L'avion neutre en carbone en 2035, "ambitieux mais faisable" (président du Gifas)

 |   |  517  mots
Éric Trappier, président du groupement des industries aéronautiques et spatiales (Gifas).
Éric Trappier, président du groupement des industries aéronautiques et spatiales (Gifas). (Crédits : Reuters)
La plan de soutien à l'aéronautique de 15 milliards d'euros répond à une "urgence absolue" pour la filière, explique à l'AFP Éric Trappier, président du groupement des industries aéronautiques et spatiales (Gifas), pour qui l'objectif de mettre au point un avion neutre en carbone en 2035 est "ambitieux, mais faisable".

En quoi ce plan de soutien était-il indispensable?

ÉRIC TRAPPIER - Il fallait tout faire pour  préserver la santé de notre supply chain [chaîne de fournisseurs, Ndlr] et en particulier des petits, c'est-à-dire des PME qui sont extrêmement touchées par l'arrêt du trafic aérien et la baisse des livraisons et des carnets de commandes. Pour nous, c'était l'urgence absolue et les mesures annoncées vont le permettre.

Avant toute chose, on remercie les autorités françaises pour le chômage partiel, car c'était vraiment la mesure idéale pour préserver les capacités de nos salariés. Cette activité partielle, on demande son extension de deux ans, car on sent une crise qui va durer au moins deux ans.

Quant au fonds créé par les industriels et abondé par l'État, il ne s'agit pas simplement de boucher les trous financiers, mais de continuer aussi à promouvoir la modernisation de notre supply chain.

L'objectif d'un avion neutre en carbone en 2035 est-il tenable?

Il s'agit de garder la tête sur l'horizon, et l'horizon, c'est être capable de développer des avions commerciaux et d'affaires pour après-demain, dans une perspective décarbonée.

C'est très ambitieux, mais je crois qu'en matière environnementale, si on ne se met pas tout de suite dans une grande ambition, on aura peu de chances d'influer sur la manière dont les technologies pourront faire voler les avions beaucoup plus décarbonés.

La maîtrise d'un avion à hydrogène est une piste sérieuse pour l'aviation commerciale et l'aviation en général, avec un peu plus d'électrique bien sûr, et un avion toujours plus numérique, toujours plus connecté, qui permettra l'optimisation des trajectoires, qui elle aussi contribuera à la baisse de l'empreinte carbone. C'est ambitieux mais faisable".

Lire aussi : Un plan aéronautique pour sauver 100.000 emplois et créer un avion à hydrogène

Comment le plan français peut-il s'articuler avec les efforts au niveau européen?

Nous sommes en contact permanent avec le commissaire européen Thierry Breton pour justement planifier et rentrer dans un plan de relance, qui sera annoncé dans les mois qui viennent et contribuera aussi à relancer notre industrie.

Je crois que la France, quand elle est moteur, peut contribuer à tirer les autres composantes de l'Europe. Faire un avion beaucoup plus décarboné, c'est une ambition qui est portée par la Commission européenne.

Le secteur spatial s'était mis en ordre de marche juste avant la crise [avec des budgets pluriannuels décidés lors d'une conférence de l'Agence spatiale européenne en novembre, Ndlr] mais il faut effectivement renforcer encore la volonté de faire de l'espace un acteur potentiel de la reprise.

Les lanceurs, c'est fondamental, et les satellites sont aussi une des bases du développement du numérique du futur, de l'observation de la Terre. C'est vraiment dans ces domaines-là qu'il va falloir faire des efforts et soutenir la demande car l'offre en ce moment est sous pression. Ça, c'est vraiment l'Europe qui doit le faire.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 10/06/2020 à 17:43 :
Ces présidents qui se croient des experts "aéronautiques" et des innovateurs très agressifs. Je suis absolument certain que cet avion "à hydrogène" (ou n'importe quel autre projet d'avion zéro carbone) n'aboutira JAMAIS... Tout simplement parce que les entreprises aéronautiques européennes n'oseront jamais prendre le risque de développer quelque chose de nouveau si ce n'est pas rentable dans l'immédiat (l'esprit d'innovation est totalement absent en Europe... Sinon, regardez Ariane 6 qui est déjà obsolète alors qu'elle n'a toujours pas fait son premier vol).
Réponse de le 15/06/2020 à 18:16 :
Sans compter que c'est le prix de nos assurances qui risquent de grimper. Et pas sûr qu'elles acceptent de prendre ce risque...
a écrit le 10/06/2020 à 10:42 :
En effet nous avons eu pendant deux mois un bel exemple que c'était possible !
a écrit le 10/06/2020 à 8:57 :
Il est attristant de voir des professionnels du sujet se lancer dans des déclarations uniquement destinées à supporter les politiques. Il y a quelques vérités de base dont il faut se rappeler:
-Toute combustion d'hydrocarbure produit du CO2, c'est même ainsi qu'on récupère l'énergie de liaison des molécules.
-La combustion de l'oxygène avec un oxydant ne produit pas de CO2 mais....l'hydrogène est difficile à produire économiquement (il faut pas mal d'énergie) et il présente des difficultés pratiques considérables liées à sa faible densité et à l'extrême petitesse de sa molécule. En clair ça fuit très facilement et ça prend de la place. Ce ne sont pas les caractéristiques idéales pour un avion.
Pour ce qui est de l'emploi de l'H2 dans les moteurs fusée, renseignez-vous un peu sur les contraintes d'emploi, c'est assez croustillant...
Donc, chercher d'autres carburants et améliorer les combustions pour réduire les émissions carbone (2% du total mondial....) soit, mais foncer vers cette solution comme étant celle de l'avenir c'est une vaste blague. Mais si cela déclenche une pluie de billets c'est industriellement viable, mais con....
a écrit le 10/06/2020 à 0:12 :
Le plan paraît bien. Ça semble aller dans le bon sens pour faire ce que la France sait faire de mieux: des machines qui volent!
a écrit le 09/06/2020 à 21:01 :
Ça y est c'esparti T breton, là ministre E Borne aussi, ils son tous d'accord pour l'avion à Hydrogène, ils ont tous déjà montrer leurs compétences, Breton chez Alcatel et Borne dans la gestion des masques de protection. L'état est partout incapable de gérer un projet entrepreneurial, c'est bien ça coûte rien c'est emprunté. Un nouveau Concorde va naitre comme le A 380.
Réponse de le 10/06/2020 à 7:29 :
Je pense que les industriels sont realistes. OK pour un avion zéro carbone, mais je vois plus cela avec des carburants de synthèse liquide en captant du CO2 avec des énergies renouvelables. L'hydrogène, c'est pour faire plaisir à certains et pour pouvoir dire 'on a regardé, mis c' est trop encombrant et trop dangereux ! '. Actuellement, la génération d' hydrogène est extrêmement polluante, donc associer cela à énergie propre, c'est assez rigolo...
a écrit le 09/06/2020 à 21:01 :
Ça y est c'esparti T breton, là ministre E Borne aussi, ils son tous d'accord pour l'avion à Hydrogène, ils ont tous déjà montrer leurs compétences, Breton chez Alcatel et Borne dans la gestion des masques de protection. L'état est partout incapable de gérer un projet entrepreneurial, c'est bien ça coûte rien c'est emprunté. Un nouveau Concorde va naitre comme le A 380.
a écrit le 09/06/2020 à 21:01 :
Ça y est c'esparti T breton, là ministre E Borne aussi, ils son tous d'accord pour l'avion à Hydrogène, ils ont tous déjà montrer leurs compétences, Breton chez Alcatel et Borne dans la gestion des masques de protection. L'état est partout incapable de gérer un projet entrepreneurial, c'est bien ça coûte rien c'est emprunté. Un nouveau Concorde va naitre comme le A 380.
a écrit le 09/06/2020 à 20:56 :
Commençons par utiliser l'hydrogène sur des petits moteurs et sur terre.. Cette annonce n'est que politique (avoir l'assentiment des ultra-verts, ou tout du moins leur couper l'herbe sous le pied), et financière (pouvoir justifier des aides directes à la filière (illégales en Europe je crois). Le transport aérien n'est pas prêt d'arriver à être neutre, si ce n'est tricher avec des concepts mensongers comme la reforestation dont on a vu les possibles résultats avec les incendies australiens... On contestera clairement les flux d'argent public dans des filières que les banques privées très dubitatives ne veulent pas financer!
a écrit le 09/06/2020 à 19:07 :
Déjà que je ne monte plus dans un avion normal, certainement pas dans un 737 Max, alors dans une bombe volante à l'hydrogène !
Souvenons nous de la vitesse à laquelle le "Hindenburg" a fondu, voire l'explosion de "Discovery".
Ceci étant établi, il faut aussi produire l'hydrogène et quelle que soit la méthode utilisée, il faut de l'énergie, beaucoup.
Réponse de le 09/06/2020 à 21:42 :
L'hydrogène est peut être la solution d'avenir pour l'aérien. Son principal atout est que c'est la seule énergie acceptable qui peut présenter une densité énergétique supérieure au kérosène (au prix de 50% de pertes pour la pressurisation). Mais cette perte deviendra peut être tolérable avec un effondrement du coût de production de l'électricité de source alternative. L'idée est la suivante : quand une éolienne produit de nuit et que la demande est nulle, elle pourrait générer de l'hydrogène. Dès que la demande électrique reprend, sa production est rapportée sur le réseau. (On pourrait aussi imaginer des panneaux photo dans un désert dédié à la prod d'H2). Dans un tel cas de figure, l'hydrogène pourrait à la fois répondre au besoin de stabiliser le réseau électrique, tout en fournissant une source d'énergie stockable. Mais il faut à la fois réduire drastiquement le prix de prod, et développer des moteurs et avions. C'est loin d'être gagné.
Réponse de le 10/06/2020 à 8:34 :
Même la NASA a renoncé à la navette spatiale à hydrogène. C'est un gaz très explosif. Il doit être combiné à du carbone ou un autre atome pour en faciliter son utilisation. Ayant travaillé plusieurs années avec de l'hydrogène, je ne monterais jamais dans un véhicule utilisant ce carburant. L'état a-t-il oublié le principe de précaution quand on voit déjà les dégâts provoqués par explosions du GPL ?
Réponse de le 10/06/2020 à 13:59 :
@PAFO. À ma connaissance, le moteur de la futur fusée SLS est exactement le même (hydrogène liquide et oxygène liquide).

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :