Restauration : Newrest monte à bord du TGV pour un milliard d'euros

Le groupe international Newrest, basé à Toulouse, remporte un contrat de presque 1 milliard d'euros avec la SNCF, qui porte sur le renouvellement du prestataire de restauration pour l'ensemble des TGV en France. L'information ne sera dévoilée officiellement que le 15 juillet. Spécialiste du catering aérien et ferroviaire, l'entreprise présidée par Olivier Sadran vise un milliard d'euros de CA d'ici 2015.
Olivier Sadran, PDG de Newrest l'entreprise toulousaine © photo Rémi Benoit
Olivier Sadran, PDG de Newrest l'entreprise toulousaine © photo Rémi Benoit (Crédits : DR)

Après un chiffre d'affaires de 595,1 M? en 2012, Newrest vient de remporter un contrat qui va considérablement accélérer sa croissance. Le 26 avril 2012, la SNCF avait en effet lancé un appel d'offres concernant le service à bord pour l'ensemble des TGV en France ; or l'entreprise d'Olivier Sadran (par ailleurs président du TFC le club de foot toulousain) a remporté les 3 lots : marketing, gestion du personnel, et la partie concernant la ligne Aleo entre la France et l'Allemagne. Pour l'instant confidentielle mais de source sûre, l'information sera officialisée le 15 juillet prochain. La CFDT de la SNCF confirme l'information et évoque un contrat de 7 ans, qui débutera le 3 novembre 2013, pour un montant total compris entre 850 et 955 millions d'euros.

Remplacer le prestataire actuel, Crémonini

Avec près de 17 millions de consommations annuelles, l'offre de restauration à bord des TGV est une composante importante des services des trains des lignes à grande vitesse. "L'ambition de la SNCF est de développer ce service et de proposer une offre innovante et attractive afin d'enrichir l'expérience de ses voyageurs", indique-t-on à la SNCF qui avait donc lancé le 26 avril 2012 un appel à idées auprès de différents acteurs des marchés de la restauration. Les meilleures idées ont été retenues "par un jury composé de professionnels de la restauration, des tendances, des services", puis un appel d'offres a été lancé.

Pour Gildas Le Gouvello, représentant CFDT-restauration à la SNCF, la compagnie renouvelle son prestataire avant tout car la collaboration avec le précédent, Crémonini, ne se passe pas au mieux : "Crémonini, afin de réduire ses coûts, a décidé de mettre très peu de stocks à bord pour être sûr de tout vendre, quitte à ce qu'il n'y ait pas assez à manger. Les clients sont mécontents." Newrest, pour sa part, est déjà prestataire, mais seulement sur l'axe Est. Avec ce contrat, l'entreprise devra assurer le service à bord de 313 000 trajets annuels sur tout le pays.

Newrest à l'assaut du marché ferroviaire

À l'heure actuelle Newrest ne réalise que 6,2% de son chiffre d'affaires (39,9 millions d'euros) sur le rail, mais Olivier Sadran n'a jamais fait mystère de ses ambitions dans le secteur ferroviaire. C'est dans cette optique qu'il a annoncé la création avec le groupe de restauration Elior d'une joint-venture. C'était en mai 2012 et déjà l'objectif était clair : "La co-entreprise veut répondre aux appels d'offres de la SNCF pour la restauration à bord des TGV en 2014." Objectif atteint donc, au plus grand soulagement du représentant CFDT : "Même si Newrest n'est pas une entreprise à vocation sociale, Olivier Sadran a la tête sur les épaules et sait ce qu'il fait. Nous espérons plus de dialogue social."

Restructuration

À partir du 3 novembre, Newrest prendra donc en charge le service à bord des TGV, mais l'activité "ravitaillement" restera encore assurée pendant un an par une entreprise dont Geodis (filiale de SNCF) et Crémonini sont coactionnaires. Autre changement : désormais la SNCF achètera elle-même les produits vendus à bord, et sera donc responsable de la qualité et des quantités vendues, en lieu et place du prestataire. "C'est le début d'une intégration de l'activité restauration que nous voudrions voir aller jusqu'au bout, explique Gildas Le Gouvello. Il faudrait créer une filiale ou une joint-venture pour ne plus avoir à faire appel à des prestataires." Actuellement, la restauration ferroviaire coûterait 50 millions d'euros par an à la SNCF.
 

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Commentaire 1
à écrit le 04/07/2013 à 1:40
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http://www.jir.re/économie/depuis-janvier-le-géant-newrest-ne-paie-plus-un-fournisseur-réunionnais

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