Quand le mot « Brexit » s'installe dans le curriculum vitae

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Nadine Pichelot.
Nadine Pichelot. (Crédits : Bbouillot)
OPINION. Les incertitudes au Royaume-Uni liées au Brexit, couplées à un optimisme économique mesuré en Allemagne, démontrent la nécessité d'un outil de planification connecté pour garantir la rentabilité des capitaux investis des entreprises. Par Nadine Pichelot, directrice financière Europe de l'éditeur de logiciel Anaplan.

Avec la victoire de Boris Johnson aux élections législatives du 12 décembre 2019, le Royaume-Uni devrait sortir de l'Union Européenne le 31 janvier 2020. Une sortie politique s'entend, car, en ce qui concerne la « sortie » économique, tout reste à négocier et cela ne sera pas aisé. L'incertitude prédomine ; les états-majors des entreprises qui produisent au Royaume-Uni, sinon qui y entretiennent des relations commerciales, étudient divers scénarios pour compenser les impacts à court terme, voire pour profiter d'une nouvelle donne économique.

À ce titre, le psychodrame du Brexit aura au moins eu une conséquence positive sur l'emploi : une rapide recherche sur le réseau social américain LinkedIn montre que plus de 13.000 personnes basées en Europe utilisent aujourd'hui le mot « Brexit » pour décrire leur emploi actuel. Devenue partie intégrante du curriculum vitae, « Brexit » est souvent juxtaposé au mot « planning » (planification en bon français) : plus de 5.300 personnes soulignent qu'elles s'occupent de planifier pour le Brexit...

Des équipes multidisciplinaires

De fait, l'exercice est complexe et nécessite la mise en œuvre d'équipes multidisciplinaires, capables de casser les vieux silos des systèmes d'information pour prendre de bonnes décisions. Pour comprendre les enjeux, il suffit de se souvenir de la cour assidue menée par les capitales d'Europe continentale pour attirer les talents de la City de Londres. Or, les institutions financières ne doivent pas seulement organiser le déménagement de quelques individus et louer de nouveaux bureaux qui à Francfort, qui à Paris, qui à Amsterdam. Elles prennent aussi en compte le déménagement d'une famille entière; elles doivent trouver le bon logement et assurer l'inscription des enfants dans les écoles ad hoc...

Pourtant, les décisions des institutions financières sont assez simples à mettre en œuvre. On parle là d'équipes dont les principaux objets de travail sont le téléphone portable et les écrans d'informations financières. En revanche, pour les industries manufacturières et pour la distribution, les enjeux sont plus compliqués, car des actifs physiques, réels, sont en jeu : équipements de production, de transport et flux de matières premières. Ultimement, les décisions prises, les arbitrages décidés auront un impact quantifiable sur la rentabilité des capitaux investis. L'utilisation optimum des capacités de production y sera déterminante.

On le voit aisément, le processus de décision fait intervenir des interactions entre les divers métiers de l'entreprise : production, vente, HR, logistique, marketing. Le moindre changement d'hypothèse sur un des maillons se répercute sur les autres avec des conséquences plus ou moins acceptables pour les actionnaires d'une entreprise.

On le sait, mais on en maîtrise rarement les résultats faute de posséder les outils informatiques ad hoc. Généralement, les systèmes d'information sont bâtis en silos, chaque métier possédant le sien propre, sans possibilité de connexion, de calcul rapide, et de collaboration. Souvent, le seul outil mis à la disposition des équipes est le tableur, toujours obéré par une incapacité à monter en charge et à collaborer.

Or, avec ces multiples silos, il devient quasiment impossible aux équipes de répondre rapidement aux changements de marché et de prendre les bonnes décisions qui s'imposent. Dans ce contexte, la planification connectée, qui met en relation les collaborateurs, les plan et les données, le tout au moyen d'une plateforme logiciel cloud, offre une aide à la décision remarquable quelles que soient les circonstances des marchés de l'entreprise et de son écosystème.

De multiples variables à prendre en compte

Une variation de cours de matières premières ou de devises se répercute rapidement sur les coûts d'une chaîne logistique et d'un site de production. Si on ne peut pas évoquer une situation imprévue puisque la volatilité est une constante des affaires, des questions souvent imprévues sont posées : faut-il toujours produire au Royaume-Uni ? Faut-il sourcer les encours de production dans d'autres pays ? Comment organiser la force de vente pour compenser un ralentissement prévisible du chiffre d'affaires dans une région ?

Avec un outil de planification connectée, capable de répondre à la volée à des calculs complexes, les chefs d'entreprise peuvent transformer la volatilité en valeur, réinventer leur manière d'opérer, saisir les moyens d'augmenter la productivité, l'agilité, pour réagir avec célérité aux phénomènes économiques de rupture.

De fait, la vertu de la planification connectée est de permettre de saisir rapidement les opportunités de croissance. Ainsi, alors que l'indice IFO ne cesse de montrer des signes de faiblesse outre-Rhin, une relative bonne nouvelle a pu égayer l'humeur des industriels allemands. Cet indice, calculé mensuellement par l'Institut Für Wirtschaftsforschung (Institut de recherche économique), donne avec pertinence une idée du climat des affaires pour les six prochains mois. Or, dans le domaine des exportations, le sentiment s'est nettement amélioré en décembre, passant de moins 1,6 à plus 2,6 points. Par ailleurs, avec 45,3 millions de personnes au travail, l'emploi a atteint un niveau record en Allemagne en 2019, selon l'Office statistique fédéral, Destatis.

Généralement, les bonnes nouvelles économiques pour l'Allemagne ont un effet positif sur ses partenaires commerciaux, Royaume-Unis compris, ou sont un indicateur avancé d'amélioration économique future chez ces partenaires commerciaux. La donne a singulièrement changé avec le Brexit mais il serait dommage de ne pas en profiter avec la planification connectée.

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Commentaires
a écrit le 21/01/2020 à 1:40 :
Planification con nectee.
Delire.......
a écrit le 20/01/2020 à 17:59 :
Merci de nous préparer à un frexit ! Un véritable jeu d'enfant au final.

Maintenant il nous faut des politiciens dignes de ce nom...

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