Pourquoi la contraception masculine a du mal à s’imposer
Florence Pinaud
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Après des années de pilules pour les filles, une étude vient de montrer une piste intéressante pour un traitement contraceptif masculin. Mis au point par le laboratoire académique du Weill Cornell Medicine aux États-Unis, le principe n'est pas basé sur des hormones, mais sur l'inhibition d'une enzyme essentielle à la motilité des spermatozoïdes. En bloquant leur maturité et leurs mouvements, elle réduit la fertilité de monsieur pendant quelques heures. Une nouvelle piste qui a donné des résultats très positifs... sur des souris. Des recherches méritoires car, depuis cinquante ans, les projets de contraception masculine n'arrivent pas à décoller. Cependant, les mentalités sont peut-être en train de changer : certains hommes ne veulent plus laisser l'unique responsabilité à leur compagne.
Depuis une dizaine d'années en tout cas, l'idée d'une contraception partagée revient avec insistance sur le devant de la scène, sous l'effet du mouvement #MeToo et de la crise des pilules femmes de 3ème et 4ème génération (2012/2013). Une idée qui se heurte aux freins culturels, aux frilosités médicales et aux doutes quant aux performances de la contraception masculine. Les hommes n'ont aujourd'hui que trois solutions contraceptives bien identifiées : le retrait précoce (assez aléatoire), le préservatif - parfois un peu frustrant - et la vasectomie, relativement définitive. Sans parler de la concurrence du business des pilules féminines et des stérilets qui fonctionnent bien, alors pourquoi chercher plus loin ?
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En France, la vasectomie est la seule alternative au préservatif et au retrait reconnue par les autorités de santé. Cette opération consiste à sectionner les canaux qui transportent les spermatozoïdes des testicules jusqu'à la prostate où ils se mélangent au liquide séminal (le sperme). Les spermatozoïdes ne représentent que 2 % de ce liquide mais sans eux, pas de fertilité. Selon l'Assurance maladie, les demandes de vasectomie ont été multipliées par 10 en dix ans. On en comptait 23.000 en 2021. Mais si c'est imparable en matière de contraception, il est difficile de revenir en arrière. L'intervention consistant à réformer les canaux sectionnés pour retrouver un sperme fertile n'est efficace que dans une partie des cas.
Florence Pinaud