont Groenland qui compense très bien l'Ouest européen dont la France et solaire et des connexions réseaux adéquates permettent de limiter l'intermittence et les besoins de stockage avec une énergie peu chère à terme, sans risque, avec un potentiel de marché mondial encore considérable comme les opérateurs dont EDF et Engie, Total etc ont compris, très supérieur au nucléaire que l'on ne vend quasiment pas et pour cause. A cela s'ajoute toute la gamme des renouvelables qui est encore peu ou pas exploitée. La gazéification hydrothermale de nos eaux usées a par exemple un potentiel considérable rien qu'en France. Les autres formes de production de méthane aussi. Les immeubles et quartiers à énergie positive également. Un bâtiment reçoit à l'année près de 4 fois l'énergie qu'il consomme et le stockage électrique comme de chaleur on sait faire et de mieux en mieux. C'est donc à fond vers l'énergie décentralisée et les intégrations aux bâtiments en substitution de matériaux qu'il y a lieu d'aller (bâtiments, quartiers, villes à énergie positive, réseaux de chaleur, solaire thermique et hybride etc qui ont encore beaucoup d'évolutions favorables en cours) avec la complémentarité des renouvelables plus centralisées et les mieux situées. Le nucléaire est handicapé par sa centralisation et ses problèmes de déchets ultra-longue durée et de coûts qu'il n'a jamais su résoudre. Ses perspectives sont d'ailleurs très réduites dans les différents rapports compilés par le Giec et il ne stocke par le carbone comme par exemple les éoliennes en bois (Mobvion etc) et son bilan est très inférieur au solaire organique notamment. Plus de 182 études scientifiques revues par leurs pairs et modélisation précises dans le monde démontrent que l'on peut amplement se passer de nucléaire et que c'est plus rentable au plan économique comme plus sûr au plan de la sécurité et aspect dissémination.
Réponse de le 17/07/2020 à 11:08 :
Vous méconnaissez la technologie Thorium car vous ne parlez que des problèmes de l'uranium.
Par exemple, les déchets de longue durée sont de 300 ans. Cette technologie surgénere donc consommera les déchets dus à la technologie uranium... Dont le plutonium !
Un démonstrateur thorium a fonctionné 3 ans dans les années 50. Remisé car impropre pour la construction de la bombe.
Les problématiques ne sont plus les mêmes aujourd'hui.
Aucun des accidents survenus depuis Tree miles island n'est possible avec le Thorium pas de pression.
Carlo Rubbia dans les années 90 a proposé un modèle qui est sous critique ...
Le sel fondu se fige avec les produits de fission. Et peut redémarrer...
Le retraitement a lieu en continu, pas besoin de la Hague...
Étudiez et vous verrez aussi que de petits réacteurs sont possibles et s'implante sans nécessiter d'eau.
Réponse de le 17/07/2020 à 11:14 :
Le GIEC malheureusement pour vous intégre l'énergie nucléaire dans ses recommandations.
Il n'est pas possible selon eux de s'en passer dans une logique 100% décarbonée.
Je vous invite à relire les rapports.
a écrit le 16/07/2020 à 20:52 :
Dans le nucléaire, il n'y a pas que la mauvaise filière Uranium/eau pressurisée...
Vous avez surtout Thorium/sels fondus.
Je vous engage a y regarder de près.
En investissant 1 milliard par ans on aurait un prototype industriel en moins de 10 ans.
Ces centrales n'ont pas besoin d'être les pieds dans l'eau...
Réponse de le 17/07/2020 à 0:02 :
La filière thorium ne permet pas de se passer de U 235 ou de Pu (plutonium) pour amorcer le cycle et n’élimine donc pas complètement les actinides mineurs. Un cycle Th-Pu dans un réacteur à neutrons rapides (critique ou sous-critique) permet de consommer deux fois plus de plutonium qu’un cycle U-Pu (grâce à l’absence de U 238) et de produire des quantités importantes de U 233. Une fois amorcé, le cycle U 233-thorium peut être auto-entretenu. Un doute sérieux subsiste pour autant sur la possibilité d’utiliser U 233 fortement enrichi. Si un enrichissement supérieur à 20% était proscrit pour des raisons de non-prolifération, on retrouverait une quantité non négligeable d’actinides dans le cycle uranium-thorium.

La radiotoxicité à long terme (1 000 ans et au-delà) des déchets est dominée par U 233 résiduel et par plusieurs radionucléides : Pa 231, U 232, U 234, Np 237. Dans la plupart des cas, les cycles uranium-thorium aboutissent, au-delà de 10 puissance 4 à 10 puissance 5 ans, du fait de la présence de U 233, à un inventaire de radiotoxicité qui peut être plus élevé que celui des cycles uranium-plutonium, à une époque où, toutefois, la radiotoxicité aura, dans tous les cas, fortement décru

Un réacteur rapide U 233-thorium serait un bon incinérateur d’actinides mineurs, mais le bénéfice du point de vue de l’inventaire de radiotoxicité des déchets enfouis ne serait pas significatif au-delà de 10 puissance 5 ans

Les filières à base de thorium sont donc comparables aux filières à uranium en ce qui concerne les produits de fission et les quantités d’actinides à très long terme ; ils sont intéressants pour le dimensionnement thermique des stockages, mais présentent des inconvénients certains pour la fabrication des combustibles solides après retraitement (le problème est le même pour les cycles de Gen 4 avec recyclage intégral des actinides, puisqu’il faudra fabriquer de nouveau le combustible en passant aussi en téléopération).

Lisez plus en détails les aspects techniques et économiques de la filière thorium et regardez pourquoi par ailleurs le programme Astrid a été réduit par le CEA. N'oubliez pas que l'on finance Cigéo sur ultra longue durée et Iter. les renouvelables sont au final bien moins chères, bien plus exportables et ont bien moins de problèmes de risques et déchets. Pourquoi se compliquer la vie quand on peut faire mieux plus simple et au final à meilleur prix.
a écrit le 16/07/2020 à 17:01 :
Eh bien voila ! On comprend enfin l'énorme bètise de Mme. Merkel ( une de plus !) en arrètant le nucléaire en 2011. La relance du lignite en Allemagne, héritée du bon vieux temps de la RDA ( "Die DDR stinkt" disait-on à l'époque et on ne parlait pas seulement du régime communiste ), avec les gigantesques mines à ciel ouvert ou les haveuses avalent des villages entiers, églises et cimetières compris.Les immenses champs d'éoliennes qui tournent de temps en temps pour massacrer les oiseaux migrateurs qui suivent les mêmes flux aériens ( bravo la biodiversité !). Le bétonnage intensif de leurs socles et celles souvent déglinguées ( durée de vie de 5 à 10 ans !). Le cout énorme du réseau de concentration et de distribution de ce réseau éparpillé de générateurs.
Solutions: redémarrer Fessenheim / Poursuivre le réseau d'EPR's avec 6 nouvelles centrales / Développer les centrales au Thorium, qui ne produisent pas de déchets et donnent en plus de l'Hydrogène pour les transports, les voitures électriques à batteries étant interdites !
Réponse de le 17/07/2020 à 0:08 :
Pas si bête l'Allemagne mais sauf à mieux analyser le sujet vous le comprendrez dans plusieurs années. Déjà vous pouvez vérifier qu'ils exportent plus que nous dans les renouvelables et cleantech que nous le faisons dans le nucléaire. Le marché des renouvelables étant prévu par tous les rapports supérieur au nucléaire dans les décennies en cours. Et qu'ils permettent ainsi au plan global de décarboner plus qu'avec les exportations de nos EPR. Posez vous la question pour laquelle EDF comme Engie sont depuis pas mal d'années très orientés vers l'export de renouvelables par rapport au nucléaire. La réalité c'est ce qui compte.

La filière thorium ne permet pas de se passer de U 235 ou de Pu (plutonium) pour amorcer le cycle et n’élimine donc pas complètement les actinides mineurs. Un cycle Th-Pu dans un réacteur à neutrons rapides (critique ou sous-critique) permet de consommer deux fois plus de plutonium qu’un cycle U-Pu (grâce à l’absence de U 238) et de produire des quantités importantes de U 233. Une fois amorcé, le cycle U 233-thorium peut être auto-entretenu. Un doute sérieux subsiste pour autant sur la possibilité d’utiliser U 233 fortement enrichi. Si un enrichissement supérieur à 20% était proscrit pour des raisons de non-prolifération, on retrouverait une quantité non négligeable d’actinides dans le cycle uranium-thorium. La radiotoxicité à long terme (1 000 ans et au-delà) des déchets est dominée par U 233 résiduel et par plusieurs radionucléides : Pa 231, U 232, U 234, Np 237. Dans la plupart des cas, les cycles uranium-thorium aboutissent, au-delà de 10 puissance 4 à 10 puissance 5 ans, du fait de la présence de U 233, à un inventaire de radiotoxicité qui peut être plus élevé que celui des cycles uranium-plutonium, à une époque où, toutefois, la radiotoxicité aura, dans tous les cas, fortement décru Un réacteur rapide U 233-thorium serait un bon incinérateur d’actinides mineurs, mais le bénéfice du point de vue de l’inventaire de radiotoxicité des déchets enfouis ne serait pas significatif au-delà de 10 puissance 5 ans Les filières à base de thorium sont donc comparables aux filières à uranium en ce qui concerne les produits de fission et les quantités d’actinides à très long terme ; ils sont intéressants pour le dimensionnement thermique des stockages, mais présentent des inconvénients certains pour la fabrication des combustibles solides après retraitement (le problème est le même pour les cycles de Gen 4 avec recyclage intégral des actinides, puisqu’il faudra fabriquer de nouveau le combustible en passant aussi en téléopération). Lisez plus en détails les aspects techniques et économiques de la filière thorium et regardez pourquoi par ailleurs le programme Astrid a été réduit par le CEA. N'oubliez pas que l'on finance Cigéo sur ultra longue durée et Iter. les renouvelables sont au final bien moins chères, bien plus exportables et ont bien moins de problèmes de risques et déchets. Pourquoi se compliquer la vie quand on peut faire mieux plus simple et au final à meilleur prix.
a écrit le 16/07/2020 à 15:46 :
Après Tcherno et Fuku... il y en a encore qui n'ont pas compris. Le nucléaire est pire que tout le reste. C'est l'oeuvre "ultime" de l'homo scientus qui pensait pouvoir tout contrôler et n'a fait que tout casser. Il faut arrêter çà d'urgence. On est les prochains sur la liste après les Ukrainiens et les Japonais, sans parler de ces bons vieux déchets
Réponse de le 16/07/2020 à 20:58 :
C'est pas les scientifiques qui ont forcés l'uranium...
Ce sont le militaire pour partager les frais de la bombe...
Les scientifiques voulaient utiliser le Thorium.
Relire votre histoire des années 50.
Un démonstrateur a fonctionné 3 ans sans discontinuer et sans incident, je dis un démonstrateur, pas une tranche pré industrielle !
Arrêtez l'association atome uranium !
Réponse de le 17/07/2020 à 0:16 :
@ vVDB : Pas exact ce que vous affirmez. Dans les années 50 des combustibles ont été fabriqués et utilisés dans différents réacteurs, dont le REP expérimental américain de Shippingport (Pennsylvanie), le HTR de Fort St. Vrain (Colorado) et le THTR allemand. L’émission de rayonnement γ (gamma) de haute énergie (2,6 MeV) par le Tl 208 formé dans les combustibles Th-U 233 recyclés posait de sérieux problèmes de radioprotection dans les installations de fabrication du combustible. Cet inconvénient est l'une des raisons qui ont fait préférer la filière uranium-plutonium (la raison principale étant qu’il fallait dans tous les cas amorcer une filière thorium avec le seul matériau fissile existant dans la nature, U 235).

La filière thorium, contrairement à la filière uranium, ne peut pas se développer seule, normal donc d'associer uranium au thorium. Et le thorium autonome nécessite la Gen 4 qui n'est encore moins compétitive que l'EPR, voyez Astrid ou la cas japonais, coréen etc
a écrit le 16/07/2020 à 14:43 :
Tout est mosaïque, y a rien de binaire même si chacun pense que son domaine est le meilleur et unique. L'intermittence des énergies n'est pas un problème insoluble, l'hydrogène permettra de stocker les excédents par hydrolyse (et évitera les prix de gros négatifs faute de preneurs, ça arrive, excédent sans besoin (trop de vent en Allemagne ?)). Le "smart-grid" c'est bien censé servir à ça ? Ça change l'angle de vue historique, mais des parcs éoliens en mer seraient, parait-il, plus constants que sur terre.
La puissance des EPR ça se module facilement ? On n'en sait rien, aucun ne tourne encore (la Chine c'est loin pour savoir, eux sont à 100% tout le temps).
Réponse de le 16/07/2020 à 21:00 :
L'EPR fera aussi bien que les autres centrales à eau pressurisée. Ce n'est qu'une évolution... Rien de bien différent.
a écrit le 16/07/2020 à 12:20 :
Baratin que tout cela.
On peut admettre que les territoires isolés (iles, haute montagne...) n'ont pas d'autre choix que le solaire ou un peu d'éolien pour disposer d'électricité, avec la nécessité d'y adjoindre des batteries ou d'accepter des groupes thermiques (souvent diesel) pour éviter la pénurie.
Mais si on part du principe que seules les sources décarbonées : hydraulique, nucléaire et EnRi (énergies intermittentes c'est à dire solaire ou éolien) sont acceptables face au risque de réchauffement du climat, alors il faut que notre pays (et l'UE) soient logiques : le meilleur moyen de production doit être fiable, bon marché et socialement acceptable.
Fiable : l'intermittence disqualifie les EnRi, en l'absence actuelle de moyen de stockage. Seules des sources "pilotables" comme nucléaire et hydraulique s'ajustent au besoin
Bon marché : pour comparer les prix du kWh produit, il faut tenir compte des subventions et des "externalités" (modification du réseau électrique, compensation de l'intermittence) dont les EnRi bénéficient. A égalité de "chances", ces dernières sont nettement plus chères que le nucléaire, même si les prix de ce dernier augmentent avec les exigences légitimes de sûreté absolue.
Socialement acceptables : une centrale nucléaire occupe quelques ha en bordure de fleuve ou de mer. Et équivaut à plusieurs milliers d'éoliennes. Ces dernières font maintenant 200 m de haut et polluent à l'évidence notre environnement visuel et sonore, en plus de dévaloriser fortement les habitations voisines.
Ces quelques arguments incontestables montrent qu'un pays comme le nôtre qui a su conquérir la technologie nucléaire serait totalement fou de suivre l'idéologie à la mode des EnRi. Il suffit pour s'en convaincre de comparer la France et l'Allemagne : chez notre voisin le kWh TTC est à un prix double et les éoliennes gâchent le paysage, en plus des centrales et mines de charbon nécessaires pour compenser l'intermittence du vent.
N'en déplaise aux écolos bornés qui ne connaissent rien à l'industrie nucléaire et disent n'importe quoi. L'ennui c'est que leur inculture a atteint beaucoup de médias qui eux-mêmes influencent le public donc les dirigeants politiques.
L'abandon du nucléaire serait l'erreur du siècle pour notre pays déjà déshérité depuis sa désindustrialisation majeure démarrée dans les année 2000.
Réponse de le 16/07/2020 à 18:48 :
Je partage absolument vos vues. Et je rajoute néanmoins qu'en ce qui concerne l'éolien, si le terrestre est mort (taux de charge faibles, nuisance à la faune, destruction de nos paysages, etc..)même si la plupart de nos dirigeants n'en n'ont pas encore pris conscience (dans 5 ans, cela sera une évidence pour tous les esprits quand le prix du pétrole reviendra sur les 100 USD le baril), reste bien sûr l'éolien off shore avec des taux de charge plus importants, 50% à la louche. Et pour le nucléaire, c'est une Faute historique de ne pas dès aujourd'hui relancer de nouvelles tranches destinées à remplacer nos anciennes qui vieillissent (on sait que la construction va prendre énormément de temps malheureusement..). Et je crois que nous sommes en mesure de faire l'analyse des dysfonctionnements lors de la construction de Flamenville (mais qu'il va aussi falloir un environnement légal & regulatory stable, entrainant cahier des charges stable, et cela n'est pas gagné).
Réponse de le 16/07/2020 à 21:06 :
Avec les sommes engagées sur Flamanville nous aurions une présérie pour le Thorium.
Faisons le grand carénage et basculons au Thorium.
Elle peuvent être plus petite, et des contraintes mécaniques très inférieures, il n'y a pas de haute pression.
Réponse de le 16/07/2020 à 21:07 :
Avec les sommes engagées sur Flamanville nous aurions une présérie pour le Thorium.
Faisons le grand carénage et basculons au Thorium.
Elle peuvent être plus petite, et des contraintes mécaniques très inférieures, il n'y a pas de haute pression.
Réponse de le 17/07/2020 à 8:10 :
Analyse pertinente qui résume parfaitement les problématiques posées entre autres par les EnRi.
a écrit le 15/07/2020 à 9:33 :
Oui mais c'est la technique du lobby, imposer une pensée binaire or vu que nous n'avons plus à faire qu'avec des lobbys et leurs soldats, à savoir que des gens qui ne savent pas s'exprimer correctement parce que là pour tromper d'abord et avant tout, on continue à parler pour ne rien dire pour défendre ses seuls intérêts au détriment de l'intérêt général, règle oligarchique qui est en train d'anéantir l'humanité.

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