PODCAST "Comment remobiliser ses collaborateurs après le Covid-19 ? ", avec l'Am. Christophe Prazuck

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(Crédits : DR)
OPÉRATION REBOOST. A quelques jours du défilé du 14 juillet, moins important cette année en raison de la pandémie de corornavirus, The Boson Project propose une série d'entretiens réalisés avec des cadres de la Marine nationale, sur La Tribune.fr. Objectif : rebooster le moral des chefs d'entreprise avant la rentrée, avec les conseils des chefs militaires. Dans ce premier épisode, l'amiral Prazuck, Chef d'état-major de la Marine nationale.

Si la crise du Covid-19 semble, pour l'instant, être surmontée sur le plan sanitaire, ses conséquences économiques et sociales se feront, elles, probablement ressentir à la rentrée. Pour les entreprises, une fois les aides étatiques passées, les impératifs de trésorerie se feront plus pressants que jamais. De gestionnaire de crise, les dirigeants des 3 millions de PME françaises devront se changer en chefs de guerre économique.

Sur le seul deuxième trimestre, ils devront composer avec une chute de 20% du PIB, selon l'Insee. De même, le nombre de faillite devrait augmenter de 21% en France d'ici à fin 2021, selon l'assureur-crédit Coface. Pour les entreprises, leur capacité à faire preuve de résilience, c'est à dire leur capacité à surmonter l'arrêt économique, décidera probablement de leur survie.

Leurs défis seront nombreux :

  • Comment surmonter le traumatisme du temps qui s'arrête et de l'espace de travail réduit bien souvent à l'habitat ?
  • Comment recréer l'esprit d'équipage avec un corps social fragilisé, disparate et dispersé géographiquement, alors que plus de 60% des cadres dirigeants déclarent dans une enquête de l'Ifop parue en juin que leur entreprise a réduit sa masse salariale, de façon temporaire ou durable ?
  • Comment, une fois le corps social soigné, effectue-t-on sa remobilisation ? Car seuls les bosons de l'entreprise, ses particules élémentaires, seront ensuite en mesure de porter la reprise de l'activité, d'assurer la pérennité des organisations. Point positif, 87% des collaborateurs français se disent prêts à fournir des efforts supplémentaires au regard du contexte, selon une enquête de The Boson Project. Encore faut-il savoir les enrôler dans ce défi de reprise...
  • Enfin, comment capitaliser sur tous les enseignements de gestion, de management et de gouvernance qu'a apportés la crise pour ancrer sur le temps long l'agilité et la résilience des organisations ?


Pour y répondre, des experts de la remontée en puissance depuis la nuit des temps; les militaires, et en particulier les marins, formés et forgés par la mer toujours plus forte qu'eux.

  • Ceux dont la gestion de crise et de l'inattendu fait partie du quotidien.
  • Ceux qui doivent mobiliser des hommes qui ont la mort en hypothèse de travail.
  • Ceux qui font de l'agilité, du leadership et de l'abnégation des "soft skills" incontournables.
  • Ceux qui savent que la réussite d'une opération difficile tient avant tout de l'excellence collective.

ÉPISODE 1
Christophe Prazuck : "Chaque marin compte"

 
Dans ce premier épisode, Emmanuelle Duez reçoit l'amiral Prazuck, chef d'état-major de la Marine nationale, à la tête d'une organisation de près de 38.000 hommes et femmes.

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(*) The Boson Project est une startup composée d'entrepreneurs engagés à faire bouger les lignes dans les entreprises en mettant les collaborateurs au cœur des processus de transformation, notamment les plus jeunes.

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Commentaires
a écrit le 20/07/2020 à 15:31 :
Bonsoir,
J'écoute avec passion ces interviews.
Merci pour votre travail...et pour ces échanges si enrichissants.
....
Je suis moi même un ancien de la Marine Nationale et j'avoue ressentir très fort les valeurs qui sont transmises dans les mots des différents intervenants.
Est ce un socle commun aux gens de mer, aux gens "dont la mort fait partie des hypothèses de travail " ?...je ne sais pas.
Servir dans la Marine Nationale quand on a 20 ans...c'est quelque chose !
Pour autant, il ne faut pas être naïf (je ne dis pas que ces interviews le sont ! bien au contraire), en toutes organisations humaines il y a des travers.
Je n'ai pas vécu que des choses bien lors de mes années de Marine ; dans les relations avec la hiérarchie directe notamment...et j'ai parfois ressenti que l'ouverture d'esprit du Marin n'était pas la bienvenue puisqu'elle venait en opposition avec les directives du chef (cette notion d'imagination, de force de proposition revient dans différentes interviews).
Je pense que tout les échelons hiérarchiques (les individus) n'ont pas l'ouverture d'esprit des illustres chefs (hiérarchiques ou fonctionnels) que vous interviewez.
Bref, c'est anecdotique.
Au final, il me reste aujourd'hui, alors que j'ai retrouvé la vie civile, une grande fierté, des valeurs d'honnêteté, d'engagement, de recherche de fiabilité des individus...de confiance en l'autre et ces valeurs sont fondatrices et essentielles dans une vie d'Homme.
Ces 10 ans dans La Royale m'ont forgé.... et le slogan "mettez du sel dans votre avenir" n'est pas usurpé ; une vie qui n'est jamais monotone.
.....
Aujourd'hui je suis dans le monde de l'entreprise.
Alors....votre projet de vouloir créer des passerelles entre le monde de l'entreprise et la MN est louable mais il me semble bien ambitieux....pour moi qui entrevois modestement les deux "mondes".
Comment comparer des organisations humaines si différentes ?...et pensez transposer des méthodes alors même que les postulats de vie des individus sont radicalement différents.
...
Pour l'une.... Chaque individu fait parti d'un tout, il est dépendant H24 des autres membres du groupe, dépendant pour sa propre vie !
Son métier n'est pas juste la partie professionnelle de sa vie...Son métier EST sa vie !
Je pense que pour beaucoup de gens, cette notion de permanence du collectif et d'interdépendance est difficile à mesurer.
C'est une très grande contrainte mais aussi une très grande force qui permet à la notion de résilience collective d'exister et de croître.
...
Pour l'autre organisation humaine, c'est bien différent.
Intrinsèquement, l'esprit de corps ne peut pas y être cultivé de la même manière.
La vie dite professionnelle est bornée.
Chacun repart à sa propre vie individuelle à l'heure de la débauche et les moments fondamentaux de vie ensemble, les repas...le couché...la garde de nuit n'existent pas.
Et je ne parle pas de l'opérationnel, en situation d'urgence, où vous remettez votre vie entre les mains de votre collègue de chambrée.
....
Vous voyez cette extrême différence dans la relation entre les gens ? Dans la permanence temporelle.... dans l'action ?
Encore une fois, tous les mots des gens que vous avez interviewés résonnent en moi comme des évidences ; mais nous sommes à des années lumières de ce qu'il est possible de mettre en oeuvre dans la vie civile, parfois même incompatible avec certains état d'esprit propre à la vie civile.
Comment vous, en tant que journaliste, avez vous abordé ce point dans la construction de ce projet ?
Avez vous des retours de chefs d'entreprise qui prennent les idées, issues des interviews, à leur compte pour les mettre en oeuvre ?
N'y a t'il pas une certaine fascination pour "la pureté" de l'organisation militaire avec volonté de l'exporter ?
....
Mes questions sont intéressées forcément.
Intéressées du fait de mon passé ; mais aussi parce que JE RÊVE de voir (de vivre) les valeurs de la Marine Nationale au sein de mon entreprise.
Aujourd'hui, les mots qui me manquent sont "esprit de corps" et "sens".
Loin des notions de missions, de patriotisme, d'abnégation et de service, aujourd'hui il me semble oeuvrer pour gonfler les dividendes d'actionnaires que je ne connais pas.....loin, TRÈS LOIN du simple sourire reconnaissant, non moins rémunérateur pourtant, du pacha de ce porte avion sur lequel je servais naguère.
...
Merci beaucoup pour votre travail.
Portons ces valeurs de vie.
Stéphane
a écrit le 11/07/2020 à 9:38 :
chaque marin compte ??? oui mais il est gavé par nos impôts depuis des lustres comment comparer avec des entreprises qui doivent chaque mois payer les salaires et les charges quand l'argent ne rentre pas ???
a écrit le 10/07/2020 à 15:37 :
Je suis impressionné par la force d'analyse et la profondeur de réflexion des commentaires publiés ci-dessous ;-)).
Je suis surtout attristé de voir que cet entretien passionnant et très inspirant ne provoque que des réflexes pavloviens antimilitaristes de personnes qui n'ont manifestement pas écouté ce podcast. Dommage, ils auraient été très étonnés de comprendre que la Marine est à mille lieux de leurs préjugés.
a écrit le 10/07/2020 à 5:17 :
Si la societe civile a besoin des bidasses, la population est dans de sales draps.
"La guerre est un chose trop serieuse pour etre confiee aux militaires". (G. Clemenceau)
a écrit le 09/07/2020 à 19:48 :
Jolie casquette, ça doit coûter une blinde au contribuable ça.
a écrit le 09/07/2020 à 18:08 :
Oui mais bon, mobiliser, dans l'armée c'est une seconde nature ! :-)

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