Une stratégie collective « made in Bretagne »
Pascale Paoli-Lebailly
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Dans une région où les collectivités territoriales et les entreprises privées travaillent traditionnellement de manière collaborative, la crise du coronavirus a renforcé encore cette démarche. La Bretagne a été l'une des plus épargnées par le virus du Covid-19, mais la solidarité a joué à plein, pour soutenir les soignants et contrer la pénurie de matériel. Outre les commandes publiques, la plateforme entreprisesuniescovid19.bzh a recensé les offres de services et de production à destination des acteurs de la santé ou de l'industrie agroalimentaire. Le conseil régional a investi près de 150 millions d'euros dans l'aide aux secteurs touchés, aux entreprises et aux associations.
Des initiatives collaboratives et industrielles ont vu le jour, selon le principe de stratégie collective auquel adhère le dense tissu de PME. ArmorLux s'est ainsi orientée dans la production de masques ; et les entreprises du numérique et des biotechs ont fortement contribué à l'effort collectif (e-santé, soutien logistique, tests...).
À la fin du confinement, l'activité bretonne était malgré tout en recul historique de 31 %. 23 % des salariés travaillent dans des secteurs très touchés. 82 % des entreprises du tourisme ont eu recours au chômage partiel. Depuis mi-mars, le secteur (8 % du PIB régional) accuse plus de 1 milliard d'euros de pertes.
Dans cette après-crise, la Bretagne affiche une volonté de décentralisation, d'actions plus fortes auprès des entreprises et de relocalisation des industries clés (l'affaire Renault de la Fonderie de Bretagne est un exemple).
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Pour amortir l'impact de la fin des aides de l'État, le conseil régional anticipe. Son président, Loïg Chesnais-Girard, plaide pour que l'État confie aux Régions l'accompagnement des PME et ETI, et propose la création d'un fonds d'investissement régional ciblant des secteurs comme l'alimentation, le numérique, la santé, le naval, pour transformer une partie de la dette accumulée en fonds propres. Ce « pacte sociétal » serait « ouvert aux grands industriels bretons, aux banques et assurances mutualistes du territoire, et aux Bretons ».
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