Hervé Morin : "La transformation du pays passera par les territoires"
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
« Y’a pas que d’la pomme » (Les Tontons flingueurs). Hervé Morin a organisé le 1er septembre la Fête de la pomme à Epreville-en-Lieuvin (Eure).
[LOU BENOIST / AFP]
Le président de la Région Normandie et de Régions de France est aussi président-fondateur du parti Les Centristes. Il fait le point sur l’avenir de l’opposition et sur la politique gouvernementale.
LA TRIBUNE - Valérie Pécresse à Brives, Christian Estrosi à Nice, Xavier Bertrand au Touquet... Vous dans l'Eure. La droite effectue sa rentrée en rang dispersé. Votre famille politique ne sait-elle plus à quel saint se vouer ?
HERVÉ MORIN - Ceux qui stigmatisent nos prétendues divisions oublient qu'il n'existe aucun parti où tout le monde soit sur la même ligne, à commencer par En Marche. Mon ancien mentor, François Bayrou, avait coutume de dire que si nous pensions tous la même chose, nous ne penserions plus rien. Il avait raison. En vint-cinq ans, j'ai entendu beaucoup d'expressions différentes au sein de ma famille politique, ce qui ne nous a jamais empêchés de bâtir des majorités de gouvernement.
Je ne vois rien de scandaleux dans le fait qu'il existe un débat d'idées entre Valérie Pécresse, François Baroin et Xavier Bertrand par exemple. L'important est que le moment venu, nous nous donnions les moyens de la sélection. C'est pourquoi je suis favorable à des primaires pour la présidentielle.
D'ici là, la droite devra avoir trouvé la boussole qu'elle semble chercher depuis l'élection d'Emmanuel Macron. Quelle direction pourrait-elle prendre ?
La reconstruction, à laquelle travaille Gérard Larcher avec une énergie remarquable, ne sera possible que si nous nous inscrivons dans la modernité, que si nous arrêtons de recycler ad vitam les sujets de l'immigration ou de l'identité nationale. Je vois trois thèmes qui pourraient incarner cette nouvelle ligne. Le premier, c'est la décentralisation. Nous sommes les seuls à défendre l'idée que la transformation du pays passera par les territoires. On ne peut pas continuer à être le seul pays d'Europe à croire que le quotidien des habitants se règle depuis les ministères.
Notre candidat à l'élection présidentielle devra avoir sinon la modestie au moins la lucidité de dire qu'une partie de la réussite du pays reposera non pas sur le pouvoir central mais sur le pouvoir local. Il en va de même sur le réchauffement climatique. Notre discours ne peut pas se limiter à railler Greta Thunberg. Nous devons nous rappeler que le Grenelle de l'environnement a été porté par Jean-Louis Borloo. Par nous ! Là encore, une partie des problèmes devraient être traités au niveau local et régional. Quand j'entends un ministre affirmer qu'il veut lutter contre le gâchis alimentaire dans les cantines, j'ai envie de lui rappeler que les collectivités ne l'ont pas attendu.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.