Les Pays de la Loire pourraient être l’une ou la première région française écologiste et rebasculer à gauche. C’est l’espoir porté par l’alliance des Verts et du Parti Socialiste, face à la présidente sortante (LR-UDI) qui préfère remettre son destin aux mains des électeurs plutôt qu’au jeu des alliances. Un pari à hauts risques.Présidente sortante de la région des Pays de La Loire et candidate LR-Centre droit, Christelle Morançais a viré en tête dimanche avec 34,29% des voix suffrages exprimés. Et en tête, aussi, devant les micros. « Je reste sereine, déterminée, avec beaucoup d'humilité. Parce que ce n'est que le premier tour et que rien n'est joué», s'est, prudente, empressée de préciser Christelle Morançais, à l'issue d'une première manche où a soufflé un vent d'abstention record de 69,2%. De fait, pour affronter la dernière ligne droite, le temps va se durcir. Sur ses talons, l'écologiste Matthieu Orphelin, EELV- Ecologie ensemble citoyenne et solidaire (18,7%) et le socialiste Guillaume Garot (16,3%) n'ont pas attendu des heures pour confirmer leurs intentions à peine voilées et annoncer qu'ils finiraient la course ensemble, sur la même embarcation.
« Deux programmes compatibles »
Dès le lendemain du premier tour, le duo présentait un programme commun, ficelé autour de vingt-cinq engagements puisés dans les programmes de l'un et de l'autre et une liste redessinée de cent-trois candidats, élaborée en proportion des scores obtenus. « C'est un projet fort, ambitieux et sérieux pour convaincre au-delà de la simple addition arithmétique », estime Guillaume Garot (le Printemps des Pays de la Loire).
Parmi les vingt-cinq engagements pris, on retrouve un milliard d'euros investi dans la transition écologique, le lancement d'une épargne verte « Pays de la Loire », la question des déserts médicaux et la création de 150 à 180 postes de médecins salariés, un fonds anti-faillite pour protéger les TPE-PME et leurs emplois, un plan d'urgence pour la jeunesse avec un chèque « Bien manger » de 50 euros par mois, le soutien à l'agriculture de proximité pour une alimentation locale et équitable, un fonds de soutien à l'activité culturelle, l'incitation à l'utilisation des transports collectifs et l'arrêt de l'ouverture à la concurrence de TER, lancée par l'actuelle majorité, etc. « Nous avions deux programmes compatibles. Rien n'a été jeté» , assure Matthieu Orphelin. « Mais certaines actions feront l'objet d'expérimentations, comme la licence sportive à 10 euros, avant d'être lancées. Ce n'est pas juste une addition c'est une multiplication de nos forces et une dynamique. Ce grand rassemblement doit aussi mobiliser ceux qui se sont abstenus », précise Matthieu Orphelin, dont le résultat n'a pas, cependant, atteint les espoirs portés par les écologistes. «Ce sont des engagements qui nous lient pour l'avenir et pour engager les transformations sociales et écologiques dont la région a besoin », mentionne Guillaume Garot, pour qui la clarification du second tour devrait inciter les habitants des Pays de la Loire à se rendre aux urnes. Si les questions de gouvernances n'ont pas été officiellement tranchées, Guillaume Garot a indiqué qu'il assumerait ses responsabilités et s'engageait à siéger dans le prochain conseil régional, si sa liste était élue. Mais, aujourd'hui, l'objectif est surtout de convaincre ceux qui ne se sont pas rendus aux urnes, notamment chez les 18-24 ans où l'abstention aurait parfois atteint 84%.