Ferroviaire : les Espagnols lancent le TGV en direction de la frontière française

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Le réseau LGV espagnol en exploitation est désormais long de plus de 3.000 km, le deuxième au monde derrière la Chine, le premier en Europe. © DR
Le réseau LGV espagnol en exploitation est désormais long de plus de 3.000 km, le deuxième au monde derrière la Chine, le premier en Europe. © DR (Crédits : DR)
La LGV entre Barcelone et Figueras (135 km), près de la frontière avec la France, a été mise en service mercredi. C'est la dernière étape avant l'ouverture de la connexion entre Paris et Barcelone en TGV, prévue au mois d'avril, qui mettra les deux capitales à 6h30 (près de 8h40 auparavant).

« Les rails de la prospérité » : le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a inauguré mercredi 9 janvier, en compagnie de Felipe, le prince héritier, la mise en service la nouvelle ligne à grande vitesse espagnole qui relie Barcelone à Figueras et rapproche la frontière française de la capitale catalane, désormais à une petite heure (1h39 pour Montpellier, 3h53 pour Toulouse)). Cette infrastructure de 135 km aurait coûté quelque 4,7 milliards d'euros, nouvelles gares et autres ?uvres architecturales comprises (dont un tunnel à Barcelone).
Depuis le 9 janvier donc, RENFE (la SNCF espagnole) propose 9 liaisons à grande vitesse entre Figueras, Gérone et Barcelone. Ce qui met la capitale catalane à moins de 80 minutes de Perpignan. Entre Barcelone et Perpignan toutefois, deux trains directs seulement circuleront par jour en attendant le déploiement complet de la LGV franco-espagnole programmé pour avril prochain (4 trains par jour alors, puis à 8 trains avant l'été).

Une porte sur l'Europe

« Incontestablement l'Espagne ouvre une porte sur l'Europe. Nous espérons que cette infrastructure incitera les entreprises espagnoles à venir s'installer à Perpignan, compte-tenu de ce rapprochement », a expliqué Jean-Marc Pujol, le maire de Perpignan, enthousiaste même si les autorités espagnoles ont pris bien soin de donner un vernis purement national - et pas catalan - à cette mise en service. Ils n'ont pas invité, par exemple, leurs homologues français qui trépignent depuis deux ans en attendant l'activation symbolique du tronçon LGV entre Perpignan et Figueras (44,4 km).
Ce tronçon avait été inauguré le 19 décembre 2010 alors que les installations, et notamment le tunnel du Perthus, avaient été livré par le consortium privé TP Ferro dans le timing prévu.

Paris-Barcelone en 6h30

Avec cette mise en exploitation par la RENFE, la pression a changé de pays. Pour installer le fameux corridor ferroviaire méditerranéen, la France doit à présent mettre en chantier le chaînon manquant Perpignan-Montpellier (160 km) pour un budget estimé à 8 milliards d'euros, avec une circulation mixte fret-voyageurs entre l'Espagne et le reste de l'Europe. Dans le meilleur des scénarios, le plus volontariste, le chantier serait bouclé en 2020.
« On ne peut pas imaginer qu'un chaînon puisse continuer à manquer entre Paris, Barcelone et Madrid. L'Espagne par sa longueur, la France pour sa fréquentation ont les meilleurs réseaux ferroviaires d'Europe », assène Christian Bourquin. Le président de la région du Languedoc-Roussillon veut cette LGV à tout prix, y compris en changeant localement les paramètres de la grande vitesse. Dans un monde idéal, en fin de chantier, Paris serait alors à 4h30 de Barcelone. Aujourd'hui, c'est encore près de 6h30 avec changement à Figueras (contre plus de 8h30 auparavant).

 

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Commentaires
a écrit le 29/01/2013 à 21:48 :
L Espagne est en crise mais est meilleure que nous sur le TGV et de loin
a écrit le 12/01/2013 à 18:16 :
6H30 contre 8H40 seront certes un progrès mais pas déterminant, sauf si les billets de ces TGV ont un prix canon % l'avion ou dissuadant de prendre sa voiture entre Lyon, Montpellier et Barcelone par exemple. Quelle est la raison du "bouchon" Perpignan - Figueras ???
a écrit le 10/01/2013 à 21:28 :
Faire Paris-Barcelone en TGV n'est qu'un vieux rêve de technocrate qui n'est pas près de se réaliser. Avec 6h30 de trajet + un changement, l'avion reste encore, et de loin, le meilleur des moyens de transport entre ces deux métropoles. On a dit beaucoup de bien du train ces dernières années mais il faut regarder la vérité en face : au-delà de 800 km le train n'est pas compétitif face à l'avion (n'en déplaise aux écolos).

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