PME et ETI industrielles : en 2019, osez l'international !

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Anne-Charlotte Fredenucci.
Anne-Charlotte Fredenucci. (Crédits : Groupe Deroure)
OPINION. A l'heure où le Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales (GIFAS) ouvre un bureau en Inde à Delhi, organismes publics et privés s'accordent sur la nécessité pour l'industrie française d'investir à l'étranger pour gagner en croissance. Une démarche collective. Par Anne-Charlotte Fredenucci, présidente du groupe Ametra.

Pour les investisseurs industriels étrangers, la France fait office d'eldorado. C'est ce que sous-entend le rapport du cabinet EY en novembre dernier. 323 projets industriels issus d'investisseurs étrangers - création de sites industriels ou centres de R&D - se sont développés en un an, soit le plus grand nombre pour un pays européen. A l'inverse, l'export reste un sujet délicat pour les entreprises françaises, notamment pour les PME et ETI : selon BPI France, la part de marché de la France dans les exportations mondiales est passée de 6,2 % à 3,3 % en 25 ans. Et seules 2 ETI françaises sur 5 ont une activité à l'export. Une tendance que la French Fab tente d'inverser.

PME, ETI, vous n'êtes pas seules !

Aux entrepreneurs de PME effrayés par le saut vers la mondialisation, ce projet ne doit pas être solitaire ! La France reste la 7ème puissance industrielle mondiale et la 3ème en Europe : c'est un Hub solide riche d'expériences entrepreneuriales et industrielles. Une émulation collective symbolisée par le développement de la French Fab depuis plus d'un an.

En outre, le paysage industriel français recèle de nombreux organismes publics ou privés qui offrent aux entrepreneurs un accompagnement pour se lancer au-delà des frontières. Dans le secteur aéronautique, le plan « Ambition PME-ETI » du GIFAS est un formidable support de développement ; et il en existe naturellement dans d'autres filières. BPI France, partenaire de la French Fab, apporte également un accompagnement à travers son programme « Accélérateur PME » en plus d'un soutien financier aux projets ouverts sur le monde. Les PME et ETI peuvent également compter sur les connaissances du réseau CCI avec 123 chambres dans 92 pays. Les Conseillers du Commerce Extérieur de la France, des cadres ou entrepreneurs bénévoles, aident leurs concitoyens à développer des activités économiques à l'étranger. En parallèle, le gouvernement lance « Territoire d'industrie », un vaste plan d'accompagnement vers la croissance des PME industrielles. Les outils et les aides ne manquent pas !

Et le jeu en vaut la chandelle : une enquête BPI France auprès d'un échantillon représentatif de PME françaises montre que celles qui réalisent plus d'un quart de leur chiffre d'affaires à l'international présentent de meilleures perspectives de croissance, d'emploi et d'investissement que les autres.

Rendez-vous en terre... connue ?

Pour répondre aux exigences des grands donneurs d'ordre de l'industrie, il ne s'agit pas de se lancer à toute vitesse dans cette mondialisation. Un projet d'internationalisation est un vrai défi entrepreneurial qui nécessite une stratégie de développement progressive et cohérente. La mise en place de l'internationalisation peut suivre un véritable processus industriel, pour réduire les risques : y'a-t-il une opportunité conjoncturelle pour s'implanter dans ce pays ? Quel est l'état (concurrentiel, légal, technologique...) du marché local ? Qu'en pensent mes clients et qu'attendent-ils de mon entreprise ? Comment communiquer le projet à mes équipes en interne ? Quelle structure juridique pour répondre à mes objectifs industriels à l'étranger ? Comment exporter mon savoir-faire et mes processus opérationnels, sans me faire piller ?

Les entreprises sont nombreuses à privilégier la création d'une Joint-Venture ou l'association sous divers formes (accord de distribution, projet commun de R&D...) avec un entrepreneur local, pour pénétrer les pays émergeants. Un format qui, grâce au partenaire sur place, apporte une connaissance du marché local, de ses contraintes écrites ou implicites. Le choix du partenaire est crucial et nécessite de lister un certain nombre de critères indispensables : il doit être un complément indéniable sur le plan opérationnel et partager des valeurs communes et des intérêts à long terme, pour que la coentreprise puisse perdurer.

Là encore, les PME peuvent être aidées dans leurs recherches. Il est possible de mandater un intermédiaire, identifié par exemple à travers son réseau (sa filière, son groupement industriel, ses banques, etc.), cabinet de conseil spécialisé dans l'implantation de sociétés dans un pays donné, pour trouver des partenaires potentiels. D'une liste de plusieurs dizaines de sociétés, l'objectif final est d'établir une short-list de deux à trois industriels avec qui négocier la Joint-Venture.

Si le collectif français s'est illustré dans une discipline sportive en 2018, la France possède toutes les ressources et l'excellence d'un savoir-faire industriel pour devenir en 2019 un champion du monde de l'export.

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Commentaires
a écrit le 18/01/2019 à 16:33 :
Vous avez raison il faut oser mais bon il faut aussi se reposer hein, sinon on fini par diffuser des photos sur lesquelles on expose son épuisement naturellement sans se poser la moindre question, déroutant, qui semble permanent du coup et de ce fait il y a comme une alerte, un petit bip de sécurité qui nous titille l'instinct de survie.

Où quand une photographie en dit tellement plus qu'un article.

Merci.

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