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RégionsAuvergne-Rhône-Alpes

Les épiceries sociales veulent restructurer leurs filières d'approvisionnements

Agnès Thouvenot. Correspondante à Lyon. Acteurs de l'économie.

Publié le 11 mai 2012 à 09:46

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En permettant aux ménages à faibles ressources d'accéder à des produits à prix réduits, les épiceries sociales viennent en complément de l'aide alimentaire classique. Mais avec la baisse des financements publics et la montée des exigences de qualité elles doivent revoir des chaînes d'approvisionnement obsolètes

Elles sont quarante en Rhône-Alpes à ouvrir leur porte, certaines deux ou trois fois par semaine, d'autres tous les jours pour accueillir près de 12 000 clients. La plupart vivent sous le seuil de pauvreté et ont accès aux épiceries sociales par l'intermédiaire d'un travailleur social. Ici pas de carte fidélité, mais la possibilité d'acheter en moyenne à 80% du prix habituel des produits alimentaires. Si la demande globale d'aide alimentaire ne cesse de progresser, le principe des épiceries sociales est lui aussi en plein essor : une vingtaine de projets sont en cours d'élaboration en Rhône-Alpes dont une dizaine devraient aboutir d'ici la fin de l'année. « Ici, les personnes ont le libre choix de ce qu'elles vont acheter», décrit Claire Simonin, vice-présidente de l'association Gaelis qui gère depuis octobre 2011 l'épicerie sociale étudiante sur le campus de la Doua à Villeurbanne.

Un circuit d'approvisionnement peu satisfaisant

Mais ces épiceries s'interrogent désormais sur leur approvisionnement. Leurs produits proviennent pour moitié des banques alimentaires qui leur mettent à disposition des lots en fonction de leur taille. Le reste vient de dons de fournisseurs identifiés, d'invendus de grandes surfaces ou d'achats en propre. « Ce système d'approvisionnement a un défaut majeur : il ne nous offre aucune visibilité sur ce que nous aurons dans les rayons, ni aucune garantie sur la régularité d'approvisionnement de certains produits. Par ailleurs, la qualité gustative et nutritionnelle des produits proposés à la vente n'est pas forcément satisfaisante », résume Géraldine Vienot, coordinatrice du groupement des épiceries sociales de Rhône-Alpes (GESRA).

Création d'une filière de produits secs

C'est pour répondre à ces enjeux, dans un contexte de baisse de financements publics que les épiceries sociales de Rhône-Alpes cherchent à structurer leur filière d'approvisionnement. Elles travaillent en lien avec d'autres groupements régionaux présents en Midi-Pyrénées, Bourgogne, Haute-Normandie et autour de la région de Poitiers. L'idée est d'avoir une filière d'approvisionnement de produits secs. « Nous allons démarcher les industriels de l'agroalimentaire de la région pour négocier le don ou à la vente à très bas prix de produits. Ensuite, nous nous appuierons sur une plate-forme gérée par la société Revivre, entreprise d'insertion. Nous n'avons pas vocation à être des plates-formes logistiques », reprend Géraldine Viénot.

Rendre accessible des produits de qualité

Le deuxième chantier concerne la filière frais et plus particulièrement les légumes. « L'objectif est de proposer à une ou plusieurs épiceries sociales de contractualiser avec un agriculteur afin d'avoir une garantie d'approvisionnement sur certains légumes. Mais compte tenu de notre public, il faut que les légumes choisis demande une faible main d'?uvre pour que le prix ne soit pas trop élevé », souligne Perrine Tavernier, actuellement en stage au GESRA. L'épicerie des Quatre Ponts à Andrézieux-Bouthéon dans la Loire pourrait être la première à se lancer puisqu'un accord est en cours d'élaboration avec la structure d'insertion «Les jardins de Cocagne». Ceux-ci devraient leur fournir la plupart des légumes courants. Reste la question du prix : les légumes produits en maraîchage local coûtent 30% plus cher que dans les circuits de distribution classiques. « Nous cherchons une solution économique pour rendre accessibles des produits de qualité », explique Simone Monein, membre du bureau qui gère l'épicerie sociale d'Andrézieux-Bouthéon.

Pour les producteurs et les entreprises agroalimentaires, la filière de l'aide alimentaire peut constituer une opportunité financière : les dons aux associations d'aide alimentaires sont assimilables à des dons en nature et donc déductibles à hauteur de 66 % de l'impôt sur les sociétés (plafonné à 0,5% du CA HT de l'entreprise.).

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Agnès Thouvenot. Correspondante à Lyon. Acteurs de l'économie.

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