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Grand Paris : l'exemple de la gouvernance lyonnaise

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La métropole de Lyon est née une première fois sous la forme d'une communauté urbaine le 1er janvier 1969.
La métropole de Lyon est née une première fois sous la forme d'une communauté urbaine le 1er janvier 1969. (Crédits : iStock)
Pourquoi la capitale des Gaules semble-t-elle mieux fonctionner que son homologue grand-parisienne ?

Presque quinquagénaire et toujours debout. La métropole de Lyon est née une première fois sous la forme d'une communauté urbaine le 1er janvier 1969. Dès le début, des ingénieurs de l'Institut national des sciences appliquées, et donc, formés aux matières techniques comme aux sciences humaines, s'emparent du sujet. Bien que fonctionnaires, ils n'hésitent pas à bousculer les représentants politiques en les incitant à expérimenter.

L'actuel directeur général de SNCF Immobilier, Benoît Quignon, directeur général des services du Grand Lyon de 2001 à 2009, de Lyon de 2011 à 2016 et de la Métropole de Lyon de 2015 à 2016, se souvient ainsi d'avoir défié les édiles en leur proposant des « choses innovantes » outrepassant ses compétences :

« Quand on a dû prendre des mesures à contre-courant, comme la répartition du logement social, des maires râlaient devant leurs habitants alors qu'ils étaient vice-présidents de la communauté urbaine ! Or, ça a très bien marché. »

Cela a si bien fonctionné que même les représentants de l'État, à l'origine de la création de la communauté urbaine, leur ont souvent reproché d'être peu enclins à la démocratie et aux politiques sociales. « À chaque fois, je devais rappeler que sur le social, on s'était emparés de la politique de la ville avec les lignes de tramway à La Duchère ou aux Minguettes, se remémore Benoît Quignon, et sur la démocratie, que nous avions des élus locaux redevables devant leurs habitants. »

"Le Grand Paris a 15-20 ans de retard sur les grandes agglomérations françaises"

Depuis la loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles (Maptam) de 2014, la métropole de Lyon s'est officiellement emparée de l'action sociale traditionnellement dévolue au département du Rhône, confortant son leadership local. « Ce projet de loi n'a été que la confirmation de ce que nous savions faire », estime Benoît Quignon. Du fait de cette nouvelle gouvernance, l'actuel président (LRM), David Kimelfeld, cite, lui, deux exemples emblématiques : les collèges - « on établit le lien avec les écoles primaires des villes » - et l'insertion - « on parle désormais avec les centres communaux d'action sociale ».

L'agglomération lyonnaise s'est également regroupée dès 2007 sous la bannière commune "Only Lyon" qui lui permet à tous, entreprises comme institutions, de parler d'une seule voix à l'international et en anglais. « Elle vient d'une visite de Gérard Collomb [ex-président de la Métropole, ndlr] sur un salon aux États-Unis où il y avait 45 logos sur notre stand », raconte David Kimelfeld, qui a été son premier adjoint avant de lui succéder en 2017.

En revanche, ce dernier se refuse de donner des conseils au président de la République en vue d'une réforme institutionnelle du Grand Paris, considérant que « chaque territoire a sa spécificité » mais, en même temps, se dit prêt à « mettre en avant [son] expérience ».

Pour Benoît Quignon, DG de SNCF Immobilier, le plan métropolitain pour l'habitat et l'hébergement va être l'occasion pour la métropole-capitale de s'affirmer :

« C'est la première fois que l'agglo francilienne traite ces sujets à la bonne échelle alors que ces instruments peuvent être l'occasion de faire territoire et projet communs. Le Grand Paris a quinze-vingt ans de retard sur les grandes agglomérations françaises. »

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Commentaires
a écrit le 24/07/2018 à 13:30 :
Eh bien, si avoir quinze ou vingt ans d'avance, c'est n'être capable que de s'exprimer en anglais, au mépris des populations locales, de l'identité des habitants et toujours dans une démarche de recherche d'un profit toujours plus vil et absurde, je préfère que Paris garde vingt ans de retard ! Quand la France et l'Europe auront complètement fait disparaître leurs langues nationales et régionales, et qu'elles se seront en quelque sorte suicidées en privilégiant la puissance économique plutôt que l'attrait de la diversité, on sera bien avancés...
a écrit le 28/06/2018 à 11:11 :
Paris ne sera jamais Lyon.
Capitale auto-centrée sur ses propres limites,et enclavée à l’intérieur de SON périphérique.
Pour que le Grand-Paris soit une réalité,il faudrait d'abord que cette commune cesse d'utiliser le nom de "ville" qu'elle usurpe à l'histoire.La ville comprenait à l'origine un centre et des faubourgs...
La ville aujourd'hui devrait être ce fameux grand paris qui,à cause de la politique se trouve être ce territoire morcelé en une multitude de fiefs électoraux.

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