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L'avion neutre en carbone en 2035, "ambitieux mais faisable" (président du Gifas)

Propos recueillis par Mathieu Rabechault, AFP

Publié le 09 juin 2020 à 14:50 - Mis à jour le 09 juin 2020 à 15:34

Éric Trappier, président du groupement des industries aéronautiques et spatiales (Gifas).

Éric Trappier, président du groupement des industries aéronautiques et spatiales (Gifas).

Reuters

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La plan de soutien à l'aéronautique de 15 milliards d'euros répond à une "urgence absolue" pour la filière, explique à l'AFP Éric Trappier, président du groupement des industries aéronautiques et spatiales (Gifas), pour qui l'objectif de mettre au point un avion neutre en carbone en 2035 est "ambitieux, mais faisable".

En quoi ce plan de soutien était-il indispensable?

ÉRIC TRAPPIER - Il fallait tout faire pour  préserver la santé de notre supply chain [chaîne de fournisseurs, Ndlr] et en particulier des petits, c'est-à-dire des PME qui sont extrêmement touchées par l'arrêt du trafic aérien et la baisse des livraisons et des carnets de commandes. Pour nous, c'était l'urgence absolue et les mesures annoncées vont le permettre.

Avant toute chose, on remercie les autorités françaises pour le chômage partiel, car c'était vraiment la mesure idéale pour préserver les capacités de nos salariés. Cette activité partielle, on demande son extension de deux ans, car on sent une crise qui va durer au moins deux ans.

Quant au fonds créé par les industriels et abondé par l'État, il ne s'agit pas simplement de boucher les trous financiers, mais de continuer aussi à promouvoir la modernisation de notre supply chain.

L'objectif d'un avion neutre en carbone en 2035 est-il tenable?

Il s'agit de garder la tête sur l'horizon, et l'horizon, c'est être capable de développer des avions commerciaux et d'affaires pour après-demain, dans une perspective décarbonée.

C'est très ambitieux, mais je crois qu'en matière environnementale, si on ne se met pas tout de suite dans une grande ambition, on aura peu de chances d'influer sur la manière dont les technologies pourront faire voler les avions beaucoup plus décarbonés.

La maîtrise d'un avion à hydrogène est une piste sérieuse pour l'aviation commerciale et l'aviation en général, avec un peu plus d'électrique bien sûr, et un avion toujours plus numérique, toujours plus connecté, qui permettra l'optimisation des trajectoires, qui elle aussi contribuera à la baisse de l'empreinte carbone. C'est ambitieux mais faisable".

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Comment le plan français peut-il s'articuler avec les efforts au niveau européen?

Nous sommes en contact permanent avec le commissaire européen Thierry Breton pour justement planifier et rentrer dans un plan de relance, qui sera annoncé dans les mois qui viennent et contribuera aussi à relancer notre industrie.

Je crois que la France, quand elle est moteur, peut contribuer à tirer les autres composantes de l'Europe. Faire un avion beaucoup plus décarboné, c'est une ambition qui est portée par la Commission européenne.

Le secteur spatial s'était mis en ordre de marche juste avant la crise [avec des budgets pluriannuels décidés lors d'une conférence de l'Agence spatiale européenne en novembre, Ndlr] mais il faut effectivement renforcer encore la volonté de faire de l'espace un acteur potentiel de la reprise.

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Les lanceurs, c'est fondamental, et les satellites sont aussi une des bases du développement du numérique du futur, de l'observation de la Terre. C'est vraiment dans ces domaines-là qu'il va falloir faire des efforts et soutenir la demande car l'offre en ce moment est sous pression. Ça, c'est vraiment l'Europe qui doit le faire.

Propos recueillis par Mathieu Rabechault, AFP

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