Pollution plastique : généraliser la responsabilité élargie du producteur au niveau mondial
Jean Hornain

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DR
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Éviter les plastiques inutiles, voire en bannir l'utilisation est le premier des leviers, et cela a déjà conduit l'Europe et la France à interdire de mettre sur le marché des pailles, des assiettes, coton-tige ou encore des couverts en plastique à usage unique.
Le déploiement de systèmes de réemploi et de réparation, pour favoriser l'usage multiple et la durabilité - que nos sociétés ont largement abandonnés - sera également incontournable pour limiter la quantité de déchets que nous produisons.
Et comme le plastique restera un matériau largement utilisé dans notre vie, le développement de la collecte et du recyclage de ce matériau constitue toujours un levier majeur pour préserver les ressources naturelles et lutter contre la pollution engendrée. Il nous faut viser le 100% économie circulaire et le 0% plastique dans la nature.
Le modèle de Responsabilité élargie du producteur (REP) en vigueur en France est simple : l'entreprise qui fabrique, distribue ou importe un produit doit prendre en charge sa fin de vie pour son réemploi ou son recyclage. Nées en France, en Allemagne et en Suède au début des années 1990, les premières filières REP ont été rejointes par plusieurs dizaines de pays. En France, plus de 13 milliards d'euros ont ainsi été investis via Citeo - entreprise à but non-lucratif agréée par l'Etat (éco-organisme) - par les entreprises de la grande consommation pour développer des programmes d'écoconception, de mobilisation, de collecte et de tri via un partenariat avec les collectivités locales, permettant de recycler 72% des emballages ménagers
Ce système a plusieurs avantages :
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Il permet enfin de créer les conditions pour développer des campagnes de sensibilisation et des programmes d'éducation à l'écocitoyenneté, clefs pour embarquer chaque habitant de la planète.
Lors de l'ouverture des négociations le 27 mai à l'Unesco, nous avons porté la proposition signée par 40 éco-organismes d'inclure dans le Traité Plastique le principe de la REP, comme un outil indispensable à mettre en œuvre à court terme pour lutter contre la pollution plastique.
À cette occasion, nous avons rappelé les conditions qui nous semblent essentielles à une généralisation efficace, chaque Etat restant ensuite libre des modalités de mise en œuvre :
En contribuant à améliorer la gestion de la fin de vie des produits plastiques et en favorisant leur réduction à la source via l'éco-conception ainsi que le réemploi, la REP peut jouer un rôle clé dans la lutte contre le changement climatique, la préservation des ressources et de la biodiversité.
Ce n'est pas une solution miracle, mais c'est outil efficace et concret pour « fermer le robinet » de la pollution plastique dans le monde.
Jean Hornain
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